https://c2.staticflickr.com/6/5293/5537225811_d3e1279c14_o.jpg

URGENT : Je signe l’Appel « Mohamed Ould M’Kheitir ne doit pas mourir : Monsieur le Président de la Cour suprême de Mauritanie, libérez le blogueur condamné à mort pour blasphème. »

URGENT : Je signe l’Appel  « Mohamed Ould M’Kheitir ne doit pas mourir :  Monsieur le Président de la Cour suprême de Mauritanie, libérez le blogueur condamné à mort pour blasphème. »Opinion Internationale – Pourquoi signer l’Appel

Mohamed Ould M’Kheitir ne doit pas mourir !

Dès février 2015, Opinion Internationale publiait un dossier complet[1] sur le sort de Mohamed Cheikh Ould Mohamed Ould M’Kheitir, blogueur condamné à mort, accusé d’apostasie (nous publions demain les deux textes qui lui ont valu son emprisonnement).

Mohamed Ould M’Kheitir attend la décision ultime de la Cour suprême de Mauritanie qui doit confirmer sa condamnation à mort ou casser le jugement, ce qui ouvrirait la voie à sa prochaine libération.

En Mauritanie, depuis 2014, les manifestations et les fatwa d’oulémas pour demander la mort de Mohamed Ould M’Kheitir ont été nombreuses.

Elles se sont calmées récemment depuis les appels au calme du premier ministre mauritanien Yahya Ould Hademine le 19 novembre et du très réputé imam de la grande mosquée de Nouakchott, Ahmedou Ould Lemrabot Ould Habib Rahman, le 23 décembre, positions qui donnent l’espoir d’une issue heureuse à ce procès. Ceci dit, la pression reste maximale et de nouveaux rassemblements demandant la mort du blogueur sont annoncés.

Ses avocats, notamment Fatimata Mbaye, ses soutiens, notamment Aminetou Mint El Moctar, Présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, les rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch, la Ville de Naples qui a fait de Mohamed Ould M’Kheitir son citoyen d’honneur, les Nations unies, les diplomates en poste à Nouakchott, font pression sur le pouvoir pour qu’il ne commette pas l’irréparable.

Le sort de Mohamed Ould M’Kheitir, prisonnier d’opinion, nous concerne tous, non seulement parce qu’il est condamné à mort mais aussi parce qu’il a été accusé d’apostasie, de mécréance et de blasphème. Sa liberté de conscience et d’expression, c’est aussi notre liberté.

Opinion Internationale vous propose de signer cet ultime Appel à la justice et à la raison adressé au président de la Cour suprême de Mauritanie et dont nous alerterons les autorités mauritaniennes et onusiennes dans les prochaines heures.

Signons cet Appel et espérons que Mohamed Ould M’Kheitir sera libéré de cette terrible épée de Damoclès et bientôt libéré.

Michel Taube, fondateur d’Opinion Internationale et d’Ensemble contre la peine de mort

Pour nous aider à relayer cette campagne : direction@opinion-internationale.com

[1] préparé par Mariella Villasante, anthropologue et spécialiste de la Mauritanie et mis à jour le 6 janvier 2017 (2017a, Nouvelles sur la condamnation à mort pour « apostasie » et «mécréance » de M’Kheitir. République Islamique de Mauritanie, Essais sur la Mauritanie n°2)

JE SIGNE L’APPEL :

Monsieur Yafedhou Ould Mohamed Youssef, Président de la Cour suprême de Mauritanie,

Nous nous adressons à vous en tant qu’amis de la Mauritanie et des Mauritaniens, amis des religions de paix et de droit comme l’Islam, amis du dialogue et du respect entre les cultures, amis des libertés et du savoir, amis de l’abolition universelle de la peine de mort.

Mohamed Cheikh Ould Mohamed Ould M’Kheitir, un homme libre, ingénieur et lettré, arrêté le 2 janvier 2014, est condamné à mort par la justice de votre pays depuis le 25 décembre 2014. A tort et au mépris des principes les plus élevés de la Constitution mauritanienne, du droit international et des préceptes les plus nobles de l’Islam.

Monsieur le président, tout en respectant l’indépendance de l’autorité judiciaire que vous présidez, mais tout en convenant, nous le savons vous et nous, que la justice peut être faillible comme toute institution humaine, nous disons ici notre intime conviction que Mohamed Ould M’Kheitir doit être libéré et innocenté du crime qu’on lui reproche.

Mohamed Ould M’Kheitir n’a commis qu’un « crime » : en publiant fin 2013 sur Facebook, à l’âge de 28 ans à l’époque, un premier texte érudit, suivi d’un second de clarification du premier, il a dénoncé la soumission sociale des forgerons mauritaniens, noble métier manuel dont il fait partie.

Ce que réclamait Mohamed Ould M’Kheitir dans ses textes, c’est l’égalité de conditions sociales dans une société en proie à de fortes inégalités. Et il l’a fait au nom des préceptes ancestraux de l’Islam.

Mohamed Ould M’Kheitir a cherché dans l’histoire originelle de l’islam les germes de la modernité et de son argumentation. Bref, deux textes bienveillants ont condamné à mort Mohamed Ould M’Kheitir. Sa démarche a pu gêner certains intérêts mais en aucun cas justifier une condamnation pénale.

Ce sont des extrémistes religieux qui ont poussé notre auteur en prison et ont monté l’opinion publique contre un innocent en organisant des manifestations et en publiant des fatwa contre lui.

C’est à tort que Mohamed Ould M’Kheitir a été condamné pour apostasie et blasphème car il n’a en rien renié sa religion. Ceci dit, quand bien même l’aurait-il fait, convenons que de nombreux savants musulmans débattent de la liberté de conscience que proclame le Coran lui-même dans la Sourate 2 verset 256 du Coran : « point de contrainte en religion ».

Enfin, Mohamed Ould M’Kheitir a toujours été animé par de nobles intentions, notamment en clarifiant, dans son deuxième texte, l’absence de blasphème et son attachement à l’Islam et à son prophète.

Monsieur le président de la Cour suprême, nous prions instamment votre institution de rendre un jugement définitif de cassation de la condamnation à mort qui entraînerait la prochaine libération de Mohamed Ould M’Kheitir qui est en prison depuis trop longtemps. Récemment, des responsables religieux de haut rang et le premier ministre mauritanien sont revenus sur leurs positions initiales et ont appelé à la fin des manifestations contre Mohamed Ould M’Kheitir.

Votre décision, Monsieur le président, contribuerait aussi à nourrir le débat sur l’abolition de la peine de mort. Le Sénégal, voisin de la Mauritanie, a aboli cette peine barbare et vaine en 2004 comme plus d’une centaine de pays dans le monde. Pourquoi pas la Mauritanie ? Nous rappelons que la Mauritanie a ratifié le Pacte international des Nations Unies relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), dont l’article 6 stipule que les pays qui n’ont pas aboli la peine de mort devraient la réserver « exclusivement aux crimes les plus graves ». Pour notre part, nous sommes opposés à la peine de mort en toutes circonstances.

Dans l’espoir d’une issue heureuse à notre démarche et au procès de Mohamed Ould M’Kheitir, recevez, Monsieur le président, l’expression de notre plus respectueuse considération.

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire