Pilotes, avions, armée et uniformes.

Photo de profil de Tijane Bal, Aucune description de photo disponible.  »Soyez raisonnables. Demandez l’impossible ». Je rêvais d’être pilote. De ligne ou de chasse, peu importe.Seulement,j’étais nul en maths. Plus près des 1,2 de moyenne que des 12 requis par l’armée mauritanienne.
Plafond de verre si j’ai bien compris! Je suis sujet au vertige.J’ai pu l’expérimenter du haut de la tour de contrôle de l’ancien aéroport de Nouakchott que je fréquentais régulièrement.Privilège du au fait qu’un proche officiait à l’ASECNA.J’étais également très fan de la marine.Sans savoir nager. Les uniformes des 2 armes avaient un supplément de prestige.Et puis, l’eau et le ciel, c’est quand même plus mystérieux que notre bonne vieille terre.
Du coup, tout ce qui, pouvait avoir un rapport avec ces éléments me fascinait. Même lointain. J’admirais par exemple François Mitterrand non pas pour les raisons qu’on imagine mais parce que son frère cadet, Jacques Mitterrand, était général d’aviation et même Inspecteur Général de l’armée de l’air.
J’ai admiré Didier Ratsiraka non pas comme président de Madagascar mais comme brillant sujet de l’Ecole navale de Brest (j’y reviendrai. Suivez mon regard). Ce fut un double choc de découvrir, adolescent,un certain Alexis Ajavon, un Béninois, aux commandes d’un Boeing et un peu plus tard le futur général Guion Steward Blufford, ancien pilote de chasse (144 missions au Vietnam. Guerre condamnable au passage) et 1er astronaute africain américain.
Comme tout enfant de Kaedi, le frère Wagué l’a rappelé récemment, j’idolâtrais le « commandant Sylvestre », commandant de bord des DC3 et DC4 qui faisait le vol Nouakchott Kaédi.
Il avait été surnommé le « voyageur sans bagages » et avait son fan club.
Le Kaédien d’origine n’était pas peu fier de découvrir qu’un enfant du pays, un certain Moustafa Diop, faisait ses classes à l’Ecole navale de Brest. (Ecole aéro-navale Lanveoc Poulmic était son nom je crois). Malgré son jeune âge, il allait devenir l’un des pionniers de la marine mauritanienne. Que l’on me pardonne cet emprunt douteux. La « préférence nationale » faisait que j’avais une prédilection pour nos compatriotes (pardon aux non mauritaniens).

Ma manifestation fétiche du 28 novembre était le lacher des parachutistes que mon regrétté oncle, Amadou Tidiane Bal, traduisait en pulaar par « diw diwngel soldateebé ». Le rituel était immuable; Le dernier à sauter était le capitaine Niang (à l’époque le grade de capitaine était quasiment le plus élevé de l’armée mauritanienne).

Le DC3 prenait un envol plus important à l’admiration de tous y compris à celle du président Ould Daddah; Le capitaine s’éjectait, cette fois, à l’appréhension de tous; Après un « atterrisage » impeccable, il se dirigeait vers la tribune officielle pour saluer le Chef des armées. Le capitaine Niang, un des pionniers de l’armée mauritanienne, fut l’une des 1ères victimes de la guerre dite du Sahara.

Il fut de la trempe des soldats de sa génération et de celle d’après: les Diallo (un peu avant), Boye Harouna, Dia, Soueidatt, Thiam El hadj, Yall, Anne Amadou, Bouna Mokhtar, Soumaré Silmane, Moustafa Ould Saleck, Athié Hamath, Diop Abdoulaye… Heidaala,
Dans un autre registre, je me souviens de l’un des premiers pilotes, si ce n’est le 1er (à vérifier) d’Air Mauritanie. Il était originaire de Bababé et s’appelait (comme il se doit) Ba Abdoul Karim. J’avais poussé la passion jusqu’à retenir la plaque minéralogique de sa Renault 16. C’est dire!
Je m’en voudrais évidemment d’oublier mes idoles du GARIM (Groupe aérien de la RIM); Militaires ceux-là. Ils étaient aussi rares que l’armée de l’air mauritanienne était symbolique.

Du moins à l’époque (3 avions). Ils s’appelaient Kader, Ndiaye Diack (qui, sauf erreur de ma part, était aux commandes de l’avion qui transportait le colonel Bouceif), Je le revois encore arborant des Ray Ban, lunettes préférées des pilotes, Diabira qui, lui, était lieutenant et… Toumani Sidibé.

Toujours sauf erreur de ma part, Kader était le chef de ce qui tenait lieu d’armée de l’air. Ils furent les précurseurs
Ndiaye, Diabira, Sidibé .Ils méritent ce matin, plus que jamais, notre reconnaissance et notre souvenir. Je ne sais s’ils avaient eu 12 de moyenne. Et en tout cas pas pour cela! « Avec le temps va, tout s’en va ».

Tijane Bal
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