Souvenir, souvenir : Pas un pas sans Bata !

L’image contient peut-être : 2 personnes, dont Abdel Kader Ould Mohamed, personnes souriantes, personnes assises et intérieurC’était au cours d’un vol de nuit , le temps est passé vite , pour moi , en écoutant un récit qui chasse l’ennui et qui me rappelle le beau vieux temps de Nouakchott dont La jeunesse s’est à jamais envolée .
Dans l’avion , j’avais comme voisin l’ex gérant d’un commerce jadis prospère qui faisait, au temps de l’innocence nationale , le bonheur des milliers des gens qui marchaient pieds nus dans le désert mauritanien en les chaussant par les produits de la prestigieuse marque Bata .
Je ne savais rien des conditions dans lesquelles l’ entreprise familiale d’origine tchèque , fondée sous l’empire austro -hongrois et qui eut bien de démêlées avec le régime communiste de la Tchécoslovaquie, s’est installée en Mauritanie.
Je ne savais rien non plus des conditions dans lesquelles , la fortune avait souri à ce fonctionnaire public dont le nom est attaché depuis le début de la décennie 2000 au titre de commissaire aux expositions ..
Je me souviens avec Bonheur que l’une des inoubliables récompenses aux quelles mon père ( qu’ Allah l’entoure de sa grâce ) m’avait habituées après chaque examen de semestre au temps de l’école primaire à Akjoujet fut de m’emmener , avec lui , pour voire , pour la première fois , Nouakchott .
C’était en 1972 , j’avais à peine dix ans et , parmi les magasins rayonnants , de l’époque, qui sont restés gravés dans ma mémoire , celui de BATA , ouvert sur l’avenue JAMAL Abdel Nasser , dans la maison des Raymond Najar, occupe , une place de choix .
C’est là où nous nous sommes rendus après avoir fait un tour chez Perissac afin d’acquérir du lait GUIGOZ pour bébés et c’est là où j »ai , après avoir eu droit à des belles chaussures , senti à travers la chaleur des échanges entre le patron de BATA et mon père ( yarhmou ) un air d’ Atar ( ma chère ville natale dont les deux sont originaires ) .
Mais encore une fois , je ne savais rien de l’histoire de cet Atarois d’origine , (fils d’un illustre personnage de la ville qui ne croyait , nullement , à la République naissante) , qui fut placé par un pur hasard ou , disons par une indéniable baraka , sur le chemin d’un groupe des NÇARA installé à Dakar pour être leur représentant exclusif en Mauritanie .
Pour lui qui avait, au milieu des années soixante, senti la fin des glorieuses à Atar et qui s’est exilé à Nouakchott ( devenu alors le nouvel horizon pour tous ceux qui cherchent une meilleure vie), avec le rêve de devenir gendarme ou enseignant , le destin avait réservé une agréable surprise .
Ainsi il ne tarda pas à intégrer le club très sélect des premiers patrons deNouakchott qui se distinguaient par leurs nombreux voyages à l’étranger et qui disposaient , alors de l’incontestable signe de richesse matérialisé par l’appropriation d’une voiture ..
Un succès de jeunesse que Monsieur Omar ould Abidine Sidi , actuel commissaire aux expositions, au Ministre de la culture et ex patron de Bata Mauritanie, expose avec passion et nostalgie , à travers un récit dans lequel défilent les anciennes marques de ses voitures de fonction et celles destinées à la livraison .
Un récit qui renseigne , au delà du souvenir de la vie matérielle d’une époque révolue , avec ses anciennes voitures , aujourd’hui démodées , allant du temps de la Citroën 2CV jusqu’au temps de la Peugeot 504SR en passant par la Renault 8 et autres R16 et R18 ..sur une certaine histoire de la fortune en Mauritanie ,illustrée par la genèse d’un fabuleux commerce qui a disparu suite aux rudes coups d’une concurrence pas toujours loyale .
AKM

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire