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FNDU: Déclaration

FNDU: Déclaration Essahraa - En appelant, dans son discours du 3 mai à Néma, à un dialogue dont il a fixé unilatéralement la date, les modalités, et certains de ses résultats, Ould Abdel Aziz aura mis fin, lui-même, au processus engagé entre le pouvoir et l’opposition.Pour évoquer ce processus, rappelons que, juste après la clôture de ses Assises Générales, le Forum National pour la Démocratie et l’Unité avait adressé au Gouvernement, en Mars 2014, une lettre dans laquelle il affirmait son attachement au dialogue et lui transmettait les travaux de ses assises, dont une plateforme qui propose les modalités et les conditions nécessaires pour tout dialogue qui se veut sérieux et fructueux.

En Janvier 2015, le pouvoir avait fait parvenir au FNDU un document comprenant une vingtaine de points pour le lancement d’un dialogue politique avec l’opposition. Dans sa réponse, le FNDU avait, par écrit, présenté à celui-ci des propositions concrètes et des questions précises pour lesquelles il avait demandé une réponse écrite avant l’ouverture formelle d’un dialogue.

Contrairement à ce que ressassent à toute occasion Ould Abdel Aziz et ses acolytes, le FNDU n’a jamais exigé que tous les points contenus dans sa plateforme soient satisfaits préalablement au dialogue.

Il n’a également jamais exigé des résultats avant la fin du dialogue. Tout ce qu’il a exigé c’est une réponse écrite, afin d’être rassuré sur les objectifs et les modalités de ce dialogue ainsi que sur les garanties d’application de ses résultats éventuels. Et cette réponse, le FNDU l’attend encore depuis Avril 2015.

Passant outre, et malgré le fait qu’il avait accepté que le dialogue doit passer par une phase préparatoire où les partenaires s’entendent sur les modalités, l’ordre du jour et le format, Ould Abdel Aziz avait organisé, en Septembre 2015, un simulacre de dialogue qui, malgré le battage médiatique et les missions qui ont sillonné le pays pour en expliquer l’importance, a été un échec politique lamentable. Le dialogue qu’il projette d’organiser dans les jours qui viennent, et qui a tout l’air d’en être une copie conforme, ne connaitra certainement pas un sort plus heureux.

Cependant, nous comprenons pourquoi le pouvoir ne veut pas répondre, pourquoi il ne peut d’ailleurs pas répondre. Parce que, tout simplement, de la réponse qu’il ferait, il apparaitrait clairement, aux yeux de l’opinion nationale et internationale, qu’il ne veut pas s’engager dans un dialogue sérieux et responsable autour des questions fondamentales qui peuvent sortir le pays de la crise dans laquelle il se débat. Sinon, pourquoi, alors qu’il avait présenté sa plateforme par écrit, ne répondrait-il pas de la même manière ?

En fait, il existe une divergence de fond entre le dialogue que le pouvoir souhaite organiser et celui auquel s’attend le peuple mauritanien. La divergence réside dans le fait que Ould Abdel Aziz, comme il vient de l’avouer dans son discours à Néma, veut un dialogue-spectacle à travers lequel il fait passer son agenda personnel, à travers lequel il trouve un semblant de caution pour le maintien d’un pouvoir qui prend en otage le pays. Or, le peuple mauritanien, comme l’a toujours expliqué le FNDU, veut un dialogue qui jette les bases de l’Etat de droit, rétablit les règles fondamentales du jeu démocratique et redonne à tous les mauritaniens l’espoir qu’ils peuvent vivre en frères égaux et solidaires dans leur pays.

Ould Abdel Aziz veut un dialogue qui, en fermant la voie à l’alternance démocratique, engage le pays dans un engrenage dont on a vu les conséquences catastrophiques dans d’autres pays. Alors que ce dont le pays a le plus besoin aujourd’hui est un dialogue qui prépare cette alternance de manière concertée, qui permet aux différents acteurs politiques d’accéder aux mêmes chances dans les compétitions électorales.

En proposant aujourd’hui un dialogue dont il fixe la date, les modalités et dont il va jusqu’à annoncer les résultats, Ould Abdel Aziz dévoile ses intentions véritables consistant à ouvrir en force le chemin de la perpétuation de son pouvoir. En traitant tous ceux qui ne sont pas dans son camp d’ennemis de la nation, il démontre qu’il veut aller seul dans l’exécution de son agenda personnel. En se disant déterminé à barrer la route de l’accès au pouvoir à l’opposition il dévoile sa véritable nature de dictateur antidémocrate qui s’arroge le droit de fixer personnellement les choix qui doivent revenir légitimement et exclusivement à l’ensemble des mauritaniens.

C’est pourquoi le Forum National pour la Démocratie et l’Unité :

• Rejette avec force toute participation à un tel dialogue.

• Déclare être convaincu à l’avance que ce dialogue n’apportera pas les réponses attendues par les mauritaniens qui constituent les seules préoccupations du FNDU. • Appelle toutes les forces patriotiques, toutes les personnalités et tous les citoyens soucieux de l’avenir du pays à se mobiliser pour faire échec à cette mascarade qui vise à engager le pays dans une voie périlleuse qui ne peut conduire qu’à des changements non maitrisés.

• Réitère sa disponibilité pour un dialogue véritable et sérieux, aux contours précisément définis ; seul moyen de sortir le pays de sa crise actuelle.

Nouakchott, le 29 Mai 2016

Le Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU)

Source : Essahraa (Mauritanie)

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