Avant d’arrêter de critiquer Aziz, quelques vérités /par Babbah Sidi Abdallah

Le 1er août 2019, le président mauritanien sortant Mohamed Ould Abdel Aziz (Aziz) va passer le pouvoir et l’autorité au président élu, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani(Ghazouani), après les tours de passe- passe du premier pour maintenir son autorité et remettre à son successeur un pouvoir vidé de sa substance.

 

Nous avons tous été témoins de la dissolution du Sénat qui a rejeté le troisième mandat, de la tentative de circonscrire les députés pour légitimer le troisième mandat et de la déclaration de l’armée mauritanienne refusant le troisième mandat, laquelle fut attribuée à Aziz alors en mission personnelle aux Emirats Arabes Unis. Nous avons également assisté aux actions et aux réactions d’Aziz et de Ghazouani, lors des dernières élections présidentielles, étaient lesquelles ressemblaient plutôt à des coups assenés au dessous la ceinture.

Le jour où il annonça sa candidature à la présidence, Ghazouani a voulu imprimer un caractère moral à son discours politique et les renseignements ont d’Aziz ont distillé un appel « moqueur », qu’il suivi d’un deuxième, puis d’un troisième.

La reconnaissance par Ghazouani, dans son discours de candidature à la présidence de l’œuvre de tous les anciens présidents affligea Aziz qui ordonna à certains de ses « plumitifs » de rappeler à Ghazouani qu’il n’est qu’un simple légitimateur après le troisième divorce.

Ghazouani se contint et continua, en évitant l’indécence en parlant de ses concurrents dans les élections présidentielles. Alors Aziz sursauta de son fauteuil et se dandina sur la tribune à l’ouverture de la campagne depuis Nouadhibou, se vantant d’insulter les candidats, y compris Ghazouani lui-même dont il dit textuellement cette fois qu’il est un simple « gardien ».

La réaction de Ghazouani tomba rapidement depuis la capitale du Brakna, en déclarant: « Par Allah, je ne me suis pas porté candidat pour l’argent ni la réputation, mais parce que je crois être capable de servir mon pays … et je ne sous-estime point la compétence et le patriotisme des autres candidats. »

Ghazouani est conscient de ce qu’il dit, car la question de l’argent et de la réputation est très sensible pour son ami Aziz dont beaucoup disent qu’il voue aux richesses un amour inconsidéré et auquel personne ne s’est farouchement opposé et en a rejeté la présidence plus que certains nobles de son groupe et qui y persistent toujours.

Puis l’enthousiasme gagna Ghazouani dans sa campagne, il reconnut la gabegie de l’enseignement et faillit ensuite dire: « comment réformer l’enseignement alors qu’Aziz a vendu et démoli les écoles sur les ruines desquels il a construit des marchés et des commerces? »

Le président sortant (Aziz) est entré dans la présidence et va la quitter suivi par des accusations de pillage et de corruption par lesquelles il s’est démarqué des présidents qui l’ont précédé, comme il s’est les injures, les insultes et la haine de la littérature.

Dès le début, Ghazouani a compris que la présence d’Aziz à ses côtés ne sera pas une bonne chose, mais certains de ses conseillers lui ont suggéré de supporter le moindre mal et de « garder profil bas jusqu’à ce qu’il possède la force ». Sur ce, un lutin des renseignements s’envola rapporter l’information à Aziz auquel une dame et un groupe loi dirent : tu n’aurais pas assez de patience pour supporter ce « marabout. »!!!

Aziz n’est pas stupide et il est sûr que ceux qui ont renié Maawiya (l’abondance) ne resteront point loyaux envers Aziz (la sécheresse) et que la chance est sur le point de l’abandonner.

On craint le témoignage de certains parmi eux sur la  »décennie de la construction » car ils connaissent les détails des marchés de gré à gré, les comptes étrangers, les commissions sur terre, mer et air, voire les détails de certains événements personnels non encore élucidés comme la balle d’octobre 2013.

Les nominations des dix derniers jours de son règne expliquent comment Aziz pensait – à tort – que nommer X ou Y dans une capitale occidentale ou arabe influente le protégerait personnellement de toute responsabilité ou harcèlement le jour où il deviendra un simple citoyen l’après – midi du 1er août 2019.

Seul Aziz a les clés de sa propre protection, en l’occurrence prendre son courage à deux mains et révéler à l’opinion publique, en détails, la liste de biens le jour de son entrée au palais présidentiel le 5 août 2009 et la liste de ses biens aujourd’hui, après dix ans de contrôle du peuple et des ressources du pays.

Il doit prouver qu’il n’a pas attribué de gré à gré, ni par ordre direct et n’a pas profité des marchés de l’Aéroport Oum Tounsi, du Centre des Conférences Almourabitoune, de la Centrale électrique de Nouakchott, de l’éclairage de la route Nouakchott – Nouadhibou, de la construction de la centrale éolienne de Boulenouar et de plus de 150 autres marchés terre, mer et air dont la liste complète documentée se trouve avecplus d’une partie!

Il doit  démontrer, preuves à l’appui que les valises d’Accra relevaient de la bienfaisance, qu’Al- Sanoussi a été extradé sans contrepartie, qu’il n’a rien à voir avec l’allégation de dissimulation et de blanchiment de certains fonds de Ghadhafi dans des établissements bancaires en Mauritanie et au Swatini-ex Swaziland, ni avec les avoirs gelés à Dubaï, ni avec la création de la société AFROPORT et la cession de l’exploitation de l’aéroport de Nouakchott à une société émiratie!

Aziz doit également prouver qu’il a défendu les intérêts de l’Etat et du peuple mauritaniens dans le marché conclu entre Poly Hondong pour la pêche attribué à une société chinoise pour une période de 25 ans de en Chine et le marché de la construction et de l’exploitation d’un terminal à conteneurs et du quai pétrolier dans le Port Autonome de Nouakchott, attribué à une société indienne pour une période de 30 ans.

Il doit prouver qu’il n’a ni commercé, ni concurrencé les hommes d’affaires dans leurs moyens de subsistance par les impôts et l’épée de Damoclès d’une justice inique, et qu’il n’a bénéficié d’aucun avantage économique tiré des pots-de-vin ou du favoritisme dans cercle étroit et au sein de la classe financière qu’il a fait sortir de nulle part pour la hisser au sommet de la pyramide de la richesse insolente.

Il doit prouver qu’aucune des écoles publiques, des zones agricoles, des terrains et des biens immeubles privés ne lui sont pas revenus sous des pseudonymes et que lui et son cercleproche n’ont rien à voir avec les marchés, les projets et les spéculations foncières en résultant et qui constituent de véritables bombes à retardement socioéconomiques.

Le jour où il devient un citoyen commun, Aziz doit sortir des sentiers battus et prouver que la politique étrangère de la Mauritanie et certaines de ses positions diplomatiques n’ont pas été vendues aux enchères régionale et internationale (rupture des relations avec Israël de Doha et par arrangement avec Tripoli et des relations avec le Qatar à partir de Riyad et par arrangement d’Abou Dhabi …) car certains témoins sont toujours en vie et l’enregistrement reste longtemps après le décès de son auteur.

Enfin, Aziz doit cesser de ressasser la chanson de « poursuite de l’approche » et que Ghazouani sera un jouet dans sa main, car le jour où Ghazouani prouvera qu’il est un simple gardien et que son régime constitue la continuation de la malédiction du régime d’Aziz, le sort du pourvoyeur ne sera pas pire que celui du gardien et ni l’argent, ni un reste de moralité, ni les milices, ni des citadelles fortifiées à la campagne et en zone urbaine ne protégeront aucun d’eux.

Babbah Sidi Abdallah

Le Calame

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