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Marché de la capitale .. Un volcan de colére qui risque d’exploser pour enflammer une révolution

Dans un long compte rendu  publié récemment,Badou Ould Mohamed vall M’ Boussabou, aborde la question très sensible du transfert (ou remplacement ) de l’ancien marché central de la capitale au nouveau marché , adjacent au premier, construit par le gouvernement .

 

Il considère que cette question provoquerait de grands agissements de contestations  populaires qui, selon lui, conduiraient au prolongement en Mauritanie, des soulèvements du « printemps arabe ».

Il écrit entre autre:

……Il y a plusieurs années, un rapport publié par le gouvernement confirmait que le marché de la capitale  s’est  détérioré   et peut décliner à tout moment ,ajoutant que sa démolition est devenue une obligation  du gouvernement pour protéger la vie des gens.
Le rapport était très choquant (aux yeux  des commerçants) , mais il a ensuite été redressé par un autre rapport plus  persuasif, car établi par des spécialistes,ingénieurs en génie civil  du  ministère de l’habitat .
Le contenu du dernier  rapport privilégie  la possibilité de restauration en premier lieu du marché ,plutôt que  sa démolition,confirmant que le marché n’a besoin que d’une  restauration pour rester convenable.
Ce dernier  rapport a été bien accueilli par les  propriétaires des boutiques du marché  , déclarant qu’ils sont  tout à fait disposés, à supporter les charges et frais de restauration du marché  si le gouvernement acceptait.
En cette époque  le  Premier ministre sortant,Yahya Ould Hademine avait  convoqué des représentants des commerçants.  Au cours de la discussion, il les a convaincus que l’Etat avait construit le nouveau marché pour compenser l’ancien marché, déclarant à la lettre :  « quiconque possédait une boutique , le gouvernement  lui donnerait une , en échange et celui qui en possédait  dix , on lui en donnerait dix. »
Les commerçants acceptèrent la proposition , d’autant plus qu’elle émane du  chef de gouvernement de l’Etat , une personnalité supposée posée et honnête .
Cependant, les choses ne se sont pas passées,  plus tard, comme l’entendaient les commerçants . Il s’est avéré que les promesses du Premier ministre n’étaient que de la poudre aux  yeux, en attendant le moment de les mettre  face au fait accompli ..

 

Le nouveau marché est prêt et au lieu de compenser les commerçants de l’ancien marché avec des boutiques dans le nouveau, ils ont été traités avec provocation,  en considérant  que leurs droits font désormais  partie du passé  enseveli, sous les décombres  de l’ancien marché après sa démolition.

Au même moment, ils furent  invités à évacuer leurs boutiques et à chercher refuge loin du vieux marché, étant entendu que les boutiques du nouveau marché ont été attribuées
à des nouveaux acquéreurs, dont  la majorité  n’était pas lotie dans l’ancien marché.
Certains commerçants ont accusé les ministres des Finances et du budget  de s’être attribués  12 concessions  du nouveau marché, répartis comme suit: Sept (7) aux noms des parents du ministre des Finances et cinq ( 5) aux  noms des parents du ministre du Budget.
Ces commerçants  considèrent que la rapidité avec laquelle les démarches  en cours,  d’évacuation de l’ancien marché ,sont entreprises,  ne sont  qu’une manœuvre des deux ministres pour accélérer les recettes et revenus de leurs boutiques dans  le nouveau marché.

Afin d’accélérer le processus d’évacuation de l’ancien marché, , le ministre du Budet , qui n’est pas compétent en ce domaine, a ordonné  au directeur de la Somelec qui ne dépend pas de lui administrativement,de couper l’électricité au niveau de l’ancien  marché, au mépris flagrant des lois de l’État et l’irresponsabilité dans l’attribution des taches et pouvoirs.
La Somelec  ne peut déconnecter d’électricité quiconque propriétaire de boutiques ou domicile, qui paie régulièrement ses factures , sans fournir de justifications ,précédés d’avertissements préalables.
La  décision de couper l’ électricité au niveau de l’ancien marché, a été réalisée,  à la sauvette,  dans certains locaux ,par des agents Somelec ,  qui ont vite pris la fuite  , craignant d’être lynchés par les  commerçants colère.

 

Toutes ces manières de faire,  ont enflammé le cœur des commerçants qui se voient subir  clairement et ouvertement des sanctions , sans culpabilité,sinon  que d’autres personnes souhaitent s’enrichir rapidement au détriment de leur appauvrissement à eux .
Ce sentiment a incité beaucoup d’entre eux à être prêts à sortir dans  des manifestations qu’ils avaient  débutées  pacifiquement .
Aujourd’hui, cette souplesse  a commencé à s’estomper , en l’absence de réponse officielle convaincante des autorités .  Les volcans de colère ,contenus en eux , peuvent exploser d’un moment à l’autre.
Ce qui pourrait conduire  à des manifestations qui ne resteront certainement pas pacifiques longtemps.
La chose la plus dangereuse est que ces manifestations  ne passeront  pas , sans être exploitées par des tierces parties qui cherchent des occasions , pour enflammer un « printemps arabe » en Mauritanie.
Dans le passé, on disait :  « mieux vaut  couper le cou (de quelqu’un )  … que (lui ) couper les   moyens de subsistance » ..

compte rendu de  Badou Ould Mohamed Vall M’Boussabou

 

Source : http://alaraby.info/node/7640

Traduit par adrar.info

 

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