Peut on être Atarois sans connaitre Ali Ndiaye ?

L’image contient peut-être : 1 personne, texte et gros planCette question m’est spontanément venue à l’esprit quand j’ai vu apparaître au fil de l’actualité face book , la photo d’une personnalité emblématique de la ville d’Atar dans laquelle le voisinage suffit pour tisser des liens de parenté.
Ce grand parent des Atarois fut un symbole du brassage enrichissant pour leur ville et de l’intégration réussie des migrants qui ont choisi de s’y installer.
Le souvenir de cette grande personnalité dont le nom comme celui de ould yahya Ndiaye , de Abderrahmane Diaw , de Abdou Tourė , de Camara , de Séga , de Abdallahi Al fouti , de Moussa Diack ,de Wane , de Dramé et de tant d’autres grandes figures de la ville , évoque une Mauritanie unie dans sa diversité dont la vraie langue se limite à la foncière bonté qui constitue la condition humaine authentique.
Ces cas loin d’être isolés et dont des exemples existent dans toutes les villes et autres bourgades de notre pays constituent l’un des signes les plus caractéristiques de l’extraordinaire faculté de la société mauritanienne de produire le beau mélange des races et des cultures qui fait son charme et qui explique sa capacité de résilience.
Quand je vois une certaine élite s’enliser dans la stupide guerre des langues pour préserver ses intérêts égoïstes, je pense à ces populations, merveilleusement,métissées qui incarnent le rêve de la Mauritanie.
Pour les Atarois de ma génération qui ont connu dans leur enfance ou leur adolescence ,le grand Ali Ndiaye celui ci fut l’icône de cette symbiose nationale dont le pays a bien besoin.
Il fut, par-dessus tout , une grâce ( rahma) pour les pauvres du quartier beni et prospère ( Mbarka Wa Amara ) et autres quartiers d’Atar qu’il sillonnait chaque vendredi pour distribuer l’eau potable gratuitement aux populations.
Ali Ndiaye fut , à l’image de cette pluie miraculeuse ( ou Rahma comme diraient les grands nomades qui l’ont adopté en sa qualité de beau fils ) un don de dieu qui arriva , à point nommé , à Fdeirik ( Ancien Fort Gaureaud ) pour empêcher l’autorité coloniale de commettre un irréparable sacrilège.
Sinon comment peut expliquer que le jeune Sérére , soldat de la coloniale , refuse obstinément d’obéir à l’ordre qui lui a été donné de conduire l’incorruptible Cheikh Al Wal ould Cheikh Ma Al Ainine , Grand résistant et fils de Grand Résistant devant l’Eternel , menotté jusqu’à Saint louis ?
Ali Ndiaye avait , alors , expliqué à ses chefs par l’intermédiaire d’un interprète consentant , que jamais il ne commettrait une telle ignominie mais qu’il se porte , néanmoins, garant du Cheik jusqu’à la destination voulue par les colons .
Ce fut le début d’une belle histoire au bout de laquelle , il reviendra à Atar avec Hammody le grand Commerçant de la ville dans les années. 30 et 40 .
Depuis lors , il s’installa dans sa citée rêvée et y fonda une grande famille qui deviendra , passé le temps colonial , l’un des incontournables éléments identitaires de la Mauritanie.

Abdel Kader Ould Mohamed
AKM

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