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Mauritanie/RSF/Communiqué de presse

Mauritanie/RSF/Communiqué de presseMauriwebRSF demande l’annulation de la condamnation à mort d’un jeune blogueur pour apostasie. Un jeune blogueur de 29 ans, Mohamed Cheikh Ould Mohamed, incarcéré depuis près d’un an à Nouadhibou a été condamné à mort le 24 décembre 2014 pour apostasie, à la suite d’un article jugé blasphématoire envers le prophète Mahomet, publié sur le site d’informations Aqlame le 2 janvier 2014 et retiré quelques minutes plus tard. Ses avocats ont interjeté appel vendredi 26 décembre.

“Reporters sans frontières demande aux autorités judiciaires compétentes de se prononcer, en appel, contre cette sentence injuste,déclare Lucie Morillon, directrice des programmes de Reporters sans frontières.

Les propos tenus par Mohamed Cheikh Ould Mohamed, critiquant le système des castes, relèvent de la liberté de l’information et d’expression, garantie par l’Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.”

Dans son article, Mohamed Cheikh Ould Mohamed avait critiqué le système inégalitaire des castes en Mauritanie en faisant allusion aux enseignements du prophète Mahomet. Il lui est reproché d’avoir “parlé avec légèreté du prophète et enfreint les ordres divins”.

Le blogueur n’a eu de cesse de se repentir pour cet article tout en niant avoir voulu porter atteinte au prophète ou à l’Islam et en expliquant qu’il souhaitait seulement défendre la caste des forgerons « maalemines » dont il est issu, située au bas de l’échelle sociale.

Lire le rapport de Reporters sans frontières “Blasphème : L’information sacrifiée sur l’autel de la religion”, publié en décembre 2013. L’organisation y explique que l’exercice de la liberté de l’information et d’expression n’est pas conditionné à sa conformité ou non avec un corpus donné de références religieuses, idéologiques, politiques ou philosophiques.

La Mauritanie, qui n’a pas connu de condamnation à mort pour apostasie depuis son indépendance en 1960 et dont la dernière exécution d’un prisonnier remonte à 1987, occupe la 60e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

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