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Communication et professionnalisme journalistique, cas du meurtre « marché capitale »

Le droit à l’information est un besoin humain nécessaire à la vie en société.  Chez nous,  il  est malheureusement assujetti à deux manquements majeurs :

D’une part, l’absence des  sources crédibles  de l’information et d’autre part, l’inexpérience avérée des journalistes.

Concernant le premier point, L’Etat, via toutes ses institutions  ne communique pas assez   et si tel serait le cas quelquefois, le traitement de l’information  par les medias  publics et privés reste inconséquent.

Résultat : Le public et les décideurs politiques ne se retrouvent pas dans le même vaisseau naviguant  le  développement de notre  pays.

Les deux parties   gagneraient à s’inspirer de modèles bien rodés  dans d’autres pays  de par le monde.  La France par exemple.

Celles et ceux d’entre nous qui ont suivi les attentats du 13 novembre dernier à Paris (Dieu nous en garde) ont remarqué combien les citoyens Français et par delà ceux  du monde, étaient satisfaits du système de communication qui a couvert  ces tristes événements.

  1. 1.         Sources  d’information

Dés constatation  des premières explosions et comme pour contrer  toute rumeur  ou fausse information, la machine française  de  communication ,  savamment  synchronisée et  hiérarchisée fut  vite démarrée, offrant à tous les citoyens de ce pays, le même droit à recevoir et suivre, en temps réel, ce qui se passe chez eux.

D’abord,   le  Président de toute la France, s’est empressé cinquante deux minutes  seulement après  les fusillades crépusculaires, de  s’adresser  à la nation par voie de  presse,  confirmant l’existence d’attentats, leur gravité et informant les Français des mesures urgentes qu’il a prises conformément aux  prérogatives que lui confèrent la constitution ( état d’urgence et fermeture des frontiéres).

Deux heures plus tard, il reviendra, après concertation avec  les membres de  son  « comité de crise »pour annoncer plus amples  d’informations.

Le lendemain,  le  premier ministre, le  ministre de l’intérieur et le procureur de la république se relayèrent devant les micros, à quelques  laps de temps  d’intervalles, l’un l’autre,  pour communiquer,  minutes par minutes, le film des événements, les dispositions prises  et les comportements à adopter par les citoyens.

Puis suivirent  les politiques, parlementaires, responsables de sécurité, hommes de terrains et autres chargés de la protection civile, toujours par soucis d’éclairer l’opinion publique.

  1. 2.        Traitement de l’information

Informés à temps, par voie officielle et  source sure, les organes de presse Français  n’ont plus qu’à suivre, recueillir, traiter et   fournir aux lecteurs, auditeurs et téléspectateurs : photos, témoignages et commentaires de spécialistes, étayant,   infirmant ou confirmant  la véracité des faits.

En écoutant RFI ou radio Monte Carlo ,  en regardant France 24 et  TF1,ou en lisant  le monde, le figaro etc., on ne peut que remarquer la concurrence loyale que se livrent ces divers organes de presse à  se procurer  la meilleure qualité et primeur des images, reportages, interviews  tout en évitant excès inutiles , photos choquantes, mots blessants   etc .

Par cette maitrise distillée  de l’information, ces divers médias  ont gagné les  cœurs de leurs clients, abonnés et  destinataires. Plus encore !!! Ils  ont  immunisé le public contre toute rumeur, commérages, fausses nouvelles  génératrices   de  dérapage, désordre, peur et désolation.

Et si chez nous.

Avant-hier, (pour ne citer que le dernier crime odieux),  une paisible  commerçante fut abominablement assassinée, en sortant vers dix neuf heures de sa boutique, sise  au marché de la capitale, en plein centre ville.

La presse locale s’en est saisi pour en faire le «  scoop » médiatique  du moment. Se fondant sur les ouï-dire, elle diffusa  des sornettes et scenarios fantaisistes  et invraisemblables, incriminant sans preuves ni témoignages  qui et comme elle veut.

Seize heures après le drame, aucun responsable officiel ou organe de presse étatique n’a fait la moindre  déclaration ou apporté le mini  éclaircissement   concernant  l’événement qui a ébranlé la conscience de toute la population.

Interpellé le lendemain, lors d’une séance parlementaire( initialement programmée) ,sur la montée vertigineuse de l’insécurité à Nouakchott et sur ce cas précis , le ministre de l’intérieur n’a pas trouvé mieux que « politiquer »  en Hassaniya mal égrené, des généralités fades de sens  dont , entre autre :   « Nouakchott a été découpée  en trois zones administratives confiée chacune  à un corps de  sécurité  distinct : gendarmerie, police et garde ».

Sait-il ,ce ministre que les citoyens estiment quant à eux ,que les causes et raisons principales de l’insécurité à Nouakchott sont en grande partie dues à  l’inter-confusion et  interférence des rôles , responsabilités et vocation :  «  non ! Ce n’est pas moi, c’est lui » de ces trois  corps de sécurité ?
Il a fallu, comme par le passé ( et probablement l’avenir)  , que la colère populaire déborde devant le palais présidentiel pour que les « sapeurs » invitent  à la TV publique, un responsable de police pour   annoncer   : « Le criminel, (toujours un drogué ou malade psychiatrique), a été appréhendé et mis aux arrêts ». Outow-v !!!
Aucune photo de la victime ni de l’agresseur, ni  du lieu du drame, encore moins de témoignage, arme du meurtre, attroupement populaire, n’a illustré les propos de ce haut gradé de la sécurité nationale …..Peut nous en fier ?
La communication, à  l’instar des autres chantiers de développement en mal d’aboutir chez nous, continue de patiner faute de chaine de traction.
Ely Salem Khayar
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