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Par quelle prouesse l’héroïne est-elle devenue du plâtre ?

 Par quelle prouesse l’héroïne est-elle devenue du plâtre ?Sahara Medias – D’importantes controverses ont trouvé ces derniers jours bonne place dans les réseaux sociaux, après la libération et l’acquittement d’une bande, arrêtée il y a quelques mois pour trafic d’héroïne, le juge ayant considéré que le produit incriminé n’était autre chose que du plâtre.

Le fait surprenant dans cette affaire est que les médias officiels et des sources sécuritaires se sont félicités, au mois de mai dernier, du démantèlement d’une bande de quatre personnes ayant en sa possession 10 kilogrammes d’héroïne, une première dans le pays.

Dans ce dossier a été interpellé un ressortissant du nord Mali, Oumar El Berbouchi, malgré qu’il ait été considéré comme faisant parti des grands trafiquants, n’avait pas été accusé.

Le dossier allait être très rapidement bouclé par la justice mauritanienne n’eut été l’intervention de la défense qui avait sollicité l’ajournement de l’incinération du produit, dans l’attente de son examen une deuxième fois, des examens, qui auraient révélé que la poudre incriminée n’était pas de la drogue mais du ciment blanc.

Le développement de ce dossier a donné lieu à de grandes controverses au sein de l’opinion publique mauritanienne, et particulièrement sur les réseaux sociaux, où beaucoup considèrent qu’il s’agit tout simplement du « ridicule », dès l’instant où on fait l’amalgame entre l’héroïne et le ciment blanc.

Les laboratoires

El Heiba O. Cheikh Sidaty, écrivain journaliste, directeur de l’agence indépendante « Al Akhbar », écrit sur sa page facebook : « au mois de Ramadan dernier la police chargée de la lutte contre le trafic de drogue a arrêté quatre personnes dont un ancien militaire et les a accusé de détenir un produit, qui s’est avéré, après son examen dans un laboratoire national qu’il s’agissait de l’héroïne.

La bande avait été déférée devant la justice et le parquet avait demandé à leur endroit des condamnations extrêmes ».

O. Sidaty ajoute que mardi dernier le même juge qui avait condamné le groupe a prononcé l’abandon de toute poursuite à l’encontre de ces personnes, sur la base d’une nouvelle expertise d’un laboratoire national à la demande de la cour suprême, qui aurait confirmé que le produit était simplement de la farine.

Un autre blogueur, Mohamed Sidi O. Abderrahmane considère que le phénomène est normal en écrivant qu’à plusieurs reprises des personnes accusées de trafic de drogue étaient présentées devant le parquet avec des produits dont l’origine était inconnue.

Malgré les doutes exprimés par les avocats, ajoute O. Abderrahmane, et les multiples réserves exprimées sur les expertises effectuées, les institutions judiciaires ont fermé à chaque fois les yeux sur les mobiles et condamné les accusés sur la foi des procès verbaux des greffes. »

C’est pourquoi, O. Abderrahmane n’exclu pas de telles erreurs judiciaires graves qui portent préjudice à des innocents.

Le ridicule

Plusieurs opposants sur leurs pages face book évoquent une dérision du pouvoir et ses services sécuritaires et judiciaires.

Ils rappellent à l’esprit des faits analogues qui se sont déjà déroulés auparavant.

Mohamed Lemine O. El Vadel écrit : « dans les magasins de la SONIMEX les déchets peuvent se transformer en engrais et dans les décisions judiciaires l’héroïne peut se transformer en ciment blanc ou en farine.

Pour sa part Ahmed H’Meyne écrit : « La Mauritanie est le seul pays au monde où on confond la farine et la poudre de la drogue ».

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