Savoir faire un bon usage de nos langues

Image result for langues mauritanienneAprès le tollé provoqué par la suggestion du Pr Ely, de transcrire le Poolaar, le Soninké et le Wolof dans les caractères Arabes, et l’avalanche de réactions, pas toujours responsables, qu’elle a suscitées, il convient de regarder la question avec un peu plus de recule et d’objectivité.
D’abord, on peut imaginer que le Pr Ely, pris dans le tourbillon du printemps Tunisien et de l’élection historique du nouveau Président, ait pu souhaiter, un instant, tronquer son ‘Y’ contre un ‘U’, avec ce que cela suppose comme ‘dérapage’ politique possible.
Pour ceux qui sont ici, en Mauritanie, et qui savent bien que la question de la transcription des langues nationales Africaines en Mauritanie, en caractères Arabes, avait été résolue définitivement au milieu des années 70 du siècle dernier, entre les progressistes Arabes et les organisations nationalistes représentatives des communautés Négro-africaines.
Cette décision avait été prise à la suite d’un long débat, de plusieurs années, entre « les partisans des caractères Arabes, ciment interne entre les communautés nationales, et ceux qui présentaient les caractères latins comme passerelles vitales entre les Négros-Mauritaniens et les autres communautés noires d’Afrique, où ces langues sont le ciment et la sève de l’appartenance historique, ethnique et culturelles de ces communautés ici, et ailleurs. Ce compromis n’a pas fait que des heureux, mais il a permis de dépasser ce débat stérile et d’évoluer, ensemble, vers la résolution d’autres problèmes nationaux, plus importants et plus déterminants sur la voie de la construction de la Nation Mauritanienne, chère aux Arabes et aux Africains.
Cet accord, que certains veulent « oublier » aujourd’hui, avait été cautionné, de manière tacite, par les pouvoirs publics qui ont opté pour la transcription et l’enseignement des langues nationales en caractères latins, en créant un Institut national à cette fin.
Il faut savoir retenir nos langues pour en faire le meilleur usage au service de notre unité nationale.

Ahmed Lahwash
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