https://c2.staticflickr.com/6/5293/5537225811_d3e1279c14_o.jpg

Sommet de Nouakchott : Muraille sans couleur

 Sommet de Nouakchott : Muraille sans couleur  Nouakchott, siège de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV), a abrité une rencontre des experts de l’organisation, suivie de la 4ème session de la réunion du conseil des ministres et des 3èmes assises de la conférence des chefs d’états et de gouvernement du 23 au 27 juillet. A l’agenda de ces intenses activités « Les questions institutionnelles, juridiques, organisationnelles, le plan quinquennale 2011/2015 (encours d’achèvement), le plan 2016/2020 et la mobilisation des ressources financières pour la réalisation des projets ».

En plus du président Mohamed Ould Abdel Aziz, les travaux de la réunion des chefs d’états et de gouvernements ont enregistré la présence du président Macky Sall (Sénégal), Ibrahim Boubacar Keita-IBK (Mali), Michel Kafando (Burkina Faso), Idriss Deby (Tchad) et Omar El Béchir (Soudan). Le Niger, le Nigeria et l’Ethiopie ont aussi envoyé des représentants.

Au-delà des affaires ordinaires, qui auront été le plat habituel de cette rencontre statutaire, la troisième session des chefs d’états et de gouvernement Nouakchott/2015, dont les dossiers ont été ficelés par les experts et les ministres, a entamé une démarche pour la mobilisation des ressources en vue de la réalisation de douze projets phares portant sur « le reboisement, l’agriculture, l’agroforesterie, le pastoralisme, la foresterie…. » en vue d’édifier la Grande Muraille Verte (GMV) à l’horizon 2025.

Une immense muraille de 7000 kilomètres

La volonté politique de réalisation d’une Grande Muraille Verte de Dakar à Djibouti, sur une distance de plus de 7000 kilomètres, est justifiée par plusieurs décennies de sécheresse dans l’espace saharo sahélien entraînant « une détérioration environnementale avec de graves impacts économiques, sociaux et démographiques.

Il s’agit en particulier de la dégradation des ressources naturelles, des systèmes agricoles et pastoraux, de la chute de la productivité, de la raréfaction des ressources en eau, de la perte de la diversité biologique, ponctuées par une forte compétition des parties prenantes sur les rares ressources naturelles encore existantes ».

Cette situation est également à l’origine d’un mouvement migratoire difficile à réguler de la part des populations à la recherche d’un environnement moins hostile. La conséquence sociale est un élargissement du cercle de l’extrême pauvreté offrant un terreau fertile à toutes les aventures désespérées à l’image des activités terroristes et du crime transnational.

Sur la base de ces différents éléments, la muraille Verte apparaît comme un symbole matérialisant une nécessité dont les implications dans la vie des populations sont multiples. D’où l’adoption d’une démarche incluant les communautés dans la perspective de sa réalisation.

Une idée pertinente

Ainsi, dans un discours prononcé à l’occasion de la cérémonie d’ouverture, le président Mohamed Ould Abdel a mis en avant « le bien fondé de l’idée de création de la Grande Muraille Verte » qui répond « à l’aggravation des défis environnementaux en général, et à l’acuité du changement climatique.

La conséquence logique de ce constat est la création de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV), dont la communauté internationale dans ses diverses expressions, semble avoir pris la mesure de la dimension stratégique et de l’apport ».

Un projet qui devrait être présentée comme contribution de nos pays à la COP 21 prévue en novembre 2015 à Paris, selon une suggestion du Secrétaire Exécutif de l’APGMV, Ibrahima Dia, qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse, organisée quelques jours avant la réunion des chefs d’états.

Reste à savoir si nos leaders trouveront la force d’aller au-delà des bonnes résolutions régulièrement exposées dans les grands forums et dont la plus part ne trouve oint de répondant sur le terrain.

Les pays ayant créé l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV) sont le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Soudan, l’Ethiopie, l’Erythrée et Djibouti.

Cheikh Sidya
Source : RMI Biladi (Mauritanie)

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire