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L’exemple Tunisien, suite 3 : l’arsenal de domination et les techniques de libération

Pour ceux qui l’auraient oublié, l’objectif de ma démarche est de contribuer à « sauver » la communauté Bidhanes, ma communauté, des dangers qui la menacent de plus en plus.
La sauver des conséquences directes, de ses propres agissements au sein de l’ensemble Mauritanien, qu’elle tente de dominer depuis que les premières tribus Berbères et Arabes ont foulé le sol de cette partie septentrionale de l’ex-Empire du Ghana.
La forme la plus abjecte et la plus inhumaine, de cette domination, fût la soumission à l’esclavage des ancêtres des Haratines d’aujourd’hui.
L’arsenal qui permit d’imposer et de perpétuer cette pratique, était physique, économique et spirituel. Il s’exerçait de manière telle que seuls les morts pouvaient lui échapper.
Si ses aspects physiques et économiques ont pu être, quelquefois, atténués par la « fidélité des sujets», ou leur acquisition de quelques bribes de revenu, l’aspect spirituel était sans limites et promettait les sanctions les plus redoutables, ici-bas et surtout dans l’au-delà.
Les premières lueurs de liberté, pour les esclaves, vinrent avec l’imposition des lois françaises sur le territoire Mauritanien, ayant pour champs d’application, les fameux villages de liberté, initiés dans la Wilaya de l’Assaba.
Une collusion entre certains administrateurs coloniaux et des Chefs de tribus Bidhanes, a vite fait de limiter la contagion de ces villages, tout en maintenant (en théorie) le principe de la sanction contre ceux qui font le commerce d’êtres humains, ou qui les maintiennent en captivité.
N’empêche, que ces villages, l’ancêtre des « Adwabas », ont constitué les premiers « No Bidhanes lands » et sont devenus, petit à petit, des espèces de sanctuaires, où les anciens « esclaves », ont pu se retrouver entre eux, loin de leurs anciens « maîtres ».
En parallèle, l’école française ouvrit ses portes, d’abord aux fils de Chefs, Bidhane bien évidemment, lesquels la considérant relativement « Haram », y poussèrent, d’abords les enfants de leurs « esclaves ».
Ils ne pouvaient pas imaginer que cette école-là allait constituer le premier creuset où se formèrent les futurs vrais libérateurs des esclaves, c’est-à-dire les leaders de l’aristocratie Haratines.
Les premiers Haratines, diplômés de cette école, devinrent rapidement des auxiliaires de l’Administration coloniale, fonction dans laquelle ils ne tardèrent pas à mettre à profit leur parfaite connaissance du caractère paresseux et corruptible, de leurs anciens maîtres.
Avec des revenus fixes et de bonnes oreilles auprès du Makhzen, une véritable mutation socioéconomique s’opéra, mettant certains Chefs traditionnels dans une position de quasi-dépendance de leurs anciens sujets.
Un certain « équilibre », dans lequel de nouveaux aristocrates Haratines, commençaient à avoir leurs propres « esclaves », allait se voir ralenti, puis freiné, par l’avènement de…l’indépendance.
En effet, avec l’indépendance les tribus Bidhanes ajoutèrent, à leur vieil arsenal deux nouvelles armes redoutables : un Etat disposant d’une Armée et le retrait de l’ex-arbitre.
Le rapport de force, largement déséquilibré, né de cette nouvelle situation, allait soumettre, à nouveau, les Haratines à d’autres formes d’injustice et de domination, où l’esclavage à «ciel ouvert » va céder la place à des formes plus « modernes », mais pas moins inhumaines.
Une 4éme (et dernière ?) partie s’impose.

 

Ahmed Ould Mohamed
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