Ahmed Ould Mohamed : A chacun ses gilets

Résultat de recherche d'images pour "turban et voile  mauritanie" Si en France, les gilets sont jaunes, nos ‘Hawlis’, seront bleus, si l’opposition gagne et rouges si l’UPR est reconduit pour 10 ans.

Pourquoi le Hawli, et pas un autre symbole ? Parce que le Hawli présente plusieurs avantages, primo, et c’est important, il est en usage dans toutes nos communautés, secundo il ne coûte pas très cher et peut-être recyclé pour d’autres usages, tertio, il rend plus difficile (pour la police) l’identification de ceux et celles qui le porteront. Voilà pour le symbole de la Manif’.
La future manifestation des Hawlis devra viser plusieurs objectifs. Elle devra re-grouper, sans cris, sans fracas et sans ‘intermédiaires’, les bons et vrais Mauritaniens, comme au bon vieux temps, où les bêtes parlaient, alors les humains avaient peur. Ces Mauritaniens, d’autrefois, et d’outres tombes.
Ces Mauritaniens, comme on n’en trouve plus dans nos boutiques, nos marchés et sur nos étalages.
Ces Mauritaniens, qui avaient besoin d’argent, certes, comme aujourd’hui, mais dont ils faisaient un usage collectif, où la défense de l’honneur et de la dignité était au centre de leurs besoins.
Ces Mauritaniens qui avaient le sens du partage, de la solidarité et de la préservation de la chose en commun.
Ces Mauritaniens qui étaient convaincus de l’existence d’Allah et de la nécessité de son adoration pour leur demeure finale. L’unique Allah, qu’ils ont découvert bien avant les ‘NTIC’, avant Face Book et Al Jazira, et surtout avant certains types de mosquées et de prêcheurs.
Ces Mauritaniens, dont les différentes communautés vivaient en symbiose, entre elles, pour elles, pour ce qu’elles avaient de sacré et de spécifique, mais qui vivaient aussi, chacune pour les autres et grâce aux autres.
Ces Mauritaniens qui ont ‘fait’ des enfants, qui se regardent, aujourd’hui, presque sans se parler, se méfient les uns des autres et qui sont de moins en moins attachés à leur passé commun et à leur avenir fatalement commun, également. Ces enfant-là ont rendez-vous avec l’histoire, leur histoire, pas celle dont ils s’accusent mutuellement d’avoir trahie, mais celle qui s’impose à eux et à leurs enfants et qu’ils doivent assumer.
Cette histoire qui prend 2019 comme l’année où tous les espoirs sont permis et où le pouvoir en place cherche à se perpétuer pour dix ans, au moins, et où l’opposition met en jeu trente ans de lutte et d’apprentissage de la démocratie.
Alors, rouges ou bleus, seront nos Hawlis du lendemain des élections ? Quelle que soit leur couleur, ils devront se battre, soit pour se libérer, soit pour mieux vivre, ensemble, et pour tous.

Ahmed Ould Mohamed
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