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Pour sa deuxième édition, le Festival Korel Nomade joue la carte de l’ouverture

Pour sa deuxième édition, le Festival Korel Nomade joue la carte de l’ouverture [PhotoReportage] Cridem Culture – En Mauritanie, la jeune styliste mauritanienne Bana Korel se bat pour pérenniser son évènement, le Festival Korel nomade.

Pour sa deuxième édition, le Festival Korel Nomade a joué la carte de l’ouverture, en invitant le styliste tunisien Wadi Mhiri et la malienne Fady Maïga. Quant aux créateurs locaux, ils n’étaient pas en reste lors de cet évènement du stylisme et de la création. Et comme l’a dit sa fondatrice, Bana Korel, les choses ne seront plus jamais comme avant, car avec la mode, elle veut faire disparaitre les frontières, « mais aussi de l’esprit », précise-t-elle.

L’évènement s’est déroulé à Nouakchott, du 12 au 14 Juin. Le défilé de mode était son point d’orgue. Un défilé en hommage à la paix et au mannequin malien Idrissa Coulibali, assassiné récemment, dans son pays.

La designer de mode malienne, Fady Maiga, invitée pour la première fois, au Festival Korel Nomade, nous parle d’Idrissa Coulibali, la voix nouée d’émotion. D’ailleurs, la collection qu’elle a présenté ce soir-là lui rendait hommage.

« C’était quelqu’un qui avait donné tout à la mode. Je crois que lui rendre hommage, c’est la moindre des choses. D’autant plus que celle qui m’a invité, Bana [Korel] lui rend aussi hommage ».

A quelques mètres de là, dans les coulisses, les mannequins s’agitent pour enfourner les pièces. Sur le podium, les créateurs défilent…le public apprécie, ce qui lui passe sous les yeux. Cet évènement qui a réuni d’expérimentés couturiers comme Aïss Couture, mère de Bana Korel, a jeté la lumière sur la montée en puissance de jeunes créateurs mauritaniens, à l’image de Oumar Création et Coura Care Couture.

Dans un autre registre, la mode qui questionne, qui s’inquiète, qui s’indigne s’était invitée à ce défilé avec Wadi Mhiri qui milite pour une mode basée sur la sauvegarde d’un patrimoine menacé de disparition, une situation que partagent bon nombre de pays africains. La collection qu’il a présentée lors de ce défilé va dans ce sens.

« Quand je passe dans les souks, rappelle Wadi Mhiri, je vois beaucoup de chinoiseries, beaucoup d’articles qui rentrent dans l’artisanat qui faussent la note et c’est une manière pour moi, à travers cette collection, de dire qu’on a un très bel artisanat et même si mon produit est copié dans l’artisanat, ce n’est pas grave, ça ne fait qu’enrichir notre patrimoine. Je trouve que c’est un combat aussi. En Tunisie, il y’a plein de jeunes artistes et moins jeunes d’ailleurs qui se mettent à redessiner, à revisiter notre savoir-faire ancestral d’une manière plus contemporaine, d’une manière qui correspond à notre vie actuelle qui a changé : ce ne sont plus les mêmes coutumes. Je trouve qu’il y’a des produits qui valent vraiment le coût et en retour, acheter le produit de son pays, acheter mauritanien, acheter tunisien ou acheter malien. Il faut vraiment importer le minimum mais consommer son produit local ».

A côté de ces bouleversements, comment réanimer et laisser vivre dans le temps ? Le Festival Korel Nomade entend jouer sa partition dans cette quête des créateurs africains. L’évènement entend également défendre la communauté créative de la mode, en ayant conscience de son apport aux changements des mentalités.

« Nous voulons encourager les créateurs, les mannequins à prendre en main leur destin, souligne Bana Korel. Et promouvoir aussi l’emploi des jeunes et surtout des jeunes filles. Nous disons non aux mariages précoces. Nous disons non à l’analphabétisation des jeunes filles. Nous ne cesserons jamais d’œuvrer dans ce sens pour que nos stylistes et créateurs rendent les femmes plus belles et rayonnantes et aussi les hommes plus élégants et sobres ».

Le Festival Korel Nomade se veut désormais une référence de la mode en Mauritanie et dans la sous-région. « Chaque artiste est la vitrine de son pays et je trouve que Bana renvoie une belle image de la Mauritanie et qu’elle est à encourager », confie Fady Maïga.

Texte & Photos | Par Babacar Baye NDIAYE

©CRIDEM / (20 Juin 2019)

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