Aicha Amar :A propos de « l’adénopathie » existentielle………Il y’a des abcès à crever .

Il y’a des abcès à crever martèle le jeune homme élancé en regardant sa collègue, du haut de son mètre quatre vingt quinze, droit dans les yeux, qu’il réussit enfin à fixer.
Il faut que l’on parle entre mauritaniens intramuros.
Des morts, des stèles, d’esclavage, de justice, de responsabilités, de pardon, des langues..d’avenir.
Des questions, qui nous concernent, je crois poursuit il, que nous sommes quelque part tous responsables de ce pourrissement, que reflète nos échanges.
Interloquée par cette invitation, elle se réfugia en son habituel silence coupable.
Penaude, la discussion resta clouée là où elle était .
Au point mort.
« Si vous trouvez fatigant d’entendre parler de racisme tout le temps, imaginez comme il doit être encore plus fatigant de subir le racisme tout le temps »
Tijane Bal, un prénom tellement corsé que pour m’apaiser, la machine s’évertue à me proposer : Tisane.
Un homme peu loquace; mais si pertinent cherche par l’usage d’un français châtié, d’anglais, la version arabe est certainement en cours de traduction, à incorporer dans le plat de la diversion Facebookienne, le sujet qui fâche .
Celui de la discrimination.
Du piment.
Une épice peu appréciée ici.
Personnellement, quand par inadvertance, j’en avale ma quinte de toux se déclenche immédiatement, une si forte poussée, qui interdit l’articul’action d’une traitre syllabe.
En 2007, à la lisière d’une campagne présidentielle, se tenaient de périodiques activités d’évaluations. Lors de l’une de ces réunions restreintes, tenue chez un ancien diplomate, étaient présents outre un avocat réputé, d’autres cadres du parti d’un des candidats de l’opposition à cette course .
Quant à moi, j’étais là, parce que je reprenais le petit chemin que j’avais abandonné .
Dépoussiérer, à l’occasion un militantisme latent.
Etrenner ma délivrance de cette sangsue qu’est l’instinct grégaire.
Euh, ..enfin… je conviens tout de même qu’il est impossible de se séparer d’une vielle compagnie.
Quelqu’un de l’assistance évoqua l’aspect de la communication, à son avis très importante : “ il faut se départir de cette mine renfrognée, proposons une image positive « . La réponse de l’avocat, ne se fit attendre: “ écoutez monsieur, notre vécu, celui des mauritaniens, pire ce qui se profile à l’horizon ne nous autorise à pavoiser ce qui n’est point, on s’interdit l’usage des gants.”
Cette trempe d’hommes, qui a souffert dans sa chair, que l’expérience a meurtrie ne sont amusants.
Ce sont des troubles fêtes.
Ce Bal en est un.
En partant de ce principe, on comprend mieux, ce qu’il s’épuise à nous inculquer.
Il y’a des abcès à crever .
Indéniablement.
Les abcès sont une question d’entendement.
Serrons les dents, crevons NOS abcès, une bonne fois pour toutes.
Sans peines, ni passions.

Aicha Amar
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