Debellahi Abdel Jelil : Laisser le président partir avec les honneurs et la satisfaction de la mission (même d’étape) accomplie.

Résultat de recherche d'images pour "fin du mandat presidentiel logo"Notre pays est fragile. Les difficultés économiques et une certaine gouvernance ont exacerbé les spécificités et sensibilités socioculturelles. La marche organisée le 09/01/2019 montre que l’inquiétude, quant à une possible recrudescence des sentiments et comportements sectaires, est la preuve que la question est prise, en haut lieu, très au sérieux.
Seul un État fort par la crédibilité et la représentativité de ses institutions est à même d’éviter les dérapages et apporter à contes defis les améliorations nécessaires, les rectifications utiles et les solutions indispensables.
Il est donc du devoir historique de la représentation nationale d’oeuvrer, exclusivement, à tout ce qui a pour vocation d’ancrer, dans l’esprit du citoyen et la pratique de l’administrateur, le sérieux et la respectabilité de notre démocratie. Donner une impression de légèreté et de fantaisie de nos institutions, avec un tripatouillage en catimini de la loi fondamentale, serait le coup de grâce asséné à ce que nous appelons parfois experience, tantôt processus démocratique.
Le meilleur service que nos honorables élus et braves citoyens pourraient rendre au Président, c’est de le laisser partir avec les honneurs et la satisfaction de la mission (même d’étape) accomplie. En reconnaissance, leur travail devrait s’ inscrire, plutôt, dans une logique de poursuite de son oeuvre pour développer davantage le pays, avec une démarche plus inclusive et une approche qui concilie mieux l’exigence économique et l’équité sociale.
Banaliser la loi fondamentale est une insulte aux mauritaniens qui y voient un texte qui arbitre entre eux en excluant totalement l’improvisation de l’arbitraire.
Si l’on s’obstinait à faire aboutir les démarches parlementaires en cours pour déverrouiller, à dessein, certains articles de la constitution, elle perdrait tout respect et notre démocratie se trouverait à découvert comme simple ornement de façade de notre système de gouvernance.
On me dira, sans doute, que la constitution n’est pas le saint Coran et que la constitution des USA à été amendée plusieurs fois. Je réponds que c’est vrai. Mais toujours pour améliorer le système ou supprimer des injustices, jamais pour maintenir quelqu’un au pouvoir.

Pour appuyer, je peux dire qu’il y a même de grandes démocraties, qui marchent à merveilles, sans constitution : le Royaume Uni et Israël. Pourquoi la constitution mauritanienne, qui semble tant gêner nos élites, ne se fait pas remplacer par une forme de démocratie non constitutionnelle à base de téléphone arabe et d’arbre à palabres ?

Debellahi Abdel Jelil

 

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