L’implantation de la CVE ou l’organisation des funérailles pour l’AJD/MR?

L’implantation de la CVE ou l'organisation des funérailles pour l’AJD/MR?Adama Ngaide – Il n’est un secret pour personne que l’AJD/MR est l’un des premiers partis légalement constitués qui a rendu AUDIBLE la question du racisme d’état.

Le racisme d’état et ses conséquences négatives (l’exécution sommaire de militaires et civils négro-mauritaniens, l’expropriation foncière, l’exclusion économique, culturelle et sociale des noirs, l’arabisation sauvage du système éducatif visant l’exclusion des noirs sans compter les détournements des biens de l’état au profit de familles, de tribus et de leurs vassaux etc.…) restent la question politique qui plombe le pays depuis son accession à la souveraineté.

Cette question est ignorée par l’état et par beaucoup d’autres partis politiques qui considèrent le racisme d’état comme étant une question secondaire.

C’est dans ce contexte de banalisation que l’AJD/MR a été créée pour se battre contre ceux et qui prennent volontairement l’accessoire pour l’essentiel. Ainsi l’AJD/MR s’est constituée pour se battre contre le système et ses démembrements.

Qu’est ce qui n’a pas été dit de l’AJD/MR? Un parti d’extrémistes et d’aigris. Un parti de frustrés voire même de petits racistes inintelligents parce qu’incapables de jouer le jeu. Jouer le jeu ici signifie se compromettre et aller vers le pouvoir à tout prix !!!! Mais rares sont ceux qui peuvent refuser à l’AJD/MR le rôle de premier plan qu’elle a joué sur l’échiquier national et surtout son rôle dans l’actualisation permanente des questions de fond.

Malgré des élections truquées et toujours administrées et face à une administration quasi criminelle et une société des plus intolérantes, parce que minées par la recherche effrénée de l’avoir, l’AJD/MR résiste. Elle tient debout et elle s’affirme dans plusieurs localités.

Par 2 fois, dans la ville de Boghe, l’AJD/MR a mis en ballotage l’UPR, la fille ainée du PRDS. A cette époque l’UPR avait un bataillon redoutable composé notamment de 3 généraux en service. D’anciens ministres et d’autres en exercice. Des cadres hautement placés avec des ressources assez considérables pour acheter des consciences. Ils sont tous liquides donc aptes à mettre la main dans la poche, transformant ainsi nos villes et villages en supermarchés où on vient acheter et vendre des voix.

Il se greffe à ce climat désolant, les fameuses instituions dont le rôle est de valider le trucage des élections. Il s’agit de la CENI, du conseil constitutionnel. Il s’agit des chefs de régions militaires, des administrateurs qui ont en charge le commandement (Préfets, gouverneurs et leurs staff).

C’est face à cet arsenal institutionnel rodé, dangereux et face à un état instrumentalisé par une seule composante, que l’AJD/MR s’est construite et a pu contribuer fortement et permanemment à conscientiser les mauritaniens.

C’est dans le sillage des exigences de la résolution nationale que s’inscrit l’AJD/MR. Et cette posture plaide, grandeur nature, à SON maintien mais aussi et surtout à sa consolidation dans l’écosystème politique national. C’est justement ce qui explique la position de l’AJD/MR quant à la décision d’implanter la CVE.

En effet, la CVE doit rester ce cadre de travail capacitant qui devrait rendre plus AUDIBLE les problématiques nationales ignorées et qui s’emploierait à perpétuer des actions unitaires que les partis ne savent pas ou ne peuvent pas faire isolément. De surcroit, elle doit rester ce cadre de réflexions sur les tactiques politiques pour peser effectivement sur l’échiquier sans jamais se substituer aux partis politiques. La CVE doit maintenir son intégrité et sa mission et résister à sa dislocation. Résister à la dislocation c’est renoncer à l’implantation et c’est aussi refuser la création de courants et de tendances insensées de personnes et groupuscules qui cherchent à caporaliser le peuple CVE.

Pour ce faire, la CVE devrait se doter d’un canevas de fonctionnement clair et connu. Déjà tout au début, on a buté sur le choix du candidat avec quelques critères difficilement mesurables. Ensuite, ce fut le processus antidémocratique du montage des directoires marqués par des querelles d’accaparement et d’autopromotion de chapelles, de partis et de lobbys (La CVE/USA). En effet, on ne peut pas continuer à exiger des changements de comportements, plus de démocratie, de plus de transparence et de plus d’équité au sommet de l’état alors que nous sommes ironiquement incapables d’appliquer de telles vertus pourtant impératives pour notre combat. Diantre !

Quant aux reproches qui fusent de partout pour dire que des partis comme l’AJD/MR n’ont pas été à la hauteur de leurs ambitions, je dis Oui. L’AJD/MR, en ce qui la concerne, traverse des difficultés de fonctionnement et de gestion indéniables. Cependant, un tel reproche ne devrait nullement servir de prétexte pour organiser des funérailles à un parti dont la présence dans l’écosystème politique à aider à l’obtention des 8% du candidat de la coalition et dont le meilleur score national a été obtenu à BOGHE qui est l’une des chasses gardées de l’AJD/MR.

Adama NGAIDE. USA.

via cridem

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