Pour l’avenir du Sahel | José Segura*

Pour l’avenir du Sahel | José Segura*Ambassade d’Espagne – Casa África vient de sortir d’une autre semaine intense de travail, pendant laquelle on a fait ce que l’on sait faire mieux : servir de point de rencontre et de facilitateurs afin que les processus avancent, que les gens se retrouvent et s’il est possible, que l’Afrique et le monde, en général, s’améliorent.

Le lundi, Pepe Naranjo, un journaliste qui est une référence pour comprendre mieux nos voisins, a été récompensé par un prix que nous avons créé, avec l’agence EFE, pour promouvoir l’expansion du journalisme sur l’Afrique en espagnol.

Le mercredi nous avons ouvert deux expositions aux médias : l’une sur l’enfance en Mauritanie, avec l’appui de l’UNICEF et de l’Ambassade d’Espagne dans ce pays, et une autre qui montre le savoir-faire photographique des jeunes de trois pays africains, le Mali, le Sénégal et le Niger, formés par la Coopération Espagnole.

Le jeudi, finalement, et pendant deux journées pleines de réunions conjointes et bilatérales, nous avons facilité que l’Union Européenne et nos partenaires africains puissent mettre un grain de plus pour le développement d’une zone du continent qui fait partie de notre voisinage et qui nous inquiète terriblement : le Sahel.

Dans ce sens, nous avons abrité la VIIème Rencontre Informelle des Ambassadeurs de l’Union Européenne, Envoyés Spéciaux et Partenaires du Sahel, organisée conjointement par le Ministère des Affaires Etrangères, Union Européenne et de la Coopération de l’Espagne et l’Union Européenne.

Le Ministère a été représenté par Fernando Valenzuela, Secrétaire d’Etat des Affaires Etrangères, et l’Union Européenne par le Représentant Spécial de cette organisation pour le Sahel, Ángel Losada.

En plus de ces deux personnalités, qui ont tellement beaucoup de choses à dire et faire sur le sujet, nous avons eu la chance de rassembler sous notre toit les premiers responsables de l’avenir du Sahel au sein des institutions comme l’Union Africaine, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Occidentale (CEDEAO), les Nations Unies et le G-5 Sahel.

Les autorités qui ont pu s’exprimer, échanger des opinions et faire avancer l’agenda du Sahel ont été d’un très haut niveau: Maman Sambo Sidikou, Secrétaire permanent du G-5 Sahel ; Finda Koroma, Vice-présidente de la Commission de la CEDEAO ; Pierre Buyoya, Représentant Spécial de l’UA pour le Sahel, et le Représentant Spécial de l’ONU pour l’Afrique Occidentale et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas.

Ils étaient entourés et appuyés par les envoyés spéciaux pour le Sahel de l’UE et ses états membres, mais aussi des Etats-Unis, du Canada, de la Suisse et de la Norvège. Les réunions se sont déroulées, en grande partie, d’une manière réservée et sous les règles de la Chatham House.

Le résultat, il me semble, est une meilleure et plus grande coordination entre tous les acteurs impliqués et un dialogue fluide dans tous les sens qui, j’en suis sûr, conduira à la stabilisation et au développement de la région et contribuera á notre futur en commun.

Le Sahel est constitué par les territoires d´onze pays, qui s’étalent depuis le Sénégal et l’Océan Atlantique jusqu’à l’Ethiopie et la Mer Rouge.

C’est une région prioritaire pour l’Union Européenne et spécialement pour l’Espagne, étant donné la proximité géographique, les migrations qui arrivent à nos territoires depuis cette région et aussi l’histoire commune qui est un lien qui remonte à plusieurs siècles et qu’on ne peut pas oublier.

Notre cher ami Ángel Losada le définit souvent comme un polygone de crises et son analyse ne peut être qualifiée que de très juste. Au Sahel plusieurs éléments convergent : le changement climatique, la croissance démographique, la faiblesse institutionnelle, la pauvreté et le conflit à plusieurs niveaux, soit le terrorisme, le crime organisé ou les affrontements intercommunautaires. C’est une zone spécialement sensible de la planète et une source d’instabilité pour son entourage.

Cependant, et même étant conscient de toutes ces difficultés, on doit se féliciter de la quantité de belles choses que l’on ne connait pas, peut-être, sur cette région. Amadou Sall, expert du G-5 Sahel avec lequel on a eu le plaisir d’échanger lors d’une journée informative sur la région que nous avons organisée en juin et juillet derniers, à Casa Árabe (Madrid) et Casa África, nous rappelait que l’on avait besoin d’une communication plus positive sur le Sahel. Et il est certain qu’il existe aussi de bonnes nouvelles à transmettre .

Cette rencontre informelle nous rappelle que les Africains eux-mêmes doivent s´organiser afin d’être les protagonistes de leur Histoire et de résoudre leurs problèmes à leur manière, toujours avec l’appui de leurs partenaires et de leurs amis.

Le G-5 Sahel est un exemple de cette volonté de prendre le destin dans leurs mains : les cinq pays les plus pauvres de l’Afrique et probablement, de la planète, sont en train de s’organiser pour que la région où ils se trouvent, le Sahel, soit plus sûre et prospère.

A Casa África ils ont renouvelé leur volonté de travailler pour la sécurité, toujours en soulignant l’importance de se mettre à la place des citoyens, de leur offrir des services et de la protection dont ils ont besoin, de la croissance économique, de la création d’emploi, de la construction des infrastructures et finalement, d’atteindre un niveau de développement et de bien-être appropriés pour leurs populations.

Egalement ils nous ont rappelé l’importance de la jeunesse et de la femme. Le Sahel est un territoire jeune, plein de vie et d’espérance et dans lequel les enfants, les adolescents et les jeunes ont besoin d’une éducation de qualité, d’une santé digne et des opportunités de se former et de rêver d’un avenir heureux.

Le Sahel est aussi le domaine des femmes, où elles jouent le rôle de piliers des familles, des communautés, des sociétés et des pays entiers et elles ont besoin de la reconnaissance et de la voix pour faire partie de la construction de cet avenir meilleur pour tous.

Finalement, ils nous ont rappelé que l’effort doit être conjoint et immédiat, qu’il n’est plus possible d’attendre. Plusieurs actions coordonnées et urgentes sont nécessaires pour que le Sahel se développe, se stabilise et s’améliore.

Ces deux journées sur le Sahel nous ont montré que, si la volonté existe, les chemins existent et qu’il existe une volonté pour que le Sahel cesse d’alimenter des titres dramatiques pour nous montrer des progrès positifs, la paix et la prospérité. On espère avoir réussi à aporter notre petite contribution à cet avenir meilleur pour le Sahel et pour tous.

*Directeur Général de Casa África

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