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Le départ du ministre de la justice est-il un limogeage ou une démission

Mauritanie : le départ du ministre de la justice est-il un limogeage ou une démissionLe remaniement partiel du gouvernement intervenu mercredi ne semble avoir d’autre signification que favoriser la sortie du gouvernement du ministre de la justice Brahim O. Daddah, qui s’est fait distingué ces dernières années et joué un rôle clé dans certains dossiers qui ont fait l’actualité et crée la controverse. 

O. Daddah quitte le gouvernement en laissant plusieurs questions en suspens et non moins compliquées que les dossiers laissés sur son bureau, avec en bonne place le dossier de l’auteur des écrits blasphématoires.

Sitôt l’information publiée par l’agence mauritanienne d’information que les rumeurs commençaient  à circuler à propos de la sortie du ministre de la justice du gouvernement.

Pour certains il a été débarqué pour d’autres il a décidé de rendre le tablier, avec cependant cette certitude de profondes divergences avec le premier ministre Yahya O. Hademine.

Certains milieux affirment que l’homme, connu pour la force de son caractère, a présenté sa démission au président Mohamed O. Abdel Aziz réaffirmant qu’il n’était pas à mesure de travailler sous l’autorité d’Ould Hademine.

Ces milieux soutiennent que le ministre a tenu à ce que sa démission soit acceptée par le chef de l’état, et que c’est la troisième fois qu’il demande à quitter le gouvernement.

Selon des milieux du ministère de la justice, interrogés par Sahara, la relation entre O. Daddah et O. Hademine s’est davantage détériorée après la nomination de personnes ne faisant pas partie de la sphère d’influence du ministre dans des postes sensibles relevant du ministère, et que le différend est arrivé à une voie sans issue. 

Pour les mêmes milieux la goutte qui a fait déborder le vase a été la nomination de l’ancien procureur de la république et magistrat, Cheikh O. Baba Ahmed au poste de directeur général de l’office chargé de la gestion des biens gelés et confisqués et de la collecte des droits judiciaires, une institution créée tout juste depuis un mois, et pour laquelle on a fixé des rôles sensibles à jouer dans l’avenir.

O. Baba Ahmed serait un adversaire féroce de l’ancien ministre O. Daddah, qui l’avait limogé par arrêté en juin 2015  du poste de procureur de la république.

Au paroxysme du différend opposant les deux hommes, O. Baba Ahmed avait publié un article dans lequel il citait ce qu’il a appelé « les erreurs catastrophiques » commises par O. Daddah au cours de sa gestion du secteur de la justice.

Quelques jours plus tard, l’homme avait été nommé à la tête d’une nouvelle institution qui revêt une importance particulière.

O. Daddah a considéré que la nomination de son adversaire à la tête d’une institution relevant de son ministère était un désaveu imposé, selon des proches de l’ancien ministre, par une autorité influente qui ne saurait être que le premier ministre.

La probabilité de la démission du ministre pose cependant certaines questions, à moins d’une semaine de la réunion du haut conseil de la magistrature, l’évènement le plus important du secteur et que le ministre préparait activement, selon les mêmes sources.

 Celles-ci ajoutent que le ministre se préparait à proposer des sanctions contre certains magistrats pour des fautes professionnelles, mais que certaines personnalités influentes s’y opposaient.

Les mêmes sources évoquent une liste de magistrats proches de l’ancien ministre qui devaient faire l’objet de mesures disciplinaires pour leur implication dans des dossiers du système « CHIPECO ».

Toute cette controverse à propos de la sortie du ministre de la justice du gouvernement, fait de celle-ci un évènement important de la lutte des clans dans les dédales du gouvernement et la majorité qui soutient le président.

Une lutte qui a amené O. Daddah, qui occupait un poste ministériel de souveraineté, à s’absenter de la cérémonie de la lever des couleurs avec le nouveau drapeau, une absence qui confirme la sortie du ministre du gouvernement, avant même que le décret présidentiel ne soit publié.

source saharamedias.net

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