NE LES OUBLIONS PAS : Sidel Moktar N’Diaye

Figures historiques : Hommage à Sidel Moktar N’Diaye Sidi el Mokhtar N’Diaye est né à Atar, officiellement le 13 septembre 1916, et est décédé à Saint-Louis du Sénégal en 1997. Dans l’intimité on l’appelait « Ould Yahya N’diaye« , « Sidiel« (1), « Ould Mrabett Diama« (2) , « El Gourmeyti« (3). Lui, au bas des documents les plus officiels, apposait toujours « Sidi El Mokhtar « tout simplement.
1- Filiation :

Fils de yahya Moustapha N’Diaye, interprète principal et neveu de la reine Djobott du Waloo. & de Soukeïna mint El Kherchy des Oulad Bousba. Il a été élevé notamment à Tidjikja et Kiffa, au gré de la carrière de son père interprète principal formé à Alger.

2- Cursus scolaire :

*études préscolaires à l’école coranique et auprès de précepteurs pour le coran, « El Ichrine el wajba »(4) et l’initiation à l’essentiel de la culture traditionnelle en arabe classique.

* études primaires : au gré des affections de son père ;

*études secondaires : à l’Ecole de fils de chefs à Saint-louis.

3- Carrière administrative :

-interprète, puis interprète principal, notamment, à Akjoujt, Mederdra , Nouadhibou etc.

4- Carrière politique :

-Président-fondateur en 1949 avec, en particulier, le futur Président Moktar Ould Daddah du Parti l’« Union Progressiste de Mauritanie » (UPM) dont le président d’honneur proclamé était le général de Gaulle (traversant à l’époque son « désert« ) ;

-Député de la Mauritanie à L’Assemblée Nationale française de 1951 à 1959 ;

-conseiller territorial de l’Inchiri de 1952 à 1959) ;

-Grand conseiller de l’Afrique occidentale française pour la Mauritanie de 1952 à 1957 ;

-Président de l’Assemblée territoriale de Mauritanie de 1952 à 1958 ;

-Président de l’Assemblée Constituante de la RIM du 28 novembre 1958 à mai 1959 ;

-Sénateur, pour la Mauritanie, de la Communauté franco-africaine de 1959 à 1960 ;

-Directeur politique du Parti du Regroupement de Mauritanie : de mai 1958 à mai 1961;

-Président de l’Assemblée Nationale de Mauritanie de mai 1959 à mars 1961

-Plus tard il servira, notamment, comme maire de Rosso et comme Président de la Chambre de Commerce et d’Agriculture de Mauritanie.

-En 1979-1980 il sera désigné par les habitants de la localité de Diama comme le négociateur-défenseur de leurs droits auprès des pays de l’Organisation des Etats Riverains du fleuve Sénégal et les pays qui ont financé la réalisation du Barrage de Diama.

5- portraits :

Imposant par Sa taille et par son collier de barbe Sidi el Mokhtar se remarquait aussi, par la douceur de sa sourde voix qui contrastait avec, maa chaa Allah, moralement et physiquement, une force, un courage et une volonté imposants.

6-Mentions spéciales :

- Au cours de la proclamation de l’autonomie interne, les 27 & 28 novembre 1958, il servira d’arbitre entre les tenants de la « république arabe de Mauritanie » et ceux de la « république africaine de Mauritanie » en proposant un compromis historique : « République Islamique de Mauritanie. » (Témoignages du Président mamoudou Sambaboly BA, ministre à l’époque de l’habitat et des Domaines, le conseiller territorial de l’époque Yahya Kane & le conseiller territorial de l’époque et ambassadeur retraité Sidi Bouna Ould Sidi.)

-Son opposition ( plus tard appuyé par le tout neuf vice-premier ministre Mokhtar) à l’entrée de la Mauritanie à l’Organisation Commune des Régions Saharienenes (OCRS) en 1957-58 ( voir ses discours au Palais bourbon) qui devait faire éclater la Mauritanie en deux entités : le saharien et le sahélien intégré ailleurs.

-Son veto à l’exportation du minerai de fer de Tazadit par un chemin de fer vers le port de Villa Cisénéros (Actuelle dakhla au Sahara Occidental) au lieu de Port Etienne (actuel Nouadhibou)

7-Témoignage d’un homme de qualité

Mais le meilleur portrait de l’homme est l’hommage appuyé qu’apporte en son ouvrage-mémoires « La Mauritanie contre vents et marées » étions Karthala, paris, 2003 le président Moktar Ould Daddah à son ami qu’il appelle affectueusement, « sidiel« (citation) :

1* « En 1952 je n’étais plus isolé comme je le fus à Nice… L’élection de mon ami Sidi el Moktar N’diaye allait me remettre en contact fréquent avec le pays… (Et) sur le plan financier, en plus de ma bourse, sidiel, toujours généreux, nous dépannait, mohamed et moi-même, à chacun de ses passages… »

2*« – … la virée (fut) effectuée en voiture « 4 chameaux », l’été 1954, en Scandinavie en une vieille Renault (4ch)…à moi offerte par Sidiel… » «…Sidiel qui me rendait souvent visite ( à l’Hôpital Foch) m’apprit un jour le vote ( par l’ Assemblée française) de la loi Cadre ( qui transformait les territoires outre mer-dont la Mauritanie- en Etats semis autonomes nantis d’exécutifs de locaux4) et insista de nouveau pour que j’envisage un retour au pays aussitôt après ma guérison…

3*« … Sidiel à qui je rétorquais qu’il était lui, le leader politique, tout désigné me repondit, ,sans ambages, qu’il ne voulait pas exercer de responsabilité dans le domaine exécutif… (et) que donc il ne voyait que moi pour être ce homme politique « nouveau » appelé à diriger la Mauritanie « nouvelle … » Tout l’homme se retrouve en ce dernier témoignage : simplicité, générosité, altruisme, réalisme et lucidité. Et que de dire de cette référence à la « Mauritanie nouvelle » !Allahh yarhamhou.

Nouakchott le 25 novembre 2013

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Note :

1 Sidiel : sobriquet (en réalité le début de son prénom) avec lequel le président Moktar et son cousin Mohamed Ould Maouloud désignaient, affectueusement, le président Sidi el Mokhtar ;

2 :Ould Mrabett Diama : son grand père Moustapha était surnommé ainsi . Par référence au village de Diama qsur le fleuve dont ils étaient les dignitaires séculiers ou réligieux.

3 : El Guermeyti : En le jargon atarois cela désignait le métis. Sidi el Mokhtar en est, à mon avis le prototype accompli ; surtout quand il faut ajouter sa grande mère maternelle (Mint Chiaa Ould Mansour vraisemblement du Rio de Oro. )

4 : El Ichrine El Wajba : Dans mes souvenirs ce sont les vingt obligations que le, musulman doit connaître et pratiquer pour se conformer aux prescriptions de son Dieu.

Mohamed Saïd Ould Hamody

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