Ribambelle : le français ou l’arabe, polémique sempiternelle !

Ribambelle : le français ou l’arabe, polémique sempiternelle !Mohamed Yeslem Yarba BEIHATT – Cette fois-ci le prétexte a été bien choisi, pour faire couler beaucoup d’encre, enfler la polémique et envenimer l’atmosphère, autour d’un ancien-récent sujet, voulu comme problématique récurrente, tant qu’on ne se résoudra pas à mettre les lunettes qu’il faut, pour y voir plus clair : celui de la langue arabe.

Langue que nous avons pourtant, le plus précieusement en partage entre nous tous, mauritaniens ; car celle de la foi et du culte, donc très intime, et par-dessus le marché, celle officielle du pays appelé République Islamique de Mauritanie, par la force de sa loi suprême. De prime-abord donc, s’impose la nécessité de bien faire la part des choses : il y a le concours de l’armée et ses résultats ; d’une part, et bien d’une part.

Ensuite, il y a le débat, à chaque fois houleux, qui pourtant ne devrait pas l’être, autour de la langue arabe, et de l’arabisation ; d’autre part, et bien d’autre part. Donc deux choses distinctes, deux sujets complètement différents, et qu’il faut bien se garder de mêler, ou de confondre, pour ne pas tomber dans les méandres du stratagème, qui a été savamment orchestré par les avocats du diable.

Cette précaution de mise une fois observée, passons à une analyse un peu plus approfondie du deuxième aspect de la question. Celui qui m’intéresse le plus et qui, pour ainsi dire, est mon violon d’Ingres, ma tasse de café, comme chaque ’’ franco-fêlé-débile-obnubilé’’ le sait parfaitement maintenant.

Car ceux-là savent très bien, à forces d’arguments bien fondés et bien exposés, de quel bois je me chauffe !

Pour ce faire, c’est-à-dire pour essayer une analyse un peu plus approfondie, je me dois pourtant, avant de s’y atteler, de dire quelques mots seulement sur le premier aspect, celui du concours. De un : les résultats du concours ont été publiés par une institution digne de respect, estime et révérence par tout mauritanien patriote : l’armée nationale.

Notre armée nationale, qui n’a jamais été raciste. Oui, comme chacun le sait, l’armée mauritanienne n’a jamais été raciste, et tous les mauritaniens y ont servi, côte à côte, depuis sa création, à l’aube de l’indépendance, jusqu’à nos jours ; tous les fils de la Mauritanie y ont servi, et continuent à y servir, sans discrimination, ni favoritisme, ni exclusivité.

De deux : il s’agit d’un concours qui a été ouvert devant tous les jeunes mauritaniens, sans aucune restriction. Et je défie quiconque, qui pourrait apporter la preuve qu’un candidat s’est vu refuser son dossier, durant toute la période de dépôt des dossiers.

Enfin, pour terminer sur ce point, si, comme on veut le prétendre, l’arabe a été délibérément utilisé, comme langue d’examen, ce n’était certes pas pour dissuader une quelconque frange, ethnie ou groupe, mais tout simplement parce que l’arabe est la langue de travail au sein de l’armée nationale.

Oui, et pour ceux qui ne le savaient pas jusqu’ici, notre armée nationale travaille désormais en langue arabe, en conformité avec la Constitution de notre pays, dont la langue officielle, faut-il encore-bigre! -le rappeler, n’est autre que la langue arabe !

Et je dirais même plus : parce que tout simplement tous les mauritaniens doivent, naturellement, apprendre l’arabe ! Ceci dit, l’examen un peu plus approfondi de la place de la langue arabe et le statut de la langue française dans notre pays, m’oblige à faire les constats suivants :

1-La langue arabe a été de tout temps celle de prédilection, car celle de leur foi, mais aussi celle de leurs échanges, de leur communication, et de leur culture, pour tous les gens du Walo, du Fouta tout comme le Tagant, le deux Hodhs, l’Assaba, le Trarza et les autres régions du pays.

L’arabe était la langue de la foi, du culte et de la culture islamique pour le Soninké, le Peul et le Wolof, avant même de l’être pour les Arabes en Mauritanie. Les preuves historiques sont là pour l’attester, à travers les correspondances sous forme de lettres écrites en arabe ; et le nombre considérable des Oulémas, Faqihs, poètes, écrivains ;

doctes en langue arabe et sciences islamiques dans les régions du Walo et du Fouta suffisent pour nous prouver combien la langue arabe n’a jamais été une langue étrangère pour les négro-mauritaniens.

