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Remarques sur le discours du President DIALLO Mamadou Bathia

Commençons par le plus facile : la critique! Dans son discours prononcé à l’occasion de l’investiture du nouveau President de la République, le Président du Conseil Constitutionnel a failli , sans doute volontairement, au scaro-saint devoir de neutralité du juge .
En effet , en exaltant , avec un enthousiasme débordant,dans un discours fleuve les qualités éminemment politiques du President élu, après avoir livré un témoignage émouvant sur son propre engagement en tant que politicien sous l’égide du President sortant , le President Diallo Bathia , s’est mis dans la situation incongrue de l’arbitre d’un match de football qui culbute pour exprimer sa joie suscitée par un but que l’une des deux équipes en compétition vient de marquer !
Cela dit , il conviendrait de relativiser dans le contexte mauritanien (vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà) , ce jugement qui reflète l’influence absolue du catéchisme , au demeurant captivant , de la fameuse séparation des pouvoirs ..
Nul n’ignore que dans ce pays , ‘l’élite mauritanienne bien pensante  » incarnée par le President Diallo , s’est divisée à l’aube de ce qu’il est convenu d’appeler  » le processus démocratique  » par rapport à l’attitude vis à vis du régime militaire .
A l’opposé de ceux qui ont choisi la voie insurrectionnelle ou de ceux qui ont pris le chemin de l’Exil , Monsieur le President fait partie de ces technocrates et autres hauts cadres majoritaires qui ont , consciemment, composé avec la réalité de leur pays.
Faut – il rappeler que ce réaliste en chef qui avait rompu avec ses penchants révolutionnaires de jeunesse , était déjà au cœur du projet de démocratie municipale initiée , en plein régime d’exception en 1986 et que plus tard , il fut , à l’ère du multipartisme, au sein du PRDS , un dirigeant du courant des jeunes loups VF ( venant de France ) lequel croisait le fer , au sein du même parti , avec leur aînés dits  » Zoulous  » , avant d’être appelé , dans un autre contexte , pour sauver l’UpR d’un naufrage certain ??
C’est dire qu il serait , quelque part , naïf de demander à un indéboulonnable politicien de laisser une si belle occasion passer sans dire , en marge de son boulot , sa vérité …ne serait ce que pour faire taire les attaques , parfois indignes , lancées contre lui par ses adversaires politiques .
C’était , donc , une manière de dire aux opposants prompts à donner des leçons que sa riche expérience politique n’a pas été un échec et qu’il a le sentiment voire la conscience tranquille d’avoir servi son pays la où ils ont , le plus souvent , lamentablement échoué
En inscrivant sa vision pragmatique dans le processus de la lente transition démocratique du pays , le President du Conseil constitutionnel pouvait bien se payer le luxe de faire l’éloge de l’alternance pacifique au pouvoir intervenue , pour la première fois dans l’histoire de la Mauritanie, entre deux présidents élus. Il voulait , surtout , adresser , â qui voudrait bien l’entendre , un message qui tient à sa chance ( eh oui, les guignards n’ont pas de place dans la gestion des affaires publiques ! ) d’avoir été au rendez vous de l’Histoire , dans des épisodes marquants de la vie politique nationale .
En évoquant, prosaïquement, son attachement indéfectible à l’unité nationale , il a dévoilé ã ses détracteurs sa détermination de ne pas se laisser intimider par la sévérité des critiques qui pleuvent, de toutes parts , à son encontre ..
En s’efforçant de parler en arabe , il a voulu dire à ce qui lui reprochent sa francophilie que la langue arabe est avant toute autre considération, un patrimoine culturel pour tous les Mauritaniens et que la stupide guerre des langues , alimentée par les intérêts égoïstes, d’une certaine élite, n’est pas la sienne ..
En insistant sur la diversité culturelle en tant que richesse et sur l’islam en tant que facteur d’unité, le Président du conseil constitutionnel était dans son rôle qui consiste à rappeler les fondamentaux .
Le technocrate qui, en bon malikite , pratique l’obéissance à l’Autorité, aurait pu , néanmoins , gagné en termes de sincérité s’il avait placé sa vision de l’histoire politique du pays sous l’angle juridico- administratif de la continuité de l’Etat, en évoquant l’expérience des municipales de 1986 et , aussi , le déclenchement du processus démocratique… dans lesquels il avait joué un rôle prépondérant.
Mais , à sa décharge, il serait , plus prudent et autrement plus politiquement correct, aujourd’hui, de parler du temps romantique de « la Mauritanie contre vents et marrées  »
En revanche , il est bien difficile de comprendre pourquoi , Monsieur le President a proposé, dans son menu alléchant , le thieboudjene … au détriment du Couscous? ,,,Mais ça c’est une autre histoire ..mauritanienne..
Abdel Kader Ould Mohamed

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