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A la belle adresse de l’Ambassade de France en Mauritanie.

JPEGAux termes du premier échange; que j’ai eu l’honneur d’avoir avec le nouvel Ambassadeur de la France en Mauritanie son Excellence Monsieur Robert Moulié , j’ai remarqué que l’adresse indiquée en bas du courriel contient la mention de la    « Rue Ahmed Ould M’Hamed » .
Je n’ai pas pu , alors , m’empêcher de penser que cette référence à une grande figure de l’histoire de notre pays a failli , récemment , disparaître à cause d’ une maladroite opération de l’adressage municipal , n’eut été la vigilance de mon frère Gemal,  qui avait alerté . par delà l’opinion publique , les décideurs,  en publiant dans la presse locale,  un billet intitulé par la question bien pertinente de savoir s’il était permis de rebaptiser cette rue , en effaçant ,par une triste numérotation , cette belle adresse qui renvoie vers un mémorable souvenir gravé , poétiquement, dans notre imaginaire collectif .
J’ai , surtout , éprouvé le sensation , quelque part frustrante , qu’en perdant , il y’a belle lurette , le sens de l’adresse, nous avons choisi de perpétuer notre attachement à l’Etat bédouin au détriment de la continuité de l’Etat .
Plus grave , j’ai eu le secret sentiment , qu’en oubliant de célébrer la mémoire de l’émir de la paix,  qui a su incarner dans son style de gouvernement,  le sens de la justice , nous avons failli à notre devoir de consolider l’esprit de la Nation .
Nous avons , sans doute , tort d’oublier que le règne de ce Prince « hors série « ,  qui était fasciné par l’ histoire des Abassides et qui avait , dit on , un goût avéré pour la vie mystique, fut , dans notre histoire et dans une bonne partie de notre territoire , un temps de bonheur inégalé …
C’est , sous son paisible règne que les palmeraies se sont développées dans l’Adrar et que la production intellectuelle des grands érudits qui ont brillé tels des soleils de midi dans tout le pays , avait atteint son apogée.
C’est sous son paisible règne que la sécurité des caravanes commerciales venant du nord fut assurée du oued Noun ( sud marocain ) jusqu’au quai de Ahl Mohamed Lehbib à Saint Louis ( Sénégal ) . C’est, pour la petite histoire , à cette époque que le thé vert à trois verres , devenu , pour nous , un élément identitaire a été découvert .
Nous ne pouvons pas , néanmoins, pour la grande histoire , oublier que ce temps de bonheur fut bien furtif et que sa fin fut tragique …..mais ça c’est une autre histoire !
Abdel Kader Ould Mohamed    (AKM)

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