Réponse à l’article paru sur CRIDEM de M. Cheiguer, Président de l’ANEJ ? concernant les incendies en Amazonie

Réponse à l’article paru sur CRIDEM de M. Cheiguer, Président de l’ANEJ ? concernant les incendies en AmazonieAmbassadeur du Brésil | Mauritanie – Monsieur le Président,

Comme suite à votre article concernant les incendies au Brésil. Toutefois, je voudrais vous apporter quelques éclaircissements en ce qui concerne la situation actuelle dans la région amazonienne. Tout d’abord, chaque année des feux de forêts apparaissent au Brésil et actuellement, nous traversons la période la plus critique pour les brûlis.

En ce moment, le gouvernement brésilien intervient par le biais de l’Ibama (Institut brésilien de l’environnement et des ressources de la biodiversité), ainsi que par l’ICMBio (Institut Chico Mendes de conservation de la biodiversité), et conjointement avec les Etats concernés, pour contenir les foyers d’incendie.

En 2019, le ministère de l’Environnement a maintenu le programme des brigades fédérales des pompiers de l’Ibama et de l’ICMBio. Le gouvernement brésilien apporte tout son soutien aux Etats en situation d’urgence, tel que le secours procuré à l’Etat de Rondônia.

Les moyens financiers pour contrôler les incendies restent à des niveaux semblables à ceux de l’année dernière et ce, en dépit de la crise économique. 2.409 pompiers du gouvernement fédéral sont en cours d’intervention et à la disposition des gouvernements d’Etats – un contingent supérieur à la moyenne des années précédentes.

Le Brésil est une référence mondiale en matière de combat terrestre des feux de forêt et coordonne le Réseau sud-américain des feux de forêt, fournissant formation et assistance à d’autres pays. Presque tous les incendies détectés en 2019 sont de niveau 1, le plus faible d’une échelle allant jusqu’à 3. Les incendies en cours ne sont pas hors de contrôle.

La protection de la forêt est un devoir du gouvernement brésilien. Les autorités en sont conscientes et agissent pour lutter contre la déforestation illégale et toute autre activité criminelle qui mettrait l’Amazonie en danger.

Il faut rappeler que dans cette région vivent plus de 20 millions de brésiliens qui, depuis des années, attendent un dynamisme économique proportionnel aux richesses qui y existent.

Pour protéger l’Amazonie, les opérations de surveillance, commandement et contrôle ne suffisent pas. Il faut offrir des opportunités à toute cette population afin qu’elle se développe en même temps que le reste du pays. C’est dans ce sens qu’œuvrent tous les organismes gouvernementaux.

Le Brésil est prêt à agir de manière souveraine, conformément aux instruments internationaux auxquels il appartient et à sa propre politique gouvernementale pour mettre en œuvre des mesures concrètes pour lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts, en particulier en Amazonie.

Néanmoins, le Brésil rejette avec fermeté toute suggestion d’action qui pourrait mettre en doute la souveraineté de son territoire. Cela est clairement considéré comme une politique équivoque de traces néocolonialistes.

Monsieur Cheiguer, comment vous, qui devez si bien connaître les maléfices que le colonialisme a apporté au continent africain, pouvez-vous, en plein XXIème siècle, appuyer une politique si clairement colonialiste qui considère légitime de s’approprier une partie d’un Etat souverain ?

Cordialement,
Leonardo Carvalho Monteiro
Ambassadeur du Brésil en Mauritanie

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