Si j’étais l’assureur du Président Ghazouani, je réviserais mes primes à la baisse.

Comme tout Président du tiers monde, et de la Mauritanie, en particulier, le Président Ghazouani fera face à des ennemis politiques, internes et externes.

Il en a, potentiellement, au moins trois dont tout le monde convient : son propre camp, son opposition et le poids de la situation catastrophique dont il a hérité. Mais, paradoxalement, il suffit de regarder avec un œil, tant soit peu exercé, pour se rendre compte que son mandat est loin d’être menacé.

En effet, en matière de stratégie d’autodéfense, il semble qu’il ait fait sien l’adage qui dit «mon Dieu protégez moi de mes amis, de mes ennemis je m’en charge ». Et il aura raison, puisqu’en fait d’ennemis politiques, sa propre campagne électorale les aura défaits, en grande partie, avant que la bataille ne commence.
Tel le parti ADIL qui s’est rallié aux premières heures, avec armes et bagages, Tewasoul, qui a opté pour le repli en ordre dispersé, se transformant globalement en allié plutôt qu’en opposant, les regroupements non UPR de la majorité, dont les camps, campements et Moubadaras, ont noyé les ‘sans partis’ dans une ‘Ghazouanité’ sans nom.

Restaient les «radicaux » qu’Ahmed Ould Daddah et Mohamed Ould Mouloud, ont réussi à éloigner, en partie, de la contagion générale. Un acte courageux, certes, mais un peu tardif, dans la mesure où certains leaders historiques, notamment du RFD, avaient déjà choisi leurs candidats, hors du camp de l’opposition.
Face à cette ‘déferlante’, seuls Sawab-IRA et la toute récente CVE, constituaient une opposition organisée et relativement indépendante, derrière laquelle des troupes aguerries et motivées ont livré bataille. Mais à quel prix et jusqu’à quand ?
Le coup de grâce, élégant et opportun, vint avec cette main tendue aux leaders de l’opposition démocratique, momentanément défaite et sans perspectives, à l’exception des leaders de la CVE, qui attendent leur tour.
Ce climat d’apaisement, dont le pouvoir attend l’amorce d’un dialogue national, où ‘les grands problèmes du pays seront débattus’, risque d’être mortel pour Sawab-IRA, dont la rentrée dans les rangs n’est plus qu’une question de programmation, mais et surtout, la CVE, encore méconnue du Ministère de l’intérieur, et dont ce n’est point l’unique « péché ».
On le voit, cette grande opération d’anesthésie, qu’accompagnent certaines mesures annoncées ça et là, fait réfléchir aussi, le camp ‘ami’ du Président, traversé par un sentiment d’abandon et de faiblesse relative.
Un climat de doute que le pouvoir exploite sciemment pour préparer l’opinion à un certain renouveau où les cartes seraient redistribuées de manière à instaurer une certaine paix sociale dont l’objectif politique est d’éloigner toute explosion sociale.

De quoi meubler le temps et traverser, calmement, un premier mandat que certains voyaient avec beaucoup de secousses. »

 

Ahmed Lahwash
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