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Election présidentielle de 2019: A chacun son candidat

Election présidentielle de 2019: A chacun son candidatEly Ould KrombeléAvant-propos

Profitant du repositionnement de la France Mittérrandienne,prônant désormais la démocratisation de son près-carré lors du sommet franco-africain de la Baule, juste après la chute du mur de Berlin,au mois de mars 1991 un soulèvement populaire au Mali pousse une junte dirigée par un certain ATT à renverser le régime de Moussa Traoré installé depuis le 19 novembre 1968.

On aurait dit la fin de l’Histoire contemporaine malienne….alors qu’à posteriori ce n’était que son début.Car l’initiative malheureuse des politiciens de l’époque qui, dopés par ce changement,d’ailleurs légitime,en démobilisant les militaires de carrière,et en optant selon eux pour « une Armée de développement plutôt qu’une Armée de combat », a changé le cours du fleuve Djoliba.

Voilà que vingt petites années plus tard au gré des mutations géopolitiques et des indigences structurelles du microcosme politique, Bamako a perdu « son nord géographique », l’Armée malienne, le nord magnétique. Autrement aucun officiel malien du sud ne peut fouler le sol de Kidal sans une autorisation préalable des locaux Touaregs.

Et l’Armée malienne qui était l’une des plus valeureuses de la sous-région,ossature des mythiques tirailleurs sénégalais, des Ardennes en France,en passant par Diên Biên Phû en Indochine,jusqu’aux Aurès en Algérie,prend désormais la tangente,en affichant l’azimut contraire une fois en contact avec l’ennemi,soit-il djihadiste, terroriste ou encore narco-trafiquant.

Parce que des politicards de salons,doublés d’opportunistes de tous acabits ont saboté l’héritage à l’image d’Epinal des présidents patriotes Modibo Keïta et Moussa Traoré,qui, jusque là avaient assuré au moins l’intégrité territoriale du Mali.

Ainsi le centre de gravité symbole de la sublimation des grands empires moyen-âgeux ouest-africains en proie à la chienlit,est désormais incapable de prendre le dessus sur un ennemi de quelques centaines d’hommes.Honneur piétiné, drapeau en berne, dignité bafouée,quand ce sont des soldats togolais Kabyé ou Mina(pas les seuls étrangers), sous le couvert de l’ONU, qui combattent désormais aux lieu et place des prestigieux Sofa…pardon,devrais-je dire des moribondes FAMA (Forces Armées Maliennes).

Et si les mêmes causes produisaient les mêmes effets cette fois en république islamique de Mauritanie en instance d’élire un président en 2019? Malheureusement au pays des Mourabitounes cette fois,la main du diable n’attendra pas que la clepsydre se vide et pour plagier l’ancien président français F.Hollande: le chaos c’est maintenant !!!

Sans doute les apprentis-sorciers,les sicaires qui voient en l’Armée mauritanienne le tremplin à tous les maux du pays aiguisent déjà leurs poignards aux mains assassines de Brutus et Cassius.

Il est légitime alors que les yeux de tous les mauritaniens soient tournés vers l’élection présidentielle de l’année prochaine, en sachant que chacun connait ce qu’il veut mais rarement ce qui l’attend. Pourtant il n’est point nécessaire de pousser l’oracle à cracher la mantique pour prédire l’avenir si et seulement si la lucidité ne prenait pas le dessus sur les calculs malveillants voire caverneux,dignes de l’aventure de la pauvre Mylène et son pot au lait.

L’Histoire nous apprend qu’à chaque fois qu’un homme fort quitte le pouvoir,le magma fangeux se met en ébullition,les traumatismes tacites longtemps enchaînés,se déchaînent, vindicatifs,ils le sont mais aussi porteurs le plus souvent de lendemains lugubres. Que faut-il faire pour juguler d’éventuels soubresauts? Que de la lucidité, que de la responsabilité et que du courage.Ces vertus cardinales ,trouveront-elles preneurs en ces tournants de notre Histoire?

A/ L’année 2019 : A chacun son candidat

Sans doute après les élections législative et régionale,un changement au niveau du gouvernement était prévisible. Mais la nomination du général de division Mohamed Cheikh Ould Ghazwani au ministère de la défense a surpris plus d’un observateur.

En effet on ne peut pas déplacer son ami fidèle et confident, bref son alter ego, d’une ligne de crête avec une vue imprenable, une position stratégique,qu’est l’Etat-Major National, pour le faire atterrir sur un glacis aux contours mal définis.

Saurait été un super-ministère de la Défense chapeautant en plus des Forces Armées et de Sécurité,et l’environnement, l’eau,les ressources minières ,le tout cloisonné en départements spécialisés , oui. A moins que le nouveau point de chute du général de division Ghazwani n’aie pour seul but que de lui donner le temps de la pause aux vestiaires.

