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MF. Oumeir : Argent, argent… arnaque, arnaque…

Argent, argent… arnaque, arnaque… Au centre hospitalier de Nouakchott, appelé «Hôpital national», il existe désormais un système de kit qui fait payer aux malades le service rendu. Il s’agit de trois niveaux de traitement :
- Le kit I payé à 5000 UM. Il concerne les malades en consultation dans les urgences, en général les maladies qui ne demandent pas de gros traitements ;
- Le kit II à 10.000 UM. Il concerne la catégorie suivante, celle qui demande hospitalisation et traitements particuliers ;
- Le kit III à 15.000 UM. C’est le plus lourd parce qu’il couvre les malades du bloc opératoire.La première décision du nouveau directeur, nommé il y a quelques semaines, a été d’interdire aux médecins de prescrire de traitements avant la présentation de quittances par les malades. Aucun médecin ne peut plus délivrer une ordonnance avant la présentation de cette quittance. Le malade peut alors prendre les médicaments auprès de la pharmacie de l’hôpital.
Le problème, c’est que les ordonnances des malades externes qui sont les plus nombreux ne coûtent jamais plus 1500 UM, alors qu’aucune ristourne n’est prévue dans le circuit. La plupart des malades de l’hôpital national payent donc 5000 UM sans avoir eu pour 1500 UM. Où va le reliquat ? quelque part certainement. Ce qui est considéré déjà comme une arnaque des populations, est perçu comme une possibilité d’aller vite en besogne…
Avant l’arrivée de l’actuel directeur, le malade payait 500 UM pour la consultation, recevait son ordonnance et allait acheter les médicaments qui lui sont prescrits. Cela lui coûtait rarement plus de 1500 UM quand il s’agit de traitements de premier degré.
Les nouvelles mesures adoptées imposent aux malades et à leurs parents de payer plus pour ce qu’ils reçoivent. Un système ingénieux d’arnaque…
On sait cependant que l’hôpital national a toujours été – surtout ces dernières années – le moins pourvu en moyens de tous les centres hospitaliers de Nouakchott. S’il reçoit entre 700 et 800 mille ouguiyas de subvention pour le lit, l’hôpital Zayed va jusqu’à plus de trois millions par exemple. Ce au moment où l’on sait que la pression exercée sur l’hôpital national est la plus forte.
Ce qui n’explique absolument pas le fait de faire payer aux citoyens le prix fort par le recours à ce procédé de kit qui sème le doute et ajoute aux problèmes qui se posent déjà au malade…
Source : Mohamed Fall Oumeir
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