Aicha Amar : « En 2 jours tu vas gagner poux. Si tu donnes moi, 1000 ouguiya.  »

Resultado de imagen de grigri pour  attirer la chance  imageLoin de la politique, une digression, comme on est pas encore à l’énième divagation près, une de plus ne fera déborder le vase .
À propos des sciences occultes.
Fine barbichette, visage émacié, le jeune homme aux abords insolites marmonna des mots, que je pensais injures’ tant son visage était fermé, ses traits tirés. Je me rendis compte plus tard que son état d’âme est conséquent de son appréhension de perdre un marché potentiel.
Les pratiques occultes sont un business qui nourrit ses hommes.
« En 2 jours tu vas gagner poux.
Si tu donnes moi, 1000 ouguiya.  » parvient il a émettre vaillamment.
Le jeune nigérien, qui m’aborda à la lisière des murs branlants de l’issue Est du marché du ksar, traduit en hassaniya approximatif, son discours promotionnel, après son message vain en français.
Comme pour me convaincre, il accorda son pas au mien, et promptement, extirpa de sa bandoulière un ensemble d’objets hétéroclites, les yeux embués, redoutant de rater l’occasion d’apporter de quoi manger ce soir.
Le trouble causé par la misère de mon interlocuteur, céda place à l’étonnement.
Un long débat de sourds s’ensuivit, je compris par la suite, en interpellant mon intuition, ce qu’il signifiait par poux.
Quand, je lui divulgua mon statut social, en bon pragmatique, il me lança triomphalement, « ente wezir », je le pria alors d’apporter les punaises, les puces, en plus des poux, .. sur ce, je lui glissais un minable billet, très peu pour de si grands projets.
L’apparition de ces vendeurs d’illusions dénote d’une réelle crise ontologique que nous traversons.
Tout le monde se rappelle du yéménite, invité et relayé par les médias locaux. Celui la même qui administrait des anti anxiolytiques mélangés à d’autres substances pour soigner “ la folie”, en addition à ce qu’il prétend être الرقية الشرعية
Sans oublier des pratiques qui frisent l’idolâtrie vouées à des des individus en réalité peu probes .
Notre détresse sustente des transfuges du désespoir.
Refoulés des riches contrées; ils prospèrent grace notre angoisse existentielle .
Un signe révélateur de notre condition, de sa décadence .
On ne sait plus, finalement à quel saint se vouer, pour nous réaliser.
Une perte de confiance en soi, résultante de cette insécurité que nous inspire la situation de ce désert pourtant si fertile.
Je ne peux terminer sans saluer la perspicacité du jeune apprenti sorcier d’avoir percé la préoccupation majeure des mauritaniennes, celle d’avoir  » un poux » quelque soit l’âge et les circonstances.
Le fait qu’il m’aborda en est preuve édifiante.
Seulement, il s’est trompé de genre quant à la deuxième offre : devenir « wezir » est le rêve, le vœux le plus cher, l’ambition du Mauritanien, un signe de masculinité que l’on accepte les yeux fermées, brûlant toute attache, qui ose un passé honni.

Aicha Amar

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