Al Mamy Abdel Kader du Fouta, a étudié dans la même Mahadra où Ahmed Ould El Aqel et Mokhtar Ould Bouna ont étudié. Ils avaient tous les trois comme ‘’professeu(s)e’’ Khadija Mint El Aqel. ’Ahmed Ould El Aqel fut l’élève et le disciple de l’érudit Alpha Ibrahima, qu’il accompagna durant sept années consécutives au Fouta, d’où il ne revint qu’en 1794 pour être nommé Qadi et Mufti au Trarza jusqu’à sa mort en 1828. Donc la langue arabe est la langue de tous les mauritaniens.

Plus proche de nous, les écoles EL FALAH du feu El Hadj Abdullahi Ba ont servi la langue arabe et la culture islamique mieux que toute autre Mahadra ou Institut dans le reste du pays.

2-La langue arabe est une langue vivante, par ses qualités intrinsèques, par sa liaison consubstantielle avec le Coran, et elle ne peut jamais mourir.

Ceux qui brûlent d’envie pour la voir tomber en désuétude, par haine viscérale et rancune rongeuse, qui détestent purement et simplement cette langue sacrée, resteront sur leur faim : jamais la langue arabe ne tombera en désuétude et jamais elle ne sera remplacée par le Hassania, qui restera toujours un ‘’arabe dialectal’’.

Et si elle peut être reléguée en second plan, dans une contrée ou une autre, ce n’est pas en Mauritanie, terre du Minaret et du Ribat, que cela se fera. Jamais au plus grand jamais. Et les mauritaniens, tous, Soninkés, Peuls et Wolofs, et tous les autres, doivent prendre le devant dans la défense de la langue arabe.

Car sans une unité forte, ferme, solide à toute épreuve, autour du choix judicieux de l’arabisation complète de tous les rouages de notre Mauritanie moderne, celle d’aujourd’hui et de demain, nous risquons le doublon dangereux, soit, du :

1/-multilinguisme institutionnellement entravant, prôné par les ennemis de notre pays ; ou bien celui de,

2/-la dislocation-à Dieu ne plaise- de la Mauritanie en plusieurs entités- ce qui nous affaiblira tous !- et n’est pas du tout sage comme choix, pour n’importe quelle composante, surtout pas celles minoritaires ! Et que Samba Thiam l’entende bien, pour réaliser le caractère dangereux et suicidaire de son projet des FLAM…

3-La langue arabe, depuis les années de l’indépendance devait être optée par tous les fils de la Mauritanie naissante. Mais par faiblesse, manque de moyens d’affirmation de la souveraineté, et à cause de la présence prégnante d’une force naguère colonialiste, la Mauritanie naissante n’a malheureusement pas eu la faveur de faire le choix linguistique qui comme je dirais, devait être le plus évident : celui de faire de la langue arabe la langue de l’Administration, de l’Enseignement, de l’Armée, de la Santé, des Postes et Télécommunications.

S’en suivit alors une longue errance, durant toute la période des années 60 jusqu’aux années 70 et même le début des années 80 ; décennies où les fils de la Mauritanie, qui ne connaissaient pas la langue française, ont été purement et simplement exclus.

L’hypocrisie politique, la mystification intellectuelle, doublées d’une force irrésistible d’une francophonie hégémonique rampante, ont fini par rendre les mauritaniens étrangers dans leur propre pays.

Et on se souvient tous des OPT, Hôpital National, Lycée de Nouakchott, les ENI, ENS, Police Nationale, Armée, Gendarmerie, Garde Nationale où l’on ne pouvait parler arabe, sans être taxé de ‘’sale arabisant’’.

4-Toutes les réformes qu’a connues l’Enseignement, malgré le regret amer que laisse le constat d’une scission entre les composantes de notre pays, qui en est résulté, et pour d’autres facteurs, sur lesquels nous ne pouvons pas revenir à présent ; toutes ces réformes donc n’ont été qu’une réplique forte à une situation qui devenait de plus en plus intenable : on est mauritanien de souche, mais faute de connaître la langue française, on ne peut pas postuler à un travail, ni même mener une vie normale dans le pays de ses ancêtres.

Quel tournis ! Imaginez la réplique d’un jeune pan-arabiste en ces jours-ci, obnubilé par les idéologies des Nasseriens et des Bathistes, taré, exactement comme l’est un jeune ‘’flamiste’’.

