L’aspect religieux, un domaine omis dans les programmes des candidats à la présidence

Fédérateur, éducatif et civilisateur, le secteur religieux est tout aussi important que le politique, le social ,le culturel et l’économique.

Le régime actuel et les candidats à la présidentielle de juin prochain  ne semblent pas prendre en compte ces considérations.  Un  laissé –aller dresse  ce domaine, en  un frein de blocage à tout  progrès et émancipation devant les gens du bled.

L’état des lieux est alarmant. Tant au niveau  des mahadras et mosquées qui incarnent ce domaine , qu’au niveau  des médias officiels qui véhiculent sa mission.

1.Les  Mahadras urbaines

Dans la boutique du quartier, la baraque du gardien, sous  l’arbre au coin de la rue, ou dans   l’arrière cour d’une mosquée, une cohue  de gamins, malpropres et mal habillés, entassés les uns les autres, assis  à même le sol, psalmodient machinalement à haute voix, des paroles incompréhensibles, sous l’œil menaçant d’un gaillard , balançant, d’une main à l’autre, une cravache au dessus de leurs têtes.

2. Les mosquées

Dans la plupart des quartiers, les maisons d’Allah , ressemblent plus aux restaurants « bord de route» entre les villes du pays  . On y passe, le temps d’une pause et on repart.

Encore faut-il  y trouver des vestiaires en bon état,  un peu d’eau, pour se purifier, condition sine- quanun ,  à toute pratique religieuse, un sol carrelé ,ou tout au moins, couvert  de nattes ou tapis propres.

L’autorité de l’Imam se limite à diriger les prières obligatoires ; Le muezzin, se suffit  à faire  l’appel  à celles-ci, par voie d’un haut parleur, dans la plupart des  cas, gazouillant à réveiller en sursaut les bébés, pulser la tension artérielle des femmes enceintes, perturber les élèves qui révisent leurs leçons à la maison, ou angoisser  les malades  cardiaques.

Les demandeurs d’argent « pour construire  d’autres mosquées » et les Dou3att-prêcheurs, ont pris en otage ces lieux. Ils importunent les prieurs, par des « rappels » alarmistes et désespérants, n’évoquant jamais l’aspect gaieté, joie de vivre et confort intérieur que cultive notre belle religion, l’Islam.

Comme, si Allah,Tout Puissant  n’a pas créé ce monde ici bas, pour la jouissance de Ses créatures, avant celle de l’eau delà :

« On a enjolivé aux gens l’amour des choses qu’ils désirent: femmes, enfants, trésors thésaurisés d’or et d’argent, chevaux marqués, bétail et champs; tout cela est l’objet de jouissance pour la vie présente, alors que c’est près d’Allah qu’il y a bon retour ».(Coran,S3 V14)

 

Ces illuminés « prêcheurs »savent-ils qu’ils ne font qu’écarter et éloigner les jeunes et les non musulmans de l’Islam ?

3. Les médias officiels

Plus du quart des programmes radios et TV, sont réservés  au domaine religieux, non pas,pour  cultiver un apport intellectuel  ou spirituel positifs, chez les auditeurs et téléspectateurs mais, faute de créativité et par paresse,  pour meubler le temps d’antenne.

Les responsables de ces institutions de communications  se contentent de reprendre, à longueur de journée, en boucle, les mêmes émissions, en alternance avec de la pub de mauvais gout, bien payante celle-là !!!

Le décor illustrant les  programmes  audio visuels est  souvent incarné par une  tente nomade, équipée de porte bagages, coussins, nattes et ustensiles traditionnels, dont le but avoué n’est autre qu’ancrer  dans les esprits faibles, la vie moyenâgeuse des ancêtres. Un regard, plus tourné vers le passé que l’avenir qu’encouragent des  « foughahas », éjectant sans censure, un sérum périmé, made in la badiya d’antan, ou Wahabisme abrutissant et rétrograde.

