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Le sport mauritanien se noie… sauvons-le !

Ver imagen originalComme tous les autres secteurs, le sport mauritanien souffre d’inorganisation et de multiples carences : défaut de comptabilité et d’ambition, de stratégie, de méthodologie, de capital humain qualifié, capable de se donner et d’atteindre des objectifs, d’une médecine du sport, d’infrastructures modernes et d’une politique d’attraction des investisseurs. Le Comité olympique mauritanien n’est pas bien piloté pour accomplir ses missions. C’est un comité politisé qui travaille dans la plus totale opacité. Nos fédérations fantômes ont choisi de sauter les étapes : sans infrastructures, académies structurées et organisées, médecine du sport, presse sportive qualifiée, politique d’attraction des investisseurs, stratégie et organisation, leurs projets de développement du sport resteront vains.

Aujourd’hui, les résultats sportifs mondiaux prouvent qu’avec de la volonté, un minimum de moyens et un programme spécial, les sportifs peuvent atteindre les sommets. Ceci dit, les pays riches ne sont pas forcément meilleurs que les pays pauvres. Avec sa grande superficie, sa jeunesse, ses richesses et sa diplomatie, la Mauritanie doit transformer ses handicaps en atouts. Nos équipes ne sont toujours pas au rendez-vous ? Constituons un fonds national pour le développement du sport et des loisirs ! Et, à partir de lui, une grande cité des sports et de la culture – pourquoi pas la plus grande d’Afrique ? – et de plus petites, en chaque wilayas du pays… Imaginez-la, cette grande cité internationale des sports, en plein désert et soleil, dans la moughataa nouvellement fondée de Mbeyket lewach au Hodh, qui offrirait des séjours et stages internationaux, pour les sportifs en quête de performance et d’endurance. On imagine bien ses environs investis dans l’agriculture bio, donnant, à la ville, le titre de cité des sports naturels.

Cibler une large catégorie de jeunes (talents, démunis, etc.) et de sportifs, en vue de perfectionner et de développer un potentiel peu ou prou exploité, les inciter à pratiquer le sport, en les encadrant au sein de clubs, bien coordonnés avec les collèges et les lycées, pour coopter les talents. L’État doit aussi prendre en charge la retraite de nos sportifs internationaux, en les insérant dans la gestion et l’encadrement de ces cités. Ces dernières seront un moyen très efficace, pour le développer nos territoires, lutter contre le chômage, contre les séquelles de la pauvreté et de l’esclavage… car un sportif ayant réussi sa carrière peut prendre en charge les besoins de toute une ville.

Construire de telles cités, équipées de terrains adaptés et de salles multifonctionnelles, c’est ouvrir, à la Mauritanie, un marché des sports dont nous sommes trop souvent absents, assurer une sélection compétitive professionnelle et permettre, enfin, à nos fédérations de répertorier avec attention, dans ce que je vais appeler “ fichier des sports”, l’ensemble des talents sportifs susceptibles d’intéresser un sélectionneur.

Partant du principe que les sportifs professionnels constituent une force motrice du développement, la Mauritanie doit œuvrer afin d’en former un minimum, capables d’honorer le sport mauritanien et participer, ainsi, au développement du pays, à travers les revenus de leurs contrats internationaux. Il est temps que nos décideurs travaillent avec une vision transparente et une idée directrice.

 

Sidi Mohamed B.Barick

Consultant

Source : Le Calame

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