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Un concours d’éloquence met en lumière les droits de l’Enfant [PhotoReportage]

Mauritanie : un concours d’éloquence met en lumière les droits de l’Enfant [PhotoReportage]En Mauritanie, un concours d’éloquence a mis en lumière samedi 08 Décembre, à l’assemblée nationale, les droits de l’enfant, avec des histoires qui ont suscité l’émotion de l’assistance.

Au départ, quelques 200 participants avaient postulé à ce concours. A la finale, ils étaient au nombre de sept (7) triés sur le volet. Parmi eux, figurait Haby Mamadou Ndiaye, 26 ans, venue raconter la terrible vie de Fatima, une fillette de 14 ans, violée, mutilée, mariée à un âge précoce, contaminée au VIH/Sida et qui meurt en donnant vie à un mort-né.

La révolte était au cœur de son récit, un échantillon des drames qui marquent à fers rouges des centaines de jeunes filles mauritaniennes, des drames qui ont désagrégé des destins déjà frêles.

En Mauritanie, une femme sur 6 est mariée avant 15 ans, d’après l’enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) de l’Unicef, qui indique, par ailleurs, que 1/3 des femmes sont mariées avant l’âge de 18 ans, tandis que 28% des femmes âgées de 15-19 ans sont actuellement mariées. La majorité des femmes mauritaniennes, jeunes ou moins jeunes, représentant 67%, au niveau national, ont subi des mutilations.

« Derrière ces chiffres, il y’a des réalités, des disparités, que ce soit à Nouakchott ou à l’intérieur du pays. Ce sont les enfants qui subissent de plein fouet les violences. Les différents candidats ont vécu dans leur chair leurs histoires, leur tristesse. Quand on parle des droits de l’enfant, on ne parle pas uniquement de la Syrie, du Yémen, de la RDC, mais on parle également de la Mauritanie« , indique la poétesse et écrivaine, par ailleurs, chroniqueuse, Mariem Mint Derwich qui a participé au travail de coaching des candidats à ce concours d’éloquence sur les droits de l’enfant, organisé par Traversées Mauritanides, avec l’appui de l’Unicef.

« Marier un enfant, c’est le vendre », peste la candidate Haby Mamadou Ndiaye, qui appelle les autorités mauritaniennes à « agir », en renforçant l’arsenal juridique. « J’ai échappé au mariage précoce. J’ai failli être violée à l’âge de 16 ans », pousse-t-elle dans un dernier rappel d’optimisme.

L’ambassadrice de l’Unicef, la chanteuse Khoudia, était là également pour réclamer la protection des enfants. « Nous ne pouvons plus nous permettre de ne pas être entendus », s’exclame Khoudia.

Selon le MICS, 66% des enfants mauritaniens de moins de cinq sont enregistrés à la naissance, mais seulement 58% sont « enrôlés » dans le nouveau système d’enregistrement qui donne accès à un certificat de naissance valable et à un Numéro National d’Identification (NNI).

La mortalité des enfants de moins de 5 ans est de 54 pour 1000naissances vivantes, d’après le MICS, qui révèle que 43 pour 1000 enfants mauritaniens décèdent entre la naissance et le premier anniversaire, tandis que la mortalité néonatale est de 29 pour 1000 naissances vivantes.

« Face à ces situations que nous contemplons, quand est-ce que nous allons réagir ? », s’interroge la candidate Aziza Lefghih.

Après avoir écouté les candidats, le jury n’a pas préféré donner de vainqueurs. En revanche, trois candidats, en l’occurrence Yaya Mbodj, Abderrahmane Senhoury et Aziza Lefghih, ont reçu des récompenses, tandis que Haby Mamadou Ndiaye s’offrait une mention spéciale de la part du jury composé de l’ancienne ministre Hindou Mint Aïnina, des journalistes Moussa HBib et Abdoulaye Ciré Bâ, d’Imam Cheikh, ancien Secrétaire Général du Ministère de l’Education et enfin de Wane Birane, urbaniste, professeur à l’Université de Nouakchott et Conseiller au Ministère de l’Habitat.

Le promoteur de cet évènement, Bios Diallo, directeur des Traversées Mauritaniennes, donne déjà rendez-vous pour la deuxième édition.

Texte & Photos | Par Babacar Baye NDIAYE

©CRIDEM / (10 Décembre 2018)

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