https://c2.staticflickr.com/6/5293/5537225811_d3e1279c14_o.jpg

Ahmed Yedaly : Aux programmes des candidats, deux questions manquent à l’appel

Présidentielles Mauritanie, le spectre de la fraude, encore et toujoursDeux points importants, un ancien et un nouveau, doivent figurer, sans équivoque, dans les programmes politiques des candidats de l’opposition :
1-la question des langues nationales, une question centrale, sur laquelle il ne devrait plus y avoir d’équivoque ni de marchandage.
En Mauritanie il existe 4 communautés, 4 ethnies, culturellement distinctes :
-les Maures, ( Lihratines et El Bidhanes), dont la langue maternelle est l’Arabe
-les Soninkés, dont la langue maternelle est le Soninké
-les Peuls, dont la langue maternelle est le Poular
-les Wolofs, dont la langue maternelle est le Wolof
Avant la colonisation, et en l‘absence d’un pouvoir (Etat) central, la langue Arabe, langue écrite, celle de l’ethnie ‘dominante’, de la religion et de la communication avec le monde musulman et ses lieux Saints, avait une certaine longueur d’avance sur les autres langues en Mauritanie.
Et, c’est ainsi qu’au moment de l’indépendance, la langue Arabe s’est ‘imposée’ comme langue nationale pouvant prendre le relais de la langue du colon, le français.
Le premier, et seul véritable outil d’indépendance, dont la Mauritanie s’est dotée, en priorité, était sa constitution, qui reconnait l’existence et la différence de ses communautés ethniques et leurs langues.
Depuis cette date, la langue Arabe n’a cessé, ici et ailleurs, de se développer et à se doter de moyens et de techniques modernes, par rapport aux autres langues nationales, restées au stade de langues parlées, ici et ailleurs, en particulier en Afrique de l’Ouest.
Face au chauvinisme arabe naissant, servi par les pouvoirs (Maures) qui se sont succédés à la tête du pays, seul l’Institut des Langues Nationales est resté l’unique témoin officiel de la volonté des pouvoirs publics d’écrire et d’opérationnaliser le Soninké, le Poular et le Wolof.
Le futur Président, démocratiquement élu, devrait procéder à un recensement transparent et fiable, pour situer, statistiquement, les différentes communautés du pays et leur restituer tous leurs droits, y compris et surtout, leurs cultures et langues, dans toute leur plénitude.
Quant au français, cette langue qui nous unit et nous divise, la langue de Molière, certes, mais aussi de Victor Hugo (qui a aimé l’Islam et son prophète), de Malraux, qui s’est battu pour que d‘autres peuples se libèrent, de Bourvil et de Funès, qui nous ont fait rire, cette langue dis-je, doit savoir garder sa place et es distances.

2-le deuxième point à inscrire aux programmes des candidats est celui de l’instauration du service militaire national obligatoire. Cette école du patriotisme, de la citoyenneté et du courage, instaurée dans le monde entier, fait défaut dans notre pays. Cette école qui attribue à chacun de ses ‘élèves’ un numéro matricule, en lieu et place de sa tribu, de sa communauté ethnique, de son rang social ou scolaire, a bien sa place dans un pays où l’unité nationale gagne à être cultivée et entretenue sur des bases d’égalité et de justice.

Ahmed Yedaly

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire