«On n’aura rien épargné aux musiciens dans ce pays» | Par Tahra Hembara

«On n’aurait rien épargné aux musiciens dans ce pays» | Par Tahra HembaraTahra Hembara – Les attaques barbares dont sont victimes « les sans-droit de la République » ou les Musiciens « Igawens » qui durent depuis quelque temps déjà et, qui viennent d’atteindre leur paroxysme, font à mon avis partie entre autres d’un processus méthodique, qui vise l’objectif de semer la haine entre les composantes de ce pays. Avec néanmoins la spécificité de ce mépris profond dont est victime cette classe sociale et qui sévit depuis bien longtemps. On ne peut se référer qu’à une moyenne représentative, ce qui est le cas, c’est bien triste mais il faut être réalistes.

Énormément de Mauritaniens de toutes communautés et de toutes classes sociales confondues, avec d’illustres personnalités sont outrés et déclarent haut et fort leur soutien, aux musiciens, c’est une évidence.

Et au nom de tous les miens qu’ils soient vivement remerciés. Je ne voudrai pas être longue bien que le sujet mérite plus amples développements et, je promets du reste de m’y atteler inchaallah.

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, je pence qu’il est nécessaire d’apporter une explication à propos de l’adage populaire dont se targue implicitement Lemrabet, ou alors dont il laisse planer le doute que c’est de son propre chef.

Je pense que cela va éclairer la lanterne de beaucoup de monde y compris celle de Lemrabet, par rapport à la relation de ces deux individus. « Lemrabet mahou saheb Iguiw » Lemrabet et l’Iguiw ici justement ne représentent pas leur classe sociale respective loin s’en faut.

Avant l’avènement de l’Etat, ces deux individus étaient les conseillers du roi, du prince ou, du chef de la tribu. Ils étaient donc en parfaite concurrence car chacun d’eux voulait accaparer l’attention du puissant, toute son écoute et avec évidemment des fortunes différentes.

L’Iguiw était le conseiller des affaires culturelles, l’Emrabet celui des affaires religieuses, et souvent l’Iguiw avait plus d’assise, plus aimé, plus choyé que Lemrabet.

Une haine et une jalousie farouche étaient installées entre ces deux personnes. Alors, il faut en finir avec la fausse idée de l’origine de cet adage qui n a rien de spirituelle, ni de religieux. C’était juste une compétition pour plus de promotion sociale, entre deux individus.

On retrouve des cas similaires de nos jours entre les conseillers des hommes ou femmes d’Etat, des décideurs, ce qui est parfaitement humain, et il n’y a aucune connotation religieuse ni spirituelle.

Il faut donc arrêter de perpétuer ces mensonges, qui n’ont fait que trop durer. Le sujet brûlant aujourd’hui dont on débat est relatif aux dires de ce « moukefir El mejhoul ».
Personnellement, je ne trouve aucun intérêt pour les élucubrations d’un inconnu qui ne peut avoir le qualificatif de mufti. Le mufti est un interprète du droit coranique musulman, c’est un homme qui dispense un savoir avec des arguments pour étayer ce qu’il professe.

Un mufti est un homme connu et reconnu, on peut le rencontrer, il maîtrise son sujet, quand il avance des idées, il peut les défendre. Ce n’est pas un spectre, un fantôme.

Par ailleurs, il ne me parait pas opportun et même injuste d’attaquer les marabouts, qui ne sont pas responsables de divagations de quelques individus ou de leur cynisme, loin s’en faut.

Les musiciens « Igawens » n’ont rien à prouver à qui que se soit, par rapport à leur relation au créateur, Allah soubhanehou Te3alla, c’est du ressort très privé. La Mauritanie est un pays de droit, dont la population est à 100% musulmane. Affirmer que toute une classe sociale de ce pays est exclue de l’Islam est une allégation grave et un problème dont la justice doit être saisie.

Voilà donc ce que je propose aux musiciens Mauritaniens : se constituer partie civile dans cette affaire, porter plainte contre X et laisser la justice suivre son cours. Le reste serait exactement tomber dans le piège de ceux qui n’ont rien à apporter à la Mauritanie que leur haine, qui n’engendre que la haine. Le socle de notre pays est fragile à l’instar des autres Nations constituées de différentes communautés, c’est-à-dire le reste du monde.

Il faut autant que possible cultiver ce que nous partageons, qui est et de loin plus important que ce qui nous divise.

Essayons de militer ensemble dans le calme, dans la dignité et la fermeté pour plus de justice sociale et d’équité pour chaque citoyen(ne) de notre pays.

Tahra Hembara

via cridem

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