Recrutement des officiers : Réponse à Ahmed Ould Saleck

Résultats finals du concours de recrutement d’élèves officiers pilotesJ’ai lu avec beaucoup d’interêt votre posting relatif au recrutement de l’armée de l’air. Je comprend votre indignation à ce sujet et je serais le premier à m’indigner avec vous, si ce que l’on dit à ce sujet s’avère être vrai.

Mais de là à généraliser à toutes les forces armées, vous franchissez là un pas que je ne vous aurais pas voulu voir franchir.

Il est incontestable que les citoyens afro-mauritaniens ont été l’objet d’une innommable discrimination pendant une certaine période dans le cadre du recrutement dans l’armée.

Mais, Monsieur Ahmed Ould Saleck, autres temps, autres moeurs. Comme je l’ai mentionné dans le posting que vous avez bien voulu faire appaître à côté du vôtre, dès son arrivée au commandement des forces armées, le Général de Brigade Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, en Mai 2008, s’est immédiatement attélé à corriger cette grave injustice.

Et la politique adopée et mise en oeuvre depuis, dans ce sens, est en train de donner aujourd’hui ses fruits.

Au moment de la prise de fonction, du Général Ghazouani, que nous nous plaisons à nommer ainsi, il y avait dans l’armée à peine une trentaine d’officiers afro-mauritaniens dont une dizaine d’officiers supérieurs, déjà ,presque atteints par la limite d’âge et dont certains bénéficieront d’un maintien au-delà de cette limite, ce qui explique leur quasi-absence aujourd’hui du sommet de la hiérarchie.

Aujourd’hui on peut dénombrer plus de trois cents officiers de cette frange de la population aux différents niveau de la hiérachie.

Le retour à l’équilibre antérieur aux tristes événements ne peut s’obtenir par un coup de baguette magique, seul le temps aidera à ramener les choses dans leur ordre normal.

Quant à votre analogie avec le monstre mythologique, c’est un point de vue que tout le monde ne risque pas de partager.
Monsieur Ahmed Ould Saleck, le pays est train de traverser une situation particulière de son histoire et ce dont il a besoin aujourd’hui, c’est la recherche de voies et moyens pour le rapprochement entre les citoyens, le renforcement de la cohésion, la restauration de la confiance entre les différentes composantes de la population et non des discours incendiaires tendant à accentuer davantage le fossé déjà suffisament béant.
PS: j’ai utilisé le terme afro-mauritanien, que je n’approuve pas, uniquement pour spécifier la frange concernée et non pour lui donner une connotation négative.

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Mohamed Lemine Taleb jeddou

ancien  chef du B3 et ancien cdt de l’Emia

mtalebjeddou@yahoo.com

 

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