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Opinion : Ce qui devait arriver est en train d’arriver

Résultat de recherche d'images pour "se detourner de l'essentiel"En Mauritanie, et probablement dans d’autres pays de notre continent, il est une tradition qui a force de loi : « la direction qu’emprunte le Président est la meilleure ».

 

Les tentatives d’instaurer un système démocratique ont, jusqu’à présent, rarement dépassé le stade de projets ou de programmes, destinés à garantir une place dans le train de la mondialisation, à nos Chefs d’Etats.En Mauritanie, où la tradition de respecter « El Makhzen » est bien ancrée, on continue malgré tout à garder un pied chez les détenteurs traditionnels des pouvoirs occultes.

Mais depuis notre adhésion aux conditionnalités de la Baule et d’autres institutions, non moins contraignantes, nos dirigeants ont ouvert la porte à une troisième «  force » qui a pour nom les partis politiques, dont ils ont pris la précaution de créer, si non de noyauter, la majeure partie.

Il s’en suit, alors que le Parti-Etat, devient le « bon parti » et que ses alliés et mouvement parallèles, doivent balayer large pour ne laisser à l’opposition que « le bon peuple », comme base de recrutement.

Or, une bonne partie de ce « bon peuple », doit arracher ses moyens de subsistance au quotidien, à un marché du travail restreint, de plus en plus « technique », et où les doctorants en «  lettres modernes et originelles », diplômés  de nos plus célèbres Mahadhras,  n’ont plus de place.

De nombreux jeunes, issus de ce « bon peuple » se sont alors tournés vers d’autres horizons, parfois lointains.

Entre la police du Qatar ou celle des Emirats, la route vers l’Eldorado US, ou…El Qaïda, il fallait choisir.

Bons aventuriers, souvent séduits par le court terme, de nombreux Mauritaniens se sont jetés, tous azimuts, dans la gueule de l’inconnu.

Un inconnu, où un seul « employeur r »    promettait une récompense de taille : El Istish’had (le martyr).

Cet « employeur-là », avait aussi une stratégie, qui consistait à balayer large et d’avoir des recruteurs bien implantés, dans les trois directions « offertes » aux jeunes Mauritaniens.

Et ce fût…l’Afghanistan ! Un Afghanistan, qui, lui aussi, a fait des petits, très rapidement en proposant à certains Mauritaniens, érudits et grands savants en théologie, des postes de responsabilité.

Le bouche à oreille, parfois le téléphone Arabe, mais surtout l’usage dépénalisé de l’Internet, ont vite fait  de faire des régions d’implantation d’El Qaïda, la Mecque de centaines, voire de milliers de Mauritaniens, dont les familles, restées au pays, ont de mois en mois de soucis pour leur quotidien. La délocalisation des activités de la maison-mère, vers des régions plus proches de la Mauritanie, parfois trop proches, fût une belle opportunité pour ceux qui souhaitaient joindre l’utile à l’agréable. Certaines Mahadhras, devenus viviers, par la force des choses, de ces « aventuriers modernes », se sont vues indexées, d’abord par les autres, et ensuite par le gouvernement Mauritanien de « formateurs de terroristes », un mot nouveau dans le vocabulaire public.

Les Maîtres ici, les élèves là-bas, la jonction est vite faite et le soupçon se généralise.

Il fallait prendre position, se démarquer, ou se laisser accuser.

Les Ouléma, les  Imams, salariés de l’Etat, prennent leurs responsabilités et se démarquent du fameux vivier, le leur, hier encore.

D’autres, principalement des promoteurs traditionnels de Mahadhras, préfèrent nuancer leur position et s’érigent en instructions officielles, ONG, instituts, légalisées par les pouvoirs publics sous la tutelle du Ministère des Affaires Islamiques et de l’enseignement originel.

L’équivoque est provisoirement lavée, mais le soupçon reste.

Pendant ce temps, au niveau d’El Qaïda et de ses différentes ramifications, la délocalisation cède, petit à petit, la place à la démobilisation.

Ce dégraissage des effectifs, dicté par les reflux en Irak, en Syrie et ailleurs, remet sur le marché Mauritanien du travail, de nombreux chômeurs aguerris et habitués à certains gains.

La scène politique locale, en pleine ébullition, leur offre un nouveau terrain de manœuvres, où tous les partis politiques veulent gagner la partie, en ayant le plus d’électeurs.

A chacun ses moyens et sont doigté. Si les « Républicains » ont la loi avec eux et le devoir s’assurer l’ordre public et la sécurité des citoyens, les Islamistes, qui se défendent de vouloir semer le désordre, prétendent avoir une grande base sociale et politique qui leur permet de nourrir des appétits pour les prochaines élections Présidentielles de 2019, et s’y préparent.

Reste que  le plus difficile, en démocratie, est qu’il faut accepter le jeu du rapport de force et du libre arbitrage.

Ahmed Ould Mohamed

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