Plausible car il y a certains signes qui ne trompent pas. Allons droit au vif du sujet. Le président Mohamed Ould Abdel Aziz dit qu’il ne briguera pas de 3éme mandat, mais compte faire de la politique après avoir passé le relais à son successeur. C’est son choix et rien ne peut l’empêcher de procéder ainsi.

D’ailleurs le président Aziz est la figure de proue de notre doctrine sécuritaire dans la lutte contre le terrorisme qui écume tout le Sahel depuis plus de dix ans et nous avons besoin de son immense expérience dans ce domaine qu’il maîtrise parfaitement. Même un agnostique détestable ne peut nier cette évidence.

Alors qui sera son dauphin,capable de maintenir la stabilité du pays afin que Ould Abdel Aziz et le citoyen lambda puissent évoluer à leur guise,surtout lui en tant qu’ancien président mais aussi partie prenante? Le futur candidat de l’Union Pour la République (UPR) ne peut-être issu que du cercle des proches.

A mon avis le général Mohamed Ould Ghazwani est le mieux indiqué et en cas d’empêchement,l’actuel Directeur de la Sûreté Nationale, le général de division Mohamed Ould Meguett, qui sera admis à la retraite dès 2019.

Le choix de Ghazwani est judicieux et pour le pays et pour le président sortant,car ce qui est utile à la ruche est utile également à l’abeille.Alors pourquoi le général de division à la retraite Ghazwani?

1/Le logiciel sécuritaire:

Depuis les attaques meurtrières survenues contre les soldats mauritaniens et les touristes français,le pouvoir a érigé un « concertina » sécuritaire qui a jusque là porté ses fruits du fait que les terroristes ne se pressent plus de vouloir agresser notre pays.

La mise en place d’unités combattantes entraînées,le nouvel équipement,la performance du renseignement surtout humain(car un ennemi connu est à moitié vaincu) ont permis à l’Armée de prendre le dessus dans cette cruelle guerre asymétrique.

Pour le dressage de ces lauriers il eût fallu une volonté politique,et surtout une symbiose entre le chef suprême des forces Armées le président Aziz et son chef d’Etat-Major d’antan, le gl Ghazwani, tant il est dit que la confiance est l’une des clés du succès.Dans ce cas précis le gl Ghazwani bénéficie des faveurs de l’exécutif français,de sa hiérarchie militaire,d’une aura au plan international et surtout national.

2/ Eviter le syndrome de Sidi Ould Cheikh Abdallahi:

Passer le relais à un autre qu’on ne connait pas dans les moindres détails, risque de produire un effet boom-rang. A supposer que la fidélité ne se décrète pas,qu’elle soit inscrite dans les chromosomes ou qu’elle ne soit pas. Pour renvoyer l’ascenseur dans ce cas de figure, il faut savoir résister à la pression familiale d’abord, tribale et surtout de la horde de politiciens opportunistes, rompus aux pratiques dolosives. Quand on n’a pas le mental suffisant,on devient influençable comme une marionnette.

3/La paix à tout prix:

Enfin Aziz est conscient qu’une alternance doit se faire en douceur au regard de la complexité et surtout de la faible teneur de notre alliage socio-culturel,en cette période. Rapprocher les points de vue des mauritaniens,à l’éclosion du militantisme victimaire à tendance épidermique,de slogans à caractère atavique,d’une mondialisation qui laisse beaucoup de mauritaniens marginalisés, demande au futur président plus d’équité sociale et de lucidité pour satisfaire toutes les attentes.

Cependant rien ne peut se réaliser sans la sécurité des personnes et des biens. Un atout tout à l’honneur du président Mohamed Ould Abdel Aziz, qu’on l’aime ou qu’on le déteste. L’Histoire jugera. Car selon le gl américain MC Arthur les maux de l’Histoire humaine se résument en deux mots; « Trop Tard », trop tard pour faire ceci,trop tard pour empêcher cela.

B/ Trois hommes et un destin:le destin de la Mauritanie

Pourquoi doit-on parler d’eux maintenant, Parce que le destin en a voulu ainsi.L’un est président de la république depuis plus de dix, l’autre le sera peut-être en 2019. Le troisième le colonel Cheikh Ould Bayé est actuellement le président de l’Assemblée Nationale.Ils se sont connus jeunes élèves officiers dans une académie militaire au Maroc, voilà quarante ans (1978-2018).

Depuis les généraux Ghazwani et Aziz sont restés complices. Mais pour en arriver là,nos trois officiers ont lutté pour s’affermir,tracé chacun sa voie surtout du temps de Maawiya Ould Taya où les rivalités gratuites étaient poignantes.Le leader,il faut le lui reconnaître étant Mohamed Ould Abdel Aziz, l’impérieux,l’impavide.

La suite inchallah la semaine prochaine.
Ely Ould Krombelé, France 

Via cridem
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