C’est cette situation-là, munitieusement ici décrite, qui a rendu le terrain fertile à toutes les positions extrémistes, des deux bords. D’un côté, ceux qui voulaient appliquer leurs idéologies pan-arabistes, à la lettre, au sein de l’Administration, à l’Ecole et dans les Services publics ; et d’un autre côté ceux qui commençaient à détester viscéralement la langue arabe, parce que, à leur yeux, c’était juste une arme fourbie pour leur exclusion.

C’est ce qui a entraîné aussi, malheureusement, la mise en place et l’application de ‘’réformes’’ de l’Enseignement, par une arabisation très ‘’idéologisée’’, bâclée, non planifiée, et hâtive.

C’est pourquoi, ce que nous prônons aujourd’hui est une arabisation totale et immédiate, mais paisible, pacifiste, profonde, apolitique, non politicienne, non ‘’idéologisée’’ ; concertée, voulue, partagée et défendue par tous les mauritaniens.

Le contraire exact des malencontreuses tentatives de ‘’réformes’’ idéologisées. 5-Le français ne peut jamais être le choix des mauritaniens comme langue de communication et de partage, pour la simple raison que c’est une langue étrangère. Elle l’est pour le Soninké, le Wolof et le Peul, avant de l’être pour les Arabes.

Dernière trivialité des trivialités, cette évidence échappe malheureusement encore à beaucoup de nos pseudo-intellectuels. Durant toute la période de cohabitation séculaire, entre les arabes et les négro-africains, sur cette terre, il n’y a jamais eu de divergence sur l’utilisation de l’arabe.

Et s’il y a une urgence aujourd’hui, c’est celle de s’atteler à maîtriser la langue arabe de la part de ceux qui ne l’ont pas encore fait, pour une raison ou pour une autre, aussi bien parmi les arabes que les négro-mauritaniens, tous fils de la Mauritanie, et ont naturellement en partage, la langue arabe.

6-La contre-vérité qui consiste à dire que la langue n’est qu’un moyen de communication, un outil neutre, et que nous pouvons tous accepter le Français ou n’importe quelle autre langue comme moyen de communication entre nous, est tout simplement une imposture.

Car, la langue ne peut pas être seulement un moyen de communication. Elle l’est, certes, mais elle est bien plus que ça. Dites à un Allemand ou un Espagnol d‘utiliser le français à la place de l’allemand ou l’espagnol, et vous verrez le résultat. Dites à un Anglais d’utiliser le français à la place de la langue de Shakespeare et vous verrez la réplique.

Dites à un Japonais de se servir du Chinois à la place du japonais et vous verrez le Tsunami. Dites à Wallon, en Belgique, d’utiliser le Français comme langue de travail, et vous verrez courroux incarné.

Pourquoi ? Parce qu’il est tout à fait normal de ne pas accepter la négation d’identité. Et pour tout mauritanien, tenir front, dans la bataille des cultures et des langues, comme les français d’ailleurs le font si bien face à l’anglais, est tout simplement de l’ordre de l’évidence.

Si jamais nous considérons que chaque nation a le droit le plus absolu d’accorder la priorité, chez elle, dans son pays , sur son sol propre et dans sa demeure, dans la pratique de tous les jours, à sa langue propre.

7-Mettons le français à sa place juste, celle qu’il mérite : une langue étrangère, comme toute autre langue, telle que l’Anglais ou l’Espagnol, par exemple, et que les mauritaniens peuvent -et doivent d’ailleurs apprendre- au choix, après avoir accordé toute la primauté et le privilège à leur langue officielle, l’Arabe.

Vouloir accorder un autre statut, de facto ou d’office, au français c’est continuer à livrer sournoisement la guerre à toute une nation. Donc, oui à la langue française comme deuxième langue étrangère, après l’anglais bien sûr, raisons économiques et scientifiques obligent. Non, et mille fois non, à la langue française à la place et au lieu de la langue arabe.

C’est à ce prix de ‘’normalisation’’ de notre relation avec le français que nous finirons par avancer. Nous n’avons plus de temps à perdre. En accordant la place qui lui revient à notre langue officielle, et en maîtrisant les autres langues étrangères vivantes, nous pourrons avancer.

8-La contre-vérité qui consiste à dire que l’arabe est la langue de la poésie de la littérature et des sciences humaines et ne peut pas être celle de la Physique, de la Chimie des Maths, de la Médecine et de la Technologie numérique, est aussi l’un des plus grands mensonge.