Les découvertes scientifiques, les miracles du Coran, l’explication de celui-ci, en langues nationales (hassaniya en premier), l’amour de la propreté (  الطهارة ),l’avenir et l’ouverture des jeunes sur le monde contemporain , les ambiances festives et rencontres interethniques , ne trouvent pas (ou peu ) de place dans les émissions radio et TV.

 

La  sacralité du nom  et parole d’Allah et son  Prophète(PSL),  annihilée !!!

Il n’est que prendre un taxi, ou bus de transport, passer au marché ,dans la rue ou simplement ,rentrer chez soi ,sans écouter les hauts parleurs débiter les paroles d’Allah , dans l’indifférence totale de celles et ceux qui sont sensés les écouter ATTENTIVEMENT avec  silence et méditation , comme stipulé dans la Sourate SOURATE 7  AL-A˒RĀF,versets 203 et  205 : »

 

وَإِذَا قُرِئَ الْقُرْآنُ فَاسْتَمِعُوا لَهُ وَأَنصِتُوا لَعَلَّكُمْ تُرْحَمُونَ

 Et quand on récite le Coran, prêtez-lui l’oreille attentivement et observez le silence, afin que vous obteniez la miséricorde (d’Allah).

وَاذْكُر رَّبَّكَ فِي نَفْسِكَ تَضَرُّعًا وَخِيفَةً وَدُونَ الْجَهْرِ مِنَ الْقَوْلِ بِالْغُدُوِّ وَالْآصَالِ وَلَا تَكُن مِّنَ الْغَافِلِينَ

Et invoque ton Seigneur en toi-même, en humilité et crainte, à mi-voix, le matin et le soir, et ne sois pas du nombre des insouciants ».

 

Sur les pages face book, d’aucuns n’hésitent plus à mettre en lieu et place de leur photo de profil, le nom sacré d’Allah ou son prophète (PSL) . Les messageries internet abondent de vidéos, sourates coraniques, Hadiths échangés abusivement pour argumenter polémiques et banalités futiles.

 

A la lecture de ce panorama religieux, bien de chez nous, il apparait clairement que les pouvoirs publics (présidence, primature, ministères de l’orientation islamique et enseignement originel, de la culture, de l’enseignement supérieur et nouvelles technologies, haut conseil de la Fatwa ..), persistent consciemment , par leur  parrainage de cette Seiba religieuse ambiante, à  tirer par la queue, notre chameau  de transport ,  vers les horizons de  progrès et émancipation.

 

S’il me venait de proposer aux candidats des prochaines élections présidentielles, quelques reformes pour réhabiliter  et se servir à bon escient de  ce domaine religieux, ils n’ont qu’à :

  1. Eriger en établissement d’intérêt public, les mosquées  et les doter d’un statut juridique  particulier et d’un staff directionnel de gestion et suivi, rattaché au ministère de l’orientation islamique et non aux communes et/ou aux opportunistes.

 

  1. Confier la construction des mosquées au département de l’urbanisme et aménagement du territoire. Planifier et élaborer les critères et raisons de construction des mosquées en les insérant dans le cadastre national.

 

  1. Fusionner les mahadras urbaines dans les écoles maternelles et jardins d’enfants. A défaut, imposer à leurs  cheikhs  des conditions minimales d’hygiène et moyens didactiques modernes.
  2. Créer (ou réhabiliter) un département des Aoughafs (contributions  de mécènes, zakat …) dont les fonds sont destinés au fonctionnement des mosquées et mahadras

5.  Interdire l’usage des hauts parleurs dans les mosquées  car,

a) Du temps du prophète (PSL), il n’y’avait pas ces engins pollueurs. Donc, pas recommandés

b) Les mosquées sont équipées de minarets inexploités.

c)  Chaque citoyen dispose d’un téléphone ou montre programmable aux  horaires de prière et une alerte sonore, pour lui permettre  de ne rater aucune prière, s’il veut !

 

Sur ce,

« Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent la Ṣalāt, acquittent la Zakāt et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage ». ( Coran,S9,V71)

Bonne fin de Ramadan !

Ely Salem Khayar

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