Zram , au centre d’instruction de Rosso

Image result for soldat ecole mauritanieEn cette journée de décembre, à cinq heures du matin, Zram prenait sa douche obligatoire. il grelottait sous les jets de l’eau foide.

C’était sa troisième journée au centre d’instruction de Rosso.

Les recrues passaient par dizaines sous la douche collective, une chambre exiguë à trois murs, de trois mètres sur six, dans un état de délabrement avancé , avec un tuyau galvanisé à deux mètres du sol où étaient fixés une dizaine de pommeaux, le caniveau en ciment était craquellé et avait cinq bondes d’évacuation d’eau.

Il n y avait ni credence ni mitigeur dans la douche. Zram prit le morceau de savon bar d’une pochette, le passa sur tout son corps qu’il frotta vigoureusement. Il resta sous la douche le temps suffisant pour s’assurer qu’il n’avait plus de savon sur le corps, ensuite il fit ses ablutions, sortit, se sécha avec sa serviette, enfila sa tenue bleue, chaussa ses brodequins et se dirigea vers la chambre de troupe.

Les chambres de troupe au centre d’instruction étaient des hangars de grande capacité. Chaque hangar était équipé d’une cinquantaine de lits doubles et d’une centaine d’armoires individuelles. Zram couvrit le matelas de son lit avec l’une des couvertures, posa la deuxième pliée en carré, à l’extrémité du lit, du côté de l’allée, sur laquelle il posa en V les deux draps bien roulés.

Il n’avait pas fini de plier et de mettre sa serviette dans son armoire que la voix du caporal de semaine vint de l’extérieur pour le nettoyage de la caserne.

Zram sortit en courant pour rejoindre sa section. Le caporal répartit les secteurs sur les différentes sections qui entamèrent le travail de nettoyage.

Certains procédaient par ramassage alors que d’autres s’etaient procurés des branchages et les utilisaient comme balais.

A six heures, c’etait l’heure du petit déjeûner. Les recrues se mirent en colonne par un devant la cuisine chacun avec son quart pour percevoir sa ration, du café au lait, plus du pain au beurre ou à la confiture.

A sept heures trente minutes c’était l’heure du rassemblement et la levée des couleurs.
- VAOUUU!!
- POOOOOH!
- VAOUUU!
Les murs vibrèrent et les batiments du centre tremblèrent sous l’effet de l’éxécution des trois cents recrues qui avaient déjà assimilé le repos et le garde-à-vous pendant leur court séjour à la CQG.
Le clairon sonna le garde-à-vous.
- Attention pour les couleurs!
- Prêt, répondit le chef de poste sous le mât du drapeau.
- Envoyeeeeeh.
Lorsque le clairon finit de jouer la partition de la levée des couleurs, la voix de l’adjudant de compagnie retentit de nouveau;
- POOOOOOOH!
- VAOUUUUUU!
- A la disposition des differrents chefs de sections pour le début du travail.

 

Mohamed Lemine Taleb Jeddou
ZRAM ou La Saga des Mreiba

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