Citons René Kalisky lorsqu’il écrit dans son livre intitulé : ‘’L’ISLAM’’, à la page 299, je cite : « Les ouvrages d’Avicenne, dont le traité encyclopédique traduit sous le nom de Canon devint la base des études médicales dans toutes les écoles européennes de cette époque, d’Ali Abbâs (Liber Regius), d’Ibn Djazzar (Le Viatique), d’Isaac Ibn Soleîman, (Le traité des urines), d’Ibn al-Baytar (Le traité des simples), seront enseignés presque exclusivement à la Faculté de médecine de Paris et de Montpellier pendant au moins cinq siècles, jusqu’à l’apparition, vers le début du XVIe siècle des écrits de Fernel.

Aussi, n’est-il pas exagéré de dire qu’entre la médecine antique et la médecine moderne, c’est-à-dire pendant une bonne dizaine de siècles, il n’y aura eu que la médecine arabe.» Citons-le encore, à la page 300 : « En matière de physique émerge Ibn al Haîtham qui, dans son traité d’optique, réfuta les principes de Ptolémée et d’Euclide.

En astronomie et en mathématiques, les arabes subirent l’influence d’ouvrages indiens. Ils perfectionnèrent l’arithmétique par l’emploi de chiffres aujourd’hui dits « arabes »… Et encore, toujours à la même page, je cite : « A l’aide de leurs instruments qui consistaient en cadran solaire, quadrant, astrolabe et globe céleste, Thâbit Ibn Qora détermina la longueur de l’année solaire.

Al-Battâni découvrit l’inclinaison du plan écliptique, Al-Kharezmi, l’homme qui exerça le plus d’influence sur la pensée mathématique de tout le Moyen Age et est l’auteur des plus anciens ouvrages d’Algèbre, compila les plus vieilles tables astronomiques connues. Ajoutons que ce fut par l’astronomie que les savants musulmans fondèrent la trigonométrie plane et sphérique. » Sic.

Donc il est vain de vouloir cantonner notre langue arabe dans la poésie et les sciences islamiques ou les sciences humaines et sachons que les rapports de la langue arabe avec toutes les disciplines scientifiques, ne datent pas d’aujourd’hui. A nous d’assurer la relève et porter le flambeau, à nouveau, de notre civilisation si rayonnante jadis.

9-La prétention que le Français est une langue d’ouverture, est lui aussi un argument pernicieux et ne résiste pas à un examen approfondi. Prétendre que : «le français nous enrichit de sa diversité, de ses concepts, de sa « mondialité ». Il nous ouvre au monde.

Il nous permet de penser « Nous », en communiquant et en vivant aux côtés de l’arabe…», relève de la mystification pure ! Car le français, pris justement comme langue d’ouverture, et rien que comme langue d’ouverture, se trouve devancé en cela par d’autres langues, comme l’Anglais ou l’Espagnol, par exemple.

Ces langues qui sont, sur le plan des échanges scientifiques, culturels et économiques bien plus importantes que le français. Si la seule preuve logique, pour nous faire accepter cette langue étrangère et envahissante qu’est le français, n’était autre que parce que c’est une langue qui va nous permettre une plus grande ‘’mondialité’’, sachons que le français, une fois hors de la zone Franc CFA n’a pratiquement plus d’existence ! En plus, le français n’est même plus parlé à Paris.

Hormis les officiels, les politiciens, tout le monde parle anglais, en France même. En tout cas c’est le cas dans les couloirs d’AREVA, à TOTAL, à BOUYGUES et à DASSAULT, à RENAULT même ou à PEUGEOT, ou encore ALCATEL-LUCENT, ces quartiers de la technologie ‘’High Tech’’, pourtant français, où l’on parle si peu le français !

De nos jours, les Maths, c’est en Anglais, l’Informatique, c’est tout en anglais, l’économie et la finance c’est en Anglais. Aussi l’Anglais nous permet de mieux communiquer avec le reste des pays arabes comme l’Egypte, l’Irak, la Syrie, la Jordanie ; la majorité de tous les autres pays arabes, sans parler de ceux du Golfe.

L’Anglais nous permet aussi de mieux communiquer et de nous ouvrir plus, sur des grands pays africains comme l’Afrique du Sud, le Nigéria ou le Ghana. Il nous permet de mieux communiquer avec la Chine, le Japon, l’Indonésie, la Malaisie le Pakistan et l’Inde.

10- Enfin, dernier point, et par lequel je voudrais bien conclure, c’est un appel de cœur que je fais à tous mes frères, Soninkés, Peuls et Wolofs, mes concitoyens, que j’aime beaucoup-Dieu Sait-, pour qu’ils fassent l’effort qu’il faut en s’appropriant eux-mêmes les valeurs de la civilisation arabo-musulmane, qui ne sont en fait que les leurs ; tel que leurs ancêtres l’ont toujours fait. Valeurs dont la langue arabe est le fondement.

C’est pourquoi je l’ai dit, le répète : unissons-nous autour de l’arabe comme les français l’ont si bien fait autour du français, et vous verrez, chers concitoyens, le résultat. Le jour où le petit, peul, soninké, wolof, hartani, bidani, nmadi, ou autre, ne parlera que l’arabe, aura tous ses bouquins, ces manuels scolaires et ses devoirs dans cette langue, l’unité nationale sera acquise. La conscience collective sera créée.

Le partage est garanti. L’union des cœurs et des intérêts sera, tout de même, instaurée. L’harmonie, la cohésion et l’entente, deviendront réalité, et ne seront plus des mots creux.

Le brassage ethnique ne pourra que venir, car en maîtrisant l’arabe, le plus noir des noirs, deviendra le plus blanc des blancs, aux yeux de ses concitoyens arabes, et ainsi, ils pourront lui donner facilement la main de leur ‘’blanche neige’’, ou de leur ‘’belle au bois dormant’’ ! Et vice- versa.

La fusion sera totale, en unissant la langue de notre administration, de notre enseignement, de nos rues, de nos cœurs, et de nos âmes, nous y arriverons. Osons cela. C’est le vrai changement salvateur. Le seul. L’unique remède. Faisons-le, pour qu’ensemble nous forgions enfin le citoyen ‘’mauritanien’’ dont nous rêvons tous, à savoir celui qui :

-Ne connaît et ne reconnaît que la MAURITANIE, comme appartenance, attache, terre, patrie, mère, référent et identité. Passe son appartenance à son pays avant et au-dessus de toute autre : celle tribale, éthique, clanique, raciale ou régionale.

Qui sent au tréfonds de lui-même appartenir, communautairement à la MAURITANIE, avant de sentir son appartenance à l’Irak, à la Syrie, à l’Egypte ; et au Sénégal, au Niger ou au Mali. Et ce quel que soit le degré de son panafricanisme ou de son panarabisme. L’amour de la MAURITANIE et les intérêts de la MAURITNIE, au-dessus de tout et avant tout.

-Est génétiquement, issu d’un très beau brassage ethnique. Lequel brassage serait choisi, pratiqué délibérément et consciemment mis en valeur ; prôné comme culture, valeur sociale et choix stratégique ; pour l’édification d’une seule Nation, solide, homogène et prospère.

Ce qui est tout un programme, je le reconnais, aujourd’hui, frisant même la chimère, mais demain banal ; après la révolution des mentalités, facilement opérable ; si résolument décidée par tous.

-Fait, à côté de ses autres frères concitoyens, les mêmes classes, fréquente la même école républicaine ; étudie le même programme, élaboré en langue arabe de A à Z ; portant le même manuel scolaire de matières scientifiques, où l’on ne voit pas même l’ombre d’un graphème latino-germanique ; porte la même blouse, travaille dans les mêmes laboratoires ; accède aux mêmes facultés, à cent pour cent arabophones.

Oui, des Facultés et des universités arabophones mais qui forment, non pas des Imams, mais des médecins, des ingénieurs, des mathématiciens, des physiciens et même des astronautes. -Maîtrise l’Anglais, puis au choix, l’Espagnol, le Français, le Chinois, l’Allemand, le Turc, le Portugais, ou le Russe. Pratique religieusement le sport, (une sorte de ‘’TAGA’’, moderne) ;

ouvert d’esprit, vivant pleinement son temps, sensible aux courants culturels modernes, dynamique, travailleur, s’adonnant, sans rechigne, à toutes sortes de travaux manuels ; propre, moderniste, ne portant le boubou qu’à la maison, et ultra-chic, très cultivé et très authentique. Vous savez à quel prix pouvons-nous réaliser ce beau rêve ? En nous unissant pour défendre, bec et ongle, notre belle langue arabe. Langue miracle, éternellement vivante et vivace.

Par Mohamed Yeslem Yarba BEIHATT

Nouakchott le 18/09/2019

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