https://c2.staticflickr.com/6/5293/5537225811_d3e1279c14_o.jpg

Election présidentielle de 2019: A chacun son candidat (suite et fin)

Election présidentielle de 2019: A chacun son candidat (suite et fin)Ely Krombele – Personne ne peut venir à bout de la complexité de la psychologie humaine et ses profondeurs, dans l’absolu.

Cependant le stimulus de l’homme face à telle ou telle situation le trahit souvent et permet aux observateurs avertis, aux sociologues de dégager une grille de lecture le plus souvent satisfaisant une étude comportementale de l’individu en question, ou répondant à la tentative d’explication et de compréhension à ses réactions. Loin de moi la prétention à vouloir m’ériger en adepte de la psychologie cognitive encore moins en sociologue comportementaliste.

Mais pour le cas du président Mohamed Ould Abdel Aziz, je constate que les propos de l’homme quant à son départ du pouvoir en 2019, ne suscitent qu’appréhension auprès de beaucoup de mauritaniens, partisans ou adversaires politiques.

Et pourtant n’en déplaisent à ses détracteurs, Aziz n’est pas un idéaliste mais un réaliste. A la question: Aziz va-t-il céder le pouvoir en 2019 comme le prévoit la constitution? La réponse est oui !!!

Si le président Aziz avait l’intention de briguer un 3éme mandat, il n’aurait pas attendu l’année de l’Election pour déclencher tous les mécanismes ad hoc. Mais il aurait plutôt agi depuis au moins en 2015 ou 2016, un ou deux ans après l’entame de son second mandat. Les nombreuses campagnes des ressortissants dans les différentes wilayas, les récentes sorties des députés de la majorité pour un 3éme mandat, « font chaud au cœur », mais ne changeront absolument pas la décision, d’ailleurs que normale du président Aziz à céder le pouvoir à son successeur qui sera élu démocratiquement dans les prochains mois inchallah. Du moment que cela n’empêchera pas Aziz de jouer un rôle effectif si son dauphin venait de l’emporter. S’il le voulait bien.

I/ Pourquoi jouer compliqué quand tout est simple?

Les personnes du président Aziz, du ministre de la défense Mohamed Ould Ghazwani et du président de l’assemblée nationale Cheikh Ould Bayé ont des responsabilités énormes à jouer dans les dix années (2019-2029) à venir. Ils doivent partir du principe que l’homme de manière générale est efficace jusqu’à 70 ans. Au-delà de cet âge, l’homme « vieillit » selon le célèbre psychologue Henri Bergson. En effet il devient comme un enfant: capricieux, susceptible, fragile mentalement et surtout il croit avoir toujours raison. Si Aziz en bon patriote n’a pas mordu au piège de la tentation du tripatouillage de la constitution, il en sortira plus que grandi. Le contraire m’aurait étonné à plus d’un titre, car la priorité des enjeux c’est d’abord l’ancrage de la démocratie et surtout la stabilité de la Mauritanie. Autrement:

1/ il aurait commencé les manœuvres du 3éme mandat deux ou trois ans auparavant, en vue d’étouffer toutes les contestations de ses adversaires avant l’échéance;

2/Il ne se serait jamais séparé de l’ancien premier ministre Yahyé Ould Hademine, très doué là où ça peut cafouiller;

3/Aziz aurait prorogé la limite d’âge des officiers, surtout des officiers-généraux (et pourquoi pas de tous les travailleurs), permettant ainsi à Ghazwani de rester chef d’Etat-Major des Forces Armées et de Sécurité, au-delà de 2019.

4/ Toutes ces entreprises sont liées à une approbation même tacite de la communauté internationale, occidentale surtout, singulièrement la France avec laquelle la Mauritanie entretient des rapports vitaux, en matière de ressources énergétiques, de défense et de lutte contre le terrorisme.

5/Reste la condition sine qua non à toute décision humaine : la volonté d’Allah. Allah a guidé le président Aziz sur la voie de la raison, certes en surprenant tous ceux qui ne connaissaient ou qui ne veulent voir en lui que le côté fougueux. Alors pourquoi « compliquer le réel quand la raison peut le simplifier? »

Si, au mois de Mars 2019, l’UPR propose Ghazwani, qui jouit d’une grande notoriété auprès de la majorité du peuple mauritanien, et s’il était élu président de la république, Aziz aura gagné aussi. Dans ce cas de figure tout est désormais jouable de 2019 à 2029. Qu’Allah bénisse la Mauritanie.

ELY OULD KROMBELE

PARIS, FRANCE

krombele@gmail.com

via cridem

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire