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Un nomade en Chine : Murailles !

C’est en voulant savoir un peu plus sur Iwasaki Nagi que je suis tombé sur Yue Minjun, un autre peintre de l’Extrême-Orient qui, lui aussi, peint le rire. Mais il le fait de façon surdimensionné.
J’ai déjà ‘’entendu parler’’ de fous rires à pleines dents, qui font la marque picturale de cet artiste plasticien pékinoisAu premier contact avec son œuvre, le lecteur est en effet frappé par un rire sarcastique qu’affichent ses portraits au faciès faussement joyeux. Cependant, moi ma première rencontre avec lui commence réellement par ce tableau : le rire cynique y est bien entendu, mais c’est surtout le cloisonnement qui me fascine. D’un côté des spectacles de joie, de dense, de rire, de convivialité, de fête…y éclatent ; et de l’autre, y règnent des scènes de solitude, de tristesse, d’abattement, de vide.
Ces fractures sont manifestement maintenues au moyen de murailles infranchissables. A l’intérieur des ces impasses impénétrables, structurées comme des labyrinthes sans issues, des gens aux silhouettes floues et aux couleurs sombres, sont cloîtrés. Ils ont séparés, tenus à l’écart, les un des autres, par des murs bien lisibles grâce à leur couleur ocre et leurs lignes bien tracées.
Je trouve que l’ensemble de cette construction artistique et ses contrastes est très parlant, s’agissant de l’absurdité du monde : un tableau vraiment évocateur de l’ampleur des fossés et défis de multiples ordres qui font les drames que connaît l’humanité. Des fossés dont on est aujourd’hui conscient, mais qui continuent de se creuser malgré tout.

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