De Bilal El Weli à Sid’Ahmed Taleb : la longue marche vers l’égalité sociale

Resultado de imagen de mouvement el hor mauritanieS’il est un ‘thème’ que les Mauritaniens abordent souvent avec prudence, méfiance et hypocrisie, c’est bien celui de la place la communauté Haratines dans la société Mauritanienne.

L’angle sous lequel ce thème était perçu par les premiers mouvements de luttes (Ekhouk, El Hor), des années 80, était celui de l’esclavage, pur et dur, c’est-à-dire, un système social où un individu pouvait prétendre avoir le ‘droit’ de vie et de mort, sur un autre individu.
Cette perception est aujourd’hui quasiment ‘désuète’, grâce à la radicalisation et à l’amplification des luttes menées par les organisations de défense des droits de l’homme, des partis politiques d’opposition et des lois incriminant l’esclavage, décrétées par la pouvoir, sous la pression de la communauté internationale.
Désormais, c’est l’égalité sociale et économique qui handicape l’intégration et qui donne à la lutte de nouvelles formes et une autre dimension. Une égalité, pourtant acquise, grâce au savoir, à la sagesse et à l’endurance des premiers précurseurs de l’aristocratie Haratines, qui les a émancipés, certes, dans leurs cercles familiaux, restreints, mais qui n’a jamais pu englober toute leur communauté. Était-ce, d’ailleurs, ça leur objectif ? Et pouvaient-ils réussir autant, si une telle ambition était formellement affichée?
Bref, la liste des personnalités Haratines, à travers l’histoire et les régions du pays, qui ont pu transcender le statut de ‘Memlouk’, l’extrême injure, et atteindre le rang de notables respectée par tous, prouve qu’il y a continuité dans la volonté d’émancipation et de promotion d’un certain leadership Haratines.
Ce flambeau, à peine allumé, alors, ne s’éteindra plus. Bien au contraire, les formes de lutte ont évolué, au fur et mesure que la société Mauritanienne avançait dans le temps, et en relation directe avec les possibilités d’accès au savoir, et au mode de travail salarié, que la colonisation, puis l’indépendance, puis la mondialisation, ont ouvert à cette communauté.
Pour en arriver au stade où la question se situe aujourd’hui, et où elle cesse d’être considérée comme une fatalité éternelle et sans remède, à celui de ‘plaie’ sociale, pronostiquée, et en voie de disparition, il a fallu que des hommes et des femmes, sacrifient leur jeunesse, leurs études, leurs emplois et parfois leur vie.
L’objectif principal, c’est-à-dire l’égalité en droits, l’extinction totale des injustices sociales et économiques, est loin d’être gagné. Il doit se traduire dans un chantier national prioritaire, où l’Etat et les forces vives du pays doivent s’atteler à sa réalisation.
La liste de ces hommes, dont certains furent longtemps méconnus, ignorés, ou bannis, est longue pour être citée ici, en espérant sa reprise prochaine dans les manuels scolaires des écoles de la République.
Je cite, de manière tout à fait spontanée (mais pas au hasard), six noms de personnalités-phares, appartenant à trois générations différentes (2 par époque), ayant apporté, chacun à sa façon, une contribution majeure à la lutte contre l’injustice sociale en Mauritanie
Bilal Ould Mahmoud, alias Bilal El Weli (le Saint)
Hommodi Ould Mahmoud, philanthrope
Saïd Ould Hommodi (Forum des droits Haratines)
Boubacar Ould Messoud (SOS-esclaves)
Brahim Bilal Ramadhan (Forum Sahel Education)
Sid’Ahmed Ould Taleb (actuel ‘Ministre-Laboratoire’ de l’Emploi, de la jeunesse et des Sports)

 

Ahmed Limdessem
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