Akhyar Mejmou3 azgnague : Dimi ne descend pas de peu

Résultat de recherche d'images pour "dimi mint abba"Le 21 Mai 2011, au début d’un concert à Layoune, Loule Mint Sidati Ould Abba , dite Dimi subissait un malaise consécutif à une crise d’hypertension artérielle , chez les Rgueibat , qui ont toujours su témoigner tant d’égards à sa famille.

Transportée d’urgence à Rabat , elle y décéda , le 4 juin. Après les disparitions quasi anonymes Mounine Mint Eelya Elvecha , Ahmedou ould El Meidah , Sidahmed el Bekaye , sa soeur Fatma, sans oublier Ahmed ould Bobba Jiddou , Badi ould Hembara -la liste est malheureusement longue-il ne reste plus pour l’identité Bidhane , qu’à dégringoler , plus profond encore, dans les abysses d’une arabité dissonante , source d’uniformisation par le mimétisme , l’oubli de l’origine et la paresse d’être soi (et non un autre ) .
Dimi ne descend pas de peu , elle remonte au phénoménal Seddoum Ould Ndiartou , l’éloquent et ingénieux versificateur du Hassaniya (, grand laudateur du prophète (Psl) , créateur de « t’heydine » ( teodum?) , diariste téméraire des rudes batailles de guerriers , accourant vers le péril comme l’assoiffé à l’outre , seul capable de transcrire , en poèmes vibrants , les circonvolutions des hordes de cavaliers , comme s’il s’incrustait sous les fers des destriers .

De son père, Sidati Ould Elve Ould Abba , dont la puissante corde vocale , sur Radio Mauritanie enthousiasmera des générations , Dimi gardait l’humour , la générosité ample et démonstrative à la manière des Kounta et , surtout, cette maitrise des basses et des montées en puissance qui la distinguait des autres griottes .

La petite fille de la belle Garmi Mint Ezeml Ould Homod Vall , tenait de la grande mère , ses suaves vocalises , décrites avec galanterie et lyrisme , par les poètes du Tagant …
« De qui, donc , Dimi a-t-elle appris ? De Sidati le sublime , premier artiste , sur les ondes , à pouvoir effacer les frontières entre les maures de tous horizons ? De sa mère , Mounine Mint Ely Ould Eidde  » Khouya » , comme le surnommait son frère Seddoum Ould Ndiar , cousine germaine du troubadour homonyme Ely Ould Eyddé avec lequel elle égalisait de  » tchew’ir » , virtuose de l’Ardine et championne du mode mineur dit « Echwar edhal » , hymnes de l’ombre où l’amour courtois se décline en « Ley’at hzimi » , les fameux affres et blessures du soupirant transi ?
Ensuite , grâce à son premier époux et parent Seymali Ould Homod Vall , elle s’appropriait les codes de l’excellence en matière vocale , maitrisait les notes délicates, les enrichissait de son cru , sous la supervision de cet enseignant hors pair .

En 1976 , grâce aux éliminatoires de la sélection nationale au festival de Carthage , – quand la Mauritanie avait encore un ministère de la culture- le pays , Bidhani d’abord , puis dans toute sa diversité – découvrit , avec « Richetou Al venni » , le talent post adolescent de cette noiraude , toute frêle encore , enjouée souvent , primesautière jusque dans les accents mélancoliques de Beigui ; cet air de fête galvanisait les foules , des années durant , avant que ne le détrônassent , au répertoire dimien ,  » Mouritani hiya watani » , ‘ l’apartheid esti’mar » , etc .

De telle références ont marqué bien des humanités sous le Tropique du cancer …

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Signé Akhyar Mejmou3 azgnague . Quelque part dans la forêt

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