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HOMMAGE A ELY OULD ALLAF, AMBASSADEUR

L’image contient peut-être : 3 personnes , costume et intérieurIl n’est pas dans nos habitudes de rendre hommage aux personnes de leur vivant. Que Dieu donne longue vie à cet homme juste que je connais pourtant peu mais à qui je voulais rendre un hommage gratuit, à travers ce témoignage, pour un acte de probité morale et de justice qu’il a accompli durant son mandat d’ambassadeur de Mauritanie en France, acte qui a eu une incidence positive sur la vie du jeune étudiant que j’étais. En effet, à son arrivée à Paris à la fin de l’année 1982 ou au début de l’année 1983, il a immédiatement rétabli les étudiants dans leurs droits en les faisant bénéficier du taux de chancellerie auquel leur bourse était convertie en franc français alors qu’auparavant (sans doute que ses prédécesseurs ne le savaient pas) la différence de change allait ailleurs que dans la poche des étudiants.
Du coup et grâce à Monsieur Allaf le montant de la bourse nationale est passé brusquement de 1300 FF à 1820 FF (une petite fortune pour un étudiant à l’époque), soit une augmentation de près de 50%. Nous eumes aussi droit à un rappel.
Ainsi, notre quotidien fut littéralement changé pendant plusieurs années. Dans mon cas personnel, constamment major de ma classe au Lycée national et et au Collège des Garçons (tous mes promotionnaires peuvent en témoigner), j’avais été sélectionné pour bénéficier d’une bourse FAC sur la base des résultats de toutes mes années de lycée et après un entretien de sélection avec le conseiller culturel de l’ambassade de France (je me souviens encore de son nom: Monsieur Cunier.)
Le Bac C en main et parti tôt en septembre 1981 pour ne pas manquer le début des cours en France, ma bourse française a été dérobée au niveau du ministère après mon départ et remise à un autre étudiant.
Ma mère voulut mettre à contribution notre proche parent membre puissant du Comité militaire de l’époque mais je l’en dissuadai au motif que je ne voulais pas d’intervention pour une chose que j’ai méritée par mon travail (et alors qu’à l’inverse un autre parent proche était leader au sein de l’Opposition en exil à l’époque et c’est l’une des raisons possibles à la « confiscation » de ma bourse FAC).
Ainsi donc, Monsieur Allaf me rendit justice car le taux de bourse ainsi ajusté était équivalent à celui de la bourse FAC. Plus tard, j’ai pris une autre revanche de moi-même en obtenant derechef une bourse FAC de troisième cycle en faisant valoir mon statut de major de la maîtrise.

Quant à Monsieur Allaf, c’est seulement il y’a quelques mois que j’eus la chance de le rencontrer pour la première fois et par hasard et de lui en parler de vive voix.

Je lui renouvelle ma gratitude une fois encore! Plus tard, en ne comptant que sur mes propres forces, je suis devenu un cadre du groupe Snim puis un haut cadre des Nations Unies et ai contribué au développement de la Mauritanie en m’impliquant de manière décisive dans des dossiers stratégiques pour le pays, en ayant le sentiment d’avoir fait ce que j’ai pu.

Sans doute que cet événement qui a compté dans ma vie y est pour quelque chose.
Que tous les hommes justes de ce pays reçoivent l’hommage qu’ils méritent car en ce bas monde seules comptent la justice de l’acte, la sincérité et l’authenticité du témoignage.

Mohamed Ali Ould Lemrabott

22 avril ·

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