https://c2.staticflickr.com/6/5293/5537225811_d3e1279c14_o.jpg

Election présidentielle du 22 Juin 2019: peut-il passer dès le premier tour? (suite et fin)

Election présidentielle du 22 Juin 2019: peut-il passer dès le premier tour? (suite et fin)Ely Ould Krombelé3/Kane Hamidine Baba

……Toute entité a le droit de revendiquer la justice,l’égalité des chances etc mais auprès de l’Etat central sans indexer une autre communauté. Ainsi pour une course à la magistrature suprême on ne peut vouloir être président de la république et se tirer soi-même une balle dans le pied, en dénigrant les électeurs dont on est supposé solliciter le suffrage.

Car une élection présidentielle avec plusieurs candidats en lice,se gagne généralement avec les voix du centre,rarement des extrémes. BHK, en intellectuel modéré,ayant une stature nationale voire internationale,mérite mieux que d’être embarqué sur l’autel de l’intolérance.

Il doit bannir ce discours sectaire émanant d’extrémistes que rien ne peut consoler, en s’adressant à toutes les franges de notre société,afin de ratisser large. S’il va dans ce sens,il ferait au moins 10%,car 70% des gens de la vallée voteront sans doute pour la coalition « Vivre ensemble ».

Le problème est qu’à l’instar de ses collègues de l’opposition,son vote est plombé par la loi de dispersion,car nous savons qu’en dehors du vide dont la « nature a horreur » tous les milieux sont dispersifs et notre structure polygonale à quatre candidats ne saura souffrir d’exception au soir du 22 Juin.

Puisque BHK, SMOB, MOM et enfin BAD puisent dans le même abreuvoir,subiront-ils la vieille logique arithmétique des partages inégaux, et qui empêche l’un ou l’autre de dépasser le seuil des 12%. Pour dire vrai, il y a deux candidats de trop, même si on ne tenait pas compte de l’impact sur le déroulement du scrutin de l’ »outsider » Ould Mortéji.

Cependant il suffit du désistement de deux candidats parmi les quatre ci-dessus mentionnés pour qu’un second tour devienne possible le 22 Juin 2019. En dehors du scénario peu plausible du désistement, le candidat de la majorité Mohamed Ould Ghazwani est sûr de passer dès le premier tour avec un score honorable se situant entre 52 et 56%.

4/Biram Abeid Dah (BAD)

Incontestablement,il a redessiné le microcosme socio-politique de Mauritanie, fait bouger les lignes de démarcation du conservatisme moyenâgeux qui sommeille encore au sein de nos communautés nationales. Descendant d’esclaves,il utilisera la lutte contre l’esclavagisme comme tremplin à même de prendre la voie la plus rapide vers le palais.

Beaucoup de ses partisans y croient et rêvent de voir un noir accéder à la magistrature suprême.Mais avant il eût fallu brûler les enseignements religieux de rite malékite,injurier les savants musulmans, les « maures blancs », les notabilités négro-mauritaniennes dont il sollicite pourtant les voix pour le scrutin du 22 juin, et servir en plus de cheval de Troie à l’Etranger, ou se muer en spécialiste de la manipulation etc..

Ce réquisitoire à charge est trop épais pour un prétendant à la magistrature suprême .. Biram, au lieu de faire la psychanalyse de sa conscience, en sachant que les symboles même rétrogrades sont sanctuarisés et qu’il faudra un temps de clepsydre pour que les traditions s’étiolent d’elles-mêmes, non, Biram (encore lui) heurte plutôt la sensibilité de la majorité silencieuse,casse les codes de manière peu pédagogique en ouvrant ainsi la boîte de pandore.

Malheureusement pour lui les artères qui mènent vers le palais en 2019 sont bouchées.En effet BHK et Mohamed Ould Maouloud, et dans une moindre mesure Ould Boubacar évoluent dans la même ère géo-socio-culturelle que lui.

Que ce soit les Mauritaniens de la diaspora,les ouvriers des centres urbains, ou certains jeunes Haratines excités, ou l’appui intéressé des ONG, nationales ou internationales qui voteront Sawab, le score de Biram ne dépassera pas les 11%.

Car je vois mal un Peulh bon teint, altier, une fois dans l’isoloir voter pour un « Hardané », mais également un notable Soninké. Même les Adwabas peuplés d’anciens esclaves maures,s’intégrant petit à petit dans les arcanes tribaux, désormais parties prenantes et ayant leurs mots à dire,ne voteront pas tous Biram.

Les tendances Boidiel et Messaoud Ould Belkhair, sommités dans la défense des Haratines,ne voteront pas Biram. Que lui reste-t-il alors le soir du 22 Juin? L’amertume, le sentiment d’injustice flagrante, la certitude qu’on » lui a volé sa victoire », et qu’il  » y a eu de la fraude massive sinon lui serait 1er ou tout au moins en 2ème position », donc au 2ème tour,alors probable futur président de Mauritanie.

C’est en imaginant ce cas de figure qu’il a voulu récemment tendre la main à l’opposition.Cette opposition dont il s’est toujours méfié et qu’il a maintes fois vilipendée.

5/ Le candidat favori Mohamed Ould Ghazwani:

Cet homme est chanceux ,né sous une bonne étoile.En 1989-90, il était en stage en Jordanie, loin des tumultes et autre chasse à l’homme de part et d’autre du fleuve Sénégal. Environ une décennie plus tard,suite au coup de poignard du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi administré aux généraux chefs de corps un certain 6 Août 2008,Ghazwani était à l’intérieur du pays.

Enfin en 2019 tous les mastodontes de la politique locale tels Ahmed Ould Daddah,Messaoud Ould Belkheir, Boidiel Ould Houmid et qui pouvaient le contraindre à un deuxième tour,sont soit atteints par la limite d’âge,soit avec lui.

Ce n’est point Sidi Mohamed Ould Boubacar avatar de Ould Taya sans le résidu nassériste,ni Mohamed Ould Maouloud adepte du régime sec et fade de moines bouddhistes tibétains, ou le nombrilisme infantile des compagnons de Baba Hamidine Kane, et encore moins le prosélytisme d’un Biram, qui entameront la course de Mohamed Ould Ghazwani vers le palais présidentiel dès le 22 Juin, au soir.

Cet ancien chef d’Etat-Major de l’Armée mauritanienne pendant une décennie, se pose en futur chef suprême des forces armées et de sécurité, capable de relever le défi sécuritaire dans un environnement en totale ébullition. La paix et la sécurité d’abord, pour le reste on verra!!!

D’autre part les supputations qui consistent à vouloir créer de la zizanie entre Ghazwani et le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, ne sont que théories dolosives mensongères au service d’adversaires politiques en manque d’arguments tangibles. La preuve le prétendu soutien du président Aziz au candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar.. Balivernes!!!

Ghazwani une fois président jouera son rôle de chef d’Etat. Et Aziz en tant qu’ancien président est libre d’aller se reposer dans son ranch, ou de se promener dans les rues de nouakchott. Il peut aussi être sollicité par le nouvel homme fort car son expérience surtout en géo-politique et en géo-stratégie (initiateur du G5) est indispensable pour le pays.

L’ancien président François Hollande est très actif encore sur la scène politique française. Ceux qui veulent effacer une amitié légendaire et une complicité vieilles de plus de 40 ans, à rendre jaloux des siamois, se trompent sur la robustesse psychologique de nos deux présidents sortant et probable entrant.

Au lieu de chercher la petite bête,il faut surtout souhaiter au futur président bonne chance. Qu’il combatte la pauvreté, la gabegie, l’injustice,qu’il garantisse notre intégrité territoriale, notre indépendance économique.

Qu’il tende la main à tous les mauritaniens pour un premier gouvernement représentatif de toutes nos composantes nationales.

Qu’il réconcilie tous les mauritaniens de l’intérieur et de la diaspora. Bref qu’il parachève tous les projets que Ould Abdel Aziz avait déjà commencés, à savoir l’ancrage de la Mauritanie dans le concert des nations modernes.

On ne peut juger Ould Ghazwani sur son bilan mais de manière sommaire que 100 jours après son investiture et entièrement qu’après une durée de deux ans passés au sommet de l’Etat./.

Ely Ould Krombelé, France

Bonne fête d’Aïd El Fitr à tous les mauritaniens.

Via cridem
Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire