Aicha Amar : Nous mêler de la vie des autres fait partie de notre savoir vivre.

Vidéo : une nouvelle loi pour punir les violences faites aux femmesLes discussions de l’heure ne portent ni sur la politique générale du gouvernement, ni sur les inondations et ses victimes, ni sur les questions d’esclavage, .. Ni d’éducation, ni de santé. Les priorités sont ailleurs.
Toute la réseau-sphère mauritanienne ne discute que d’un cas présumé d’une affaire privée, qui étale toute la mesquinerie de « l’homomauriticus ».
Un sujet pourtant sérieux tourné en dérision, une atteinte à la dignité humaine, aux valeurs universelles, qui sont également principes de notre religion.
Il pose la question de la protection des femmes, encore tributaire de considérations sociétales archaïques.
L’avalanche d’injures qui s’abattit sur la malheureuse jeune ingénue démasque la persistance de préjugés contre les femmes, et la vraie nature des lois censées protéger les plus faibles, textes promulgués essentiellement pour le pavoisement.
La multiplication de violences contre les femmes dément leur efficacité.
Cette affaire est preuve de notre propension pour les faits divers, des sujets qui font couler le plus d’encre.
Le voyeurisme est notre préoccupation première, ..Ce que mange notre voisin à midi, le montant de la dote de la cousine du boutiquier du coin, nous empêchent de dormir.
Nous mêler de la vie des autres fait partie de notre savoir vivre.
Écouter aux portes est une base de notre éducation.
Les enfants sont envoyés en éclaireurs ou espions en herbe à collecter les moindres détails faits et gestes de l’autre.
‎اشطاري n’est pas une curiosité intellectuelle, mais du gossip, comme dirait les anglo-saxons.

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