Conseil des ministres: Voyage dans le passé…

Conseil des ministres: Voyage dans le passé…  Le conseil des ministres du jeudi 31 octobre est un conseil qui est franchement différent de tous les autres tenus sous le président Ghazouani. Aussi bien par le nombre des promus -et des démis- que par leur signification politique.

Dans l’ordre protocolaire, la nomination de Mohamed Fall Ould Oumère à la tête de l’Agence mauritanienne d’Information (Ami) arrive à l’avant dernière place des heureux promus ce jour-là. Pourtant c’est l’unique mesure qui a un sens : un pionnier de la presse à la tête d’un organe de presse. Un professionnel dans son milieu naturel. Donc rien à dire, sauf de s’en féliciter…

Mais ce qui est valable pour Ould Oumère ne l’est certainement pas pour le reste des promus du jeudi dernier dont au moins trois comme back : Mohamed Ali Ould Sidi Mohamed à la Somelec, Ould Taleb Amar à la SNDE et Mohamed Cheikh Ould Sidi Mohamed à Radio-Mauritanie. Un autre ancien ministre, ambassadeur, directeur d’entreprises sous Taya, Sidi et Aziz.

Sans parler de la très jeune et peu expérimentée directrice du cabinet du premier ministre parachutée à la tête de la Somagaz… Des promotions qui, à une exception prés, font dire à un vieux journaliste converti dans le privé que ‘’ le pouvoir a puisé dans les poubelles nauséabondes des anciens régimes’’.

Une déception largement dans l’opinion qui rêve de voir les nominations se faire sur la base du mérite et de l’homme qu’il à la place qu’il faut. Impossible, tant nos dirigeants, tous ou presque issus de l’institution militaire, semblent se moquer du concept de ressources humaines.

Pour eux, tous les hommes se valent et chacun peut être affecté là où ils leur semblent opportun –ou même inopportun- de le placer. Après tout, chez eux, ‘’le chef a toujours raison’’. C’est-à-dire qu’il n’a donc de compte à rendre à personne.

Au-delà de ce constat, le dernier conseil des ministres a rétabli une coutume de chez nous: l’inexistence des ministres quand il s’agit de choisir leurs collaborateurs. Cela est illustré par les dernières nominations provoquées ou plutôt dictées par le président où Le PM.

Leurs ministres de tutelle n’y étaient associés, parait-il, qu’à la dernière minute. Fin donc de ce leurre de ‘’grande latitude accordée aux ministres’’.

Si le président ou son PM sont descendus sur l’arène c’est qu’ils ont senti la nécessité de marquer leur terrain en envoyant un message clair à l’opinion traversée par le doute créé par l’épisode, franchement raté, de l’inauguration du siège de l’UPR au cours duquel les photos de l’ancien président Aziz étaient plus visibles que celles de Ghazouani.

Sans vouloir certainement donner l’impression de rupture brutale avec l’ex pouvoir, Ghazouani a tout de même procédé à des limogeages significatifs tel que le renvoi du DG de la Somelec, de celui de la société des Hydrocarbures et, surtout le directeur de la sureté de l’état et le commissaire de police Ould Lahah.

Des personnes qui furent très proches de Aziz ! Une manière comme une autre d’affirmer son existence et son autorité…

Dans cette opération ‘’douce’’ de démolition ou de l’enterrement de Aziz ou de son régime, on note l’interview accordée au journal Le Calame par la responsable des femmes de l’UPR et chargée de mission à la primature, Emetha Mint Al Haj qui, à aucun moment n’a daigné évoquer le nom du président fondateur. Elle n’est pas la seule, il y a des hommes d’affaires et d’autres activistes, dont certains réclamaient le troisième, qui ne font plus mystère de leur divorce d’avec Aziz.

Une question demeure cependant: Que fera-t-on de l’UPR ? Selon certains observateurs, Ghazouani aurait opté pour sa conservation, juste sa conservation vivant, afin de l’utiliser, pas à temps plein, mais de temps à autre, pendant les périodes de haute intensité politique.

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