https://c2.staticflickr.com/6/5293/5537225811_d3e1279c14_o.jpg

Dr Mariella Villasante Cervello : Chronique politique de Mauritanie décembre 2014 (4)

Réélection du président Mohamed Ould Abdel Aziz, avancée de l’islamisme radical et mouvements sociaux contre l’esclavage interne et pour les droits civiques des minorités noires.
Silk Al Qur’aan 2014: Le compte à rebours a commencé— Le cas de la « profanation » de Corans, mars 2014
Le 2 mars, dans une mosquée du quartier populaire de Tayarett, dirigé par un iman du parti Tawassoul, deux ou quatre exemplaires du Coran ont été retrouvés déchirés et certaines feuilles étaient dans les toilettes. Le fait fut véhiculé par les médias et à l’aube, une foule des quartiers populaires se dirigea vers le Palais du gouvernement, comme cela s’était déjà produit lors de l’affaire Biram (avril 2012) et l’affaire Ould Mkhaitir (janvier 2014).

Profanation du Saint Coran, manifs et dissolution de l’Ong Al Moustaghbel: Syndrome égyptien? Manifestation contre la profanation du Coran, Nouakchott

En ces occasions, on le notait avant, le président Aziz avait condamné publiquement ces actes et avait promit des sévères châtiments pour les responsables. En revanche, en mars dernier Aziz ne fit aucune déclaration publique, et minimisa l’affaire, envoyant les forces de l’ordre réprimer la manifestation du 2 mars, au centre ville (Actu Mauritanie, NoorInfo du 6 mars). Elle se poursuivit cependant le lendemain, et un jeune de 25 ans, étudiant en lettres à l’Université de Nouakchott, fut tué par la répression brutale de la police qui fit également un nombre indéterminé de blessés. D’autres manifestations ont eu lieu à Kiffa et à Aiun-el-Atrouss, scandant des mots d’ordre clairs : « allahou akbar ! », et « mort aux profanateurs criminels » [AFP, Actu Mauritanie du 3 mars]. Entretemps, l’imam fut arrêté, mais le parti Tawassoul ne condamna pas cet acte, ce qui induisit le soupçon de sa complicité dans la profanation (dont le but serait l’agitation populaire ?). Deux ministres lancèrent des appels au calme le lundi 3 mars, tout en rappelant le grand intérêt que le président portait à l’acte de « profanation », mais qu’il fallait « éviter d’instrumentaliser l’affaire » dans l’intérêt de l’islam et de la paix civile. Comme le note le journaliste Abdelvetah Ould Mohamed, qui rapporte aussi le fait, c’était donc un revirement de la position précédente du président vis-à-vis des actes jugés contraires à l’islam15 [Biladi, NoorInfo du 6 mars16].
— Le cas de l’imam Mohamed Hasen ould Dedaw
Le 7 mars, le gouvernement ordonna la fermeture de centres caritatifs musulmans, en particulier ceux dirigés par Mohamed El-Hacen ould Dedew, père spirituel des Frères musulmans en Mauritanie, les accusant d’être sortis du cadre de leur mission. L’organisation de ould Dedew, l’ONG al-Moustakbal, a dénoncé la mesure, rejetant toute accusation comme sans fondement car elle « ne s’occupe que des prêches et de la culture, pour former des générations sur les bonnes moeurs et sur la parole divine ». De son côté, le ministre de la Communication, Sidi Mohamed ould Maham, a accusé « certaines organisations politiques » d’avoir cherché à faire l’apologie de pratiques inconnues dans notre société [Actu Mauritanie, NoorInfo du 7 mars]. Il faisait référence
au fait qu’on soupçonne la participation de disciples de ould Dedew dans les émeutes de janvier et de mars.
Biram : 'Ould Deddew a prononcé une fatwa autorisant mon lynchage'. Mohamed El-Hacen ould Dedew [Tribunes, Noorinfo du 21 février]

Or, le 8 mars, les autorités d’Arabie Saoudite ont mis les Frères musulmans dans la liste de groupes terroristes, ce qui a conforté largement le mouvement de répression, assez tiède il est vrai, déployé par le président Aziz contre les islamistes, en particulier les Frères musulmans. Comme on le verra plus loin, le rapprochement entre la Mauritanie et l’Arabie Saoudite, devenue l’un des grands financeurs de la Mauritanie, s’était déjà affirmé en janvier, lorsque le conseil de ministres a attribué 31 000 hectares de terres de la vallée (Bogué), à une compagnie saoudienne pour un investissement d’un milliard de
dollars. Ce qui a provoqué une grande campagne de défense des terres dirigée par Biram ould Abeid, qui s’est soldée par son emprisonnement le 11 novembre. Le 31 avril, ould Dedew a déclaré que son organisation est a-politique et qu’elle ne reçoit pas des financements étrangers, et qu’il a engagé une démarche judiciaire pour que le ministère revienne sur sa décision de fermeture de al-Moustakhal [ANI, NoorInfo du 31 avril]. Mais qui est ce ould Dedew ? Je propose ici une synthèse d’un article écrit par Mohamed ould Sid’Ahmed17. Il est né à Boutilimit en 1963, a fait sa première formation avec un érudit reconnu, son oncle maternel Mohamed Salem ould Addoud, puis recruté par l’Institut d’études islamiques de Nouakchott qui l’envoya étudier à l’Université Ibn Saoud à Riyad. Ould Dedew entra alors en relation avec les Frères musulmans saoudiens et jordaniens, qui l’envoyèrent comme conférencier dans le monde, y compris aux Etats-Unis, pour recruter de nouveaux adeptes. De retour en Mauritanie, il prit ses distances avec son oncle. En 1996, Ould Dedew s’insurge contre la décision du président Ould Sid’Ahmed Taya d’établir des relations diplomatiques avec Israël, ce qui lui valu la prison et la popularité en tant qu’imam politisé. Il devient rapidement le chef spirituel des islamistes, et travaille de près avec Jemil ould Mansour, le dirigeant du parti Tawassoul, tout en le mettant en avant et préférant rester dans l’ombre. Ould Mansour et son collègue Mohamed ould Ghoulam assument la face publique des islamistes, mais n’étant ni érudits, ni imams, ils offrent leur allégeance à Dedew. Après la chute de Taya en 2005, il revient au pays avec une grosse fortune, mais s’éloigne des Saoudiens pour se rapprocher de leurs rivaux du Qatar, qui lui offrent la nationalité qatarie et lui laissent la parole sur al-Jazeera. Les régimes qui ont suivi la chute de Taya ne le dérangent point. Il demande la légalisation du parti
Tawassoul et l’adoption du week-end musulman au président Sidi ould Cheikh Abdellahi. Puis il tente de faire