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Ouverture de la route Choum -Tindouf : Une revendication pressante des Mauritaniens du Nord Est

L’ouverture de l’ancienne route transsaharienne Alger-Tindouf-Choum-Atar -Saint Louis est  une vieille revendication logique et pressante des populations  du Nord Est Mauritanien . Elle était programmée bien avant l’affaire judiciaire en cours dite « Bouamatou et consorts ». Son intérêt vital pour les populations est prioritaire. Quelques précisions.

L’ axe  Tindouf (Algerie) – Atar (Mauritanie) – Saint Louis (Senegal)  constituait  le cordon ombilical qui irriguait de son flux commercial toute la moitié Est de la Mauritanie, l’Ouest du Mali , le Sud Algerien et le Sahara Occidental.

Sa fermeture en 1963 (Guerre Maroc/Algerie)  a provoqué le déclin mortel des villes, jadis florissantes de  Ain Bintili, Bir Moghrein(Fort Trinquet), F’Derick (fort Goureau), Agui, Ouadane, Chinguetti, Ksar Torchane , Atar, Tidjikja.

On se rappelle qu’à l’occasion « de la Foire de Dakar,en 1937, et dans le cadre de la liaison des provinces nord et sud de la France en Afrique, une caravane automobile a effectué le trajet Casablanca-Dakar, par Tindouf, Atar, Rosso, Saint-Louis.  Cette liaison était destinée à signaler l’intérêt de ce parcours — piste uniquement suivie par les caravanes de chameaux — qu’il convient d’aménager au plus tôt pour la rendre accessible aux automobiles.La voie transsaharienne Saint-Louis-Tindouf a été tracée, tronçon par tronçon, par les militaires français ».(voir Tournée aérienne du Secrétaire général de l’Afrique occidentale française en 1937)

On se rappelle également que par le passé , « deux liaisons historiques couvraient la zone sahélienne  :La 1ere rejoignant Saint Louis (Sénégal) à Essaouira ( Algerie)  , passant par Rosso-Boutilimit-Atar-Idjil-Tindouf et celle partant de Nioro (Mali)  vers Essaouira passant par Atar-Chinguetti-Ouadane pour rejoindre Tindouf  » (voir, les relations transsahariennes à l’époque contemporaine , un espace en constante mutation . Karthala-Zmo)

La réouverture de cette route  entre l’Algérie et la Mauritanie préoccupait tous les dirigeants qui se sont succèdés au pouvoir Mauritanien et en premier lieu, le père fondateur de la nation et ses pairs :

« Pourtant, il est très vite clair que le principal allié arabe de la Mauritanie est bien l’Algérie. Celle-ci n’a pas oublié le soutien mauritanien de 1963. En 1965, les multiples échanges de missions diplomatiques et techniques à tous les niveaux confirment l’excellente harmonie qui règne entre Alger et Nouakchott. La famille présidentielle mauritanienne (délaissant la France) passe alors ses vacances en Algérie .divers accords sont conclus (  techniciens algériens venus renforcer les services publics mauritaniens, création de l’Ouguiyas,nationalisation de Miferama etc. ).. « (Lire :Les relations internationales de la Mauritanie , François Constantin et Christian Coulon).

Entretemps, des facteurs endogènes et exogènes sont intervenus dans la zone. Il fallait donc attendre, réunir les conditions favorables à la réouverture de cet axe terrestre vital, entre  la Mauritanie et l’Algerie.  De part et d’autre de la frontière ,on s’y attelait .

En 2005 , « la rencontre des présidents Bouteflika et Ely Ould Mohamed Vall,  à Tunis, en marge du Sommet mondial de la société de l’information   » entr’ouvrit  la porte de  relance .

L’année suivante , à l’occasion de la tenue, les 15 et 16 mars courant à  Nouakchott, de la 15e session de la grande commission mixte de coopération algéro-mauritanienne, l’axe Alger/ Nouakchott  s’est consolidé davantage par la signature de neuf importants accords. La route Tindouf-Choum servira d’exemple pour un partenariat qui ira grandissant dans le secteur des travaux publics.( http://www.djazairess.com/fr/elwatan/38441)

En 2013 , « selon des sources généralement bien informées, l’ambassadeur de Mauritanie à Alger, SEM Boullah Ould Mogueya se serait entretenu longuement en début de semaine avec le Ministre algérien des Travaux Publics, Amar Ghoul, à propos de la construction de la route Tindouf-Choum. Selon ainsi un communiqué publié , mardi 14 mai 2013, le ministère algérien aurait annoncé le lancement des études préparatoires de ce projet qui en serait actuellement à une phase avancée.(http://fr.africatime.com/algerie/articles/route-tindouf-choum-les-dernieres-retouches)

En 2015, Le projet d’une route reliant les villes mauritanienne de Choum (extrême nord) et algérienne de Tindouf (sud-ouest) fait l’objet depuis jeudi d’une réunion technique entre des experts des deux pays à Nouakchott, a rapporté l’Agence mauritanienne d’information (AMI).

Dans ce cadre,  » l’Algérie avait finalisé la réalisation du tronçon situé sur son sol jusqu’à la frontière, ajoutant que le reste du projet sera pris en charge par les autorités mauritaniennes.L’Algérie a pris également en charge la finalisation de l’étude technique pour le tronçon en sol mauritanien et remis les conclusions à ce pays ».  (http://www.radioalgerie.dz/news/fr/article/20150416/37271.html)

De son coté la Mauritanie est en voie de terminer les routes goudronnées Tidjikja- Atar et Atar- Zouerate.  Elle a mis en place une stratégie de défense efficace de son vaste territoire, tout en observant une neutralité équilibrée entre ces deux voisins du nord (Algerie/Maroc) .Neutralité qui surpasse les conflits périodiques entre pouvoir en place et ses opposants.

Aujourd’hui, toutes les conditions sont réunies pour qu’enfin ,l’intérêt vital de ce projet pour les populations de la région et pour les échanges commerciaux, touristiques et socio-économiques entre les deux pays,  puisse s’ouvrir au grand profit de  cette partie Nord Est de la Mauritanie délaissée , depuis plus de 5 décennies,  à une désertification rampante et un exode massif de ses populations vers Nouakchott.

Ne ratons pas le coche!!!

Ely salem Khayar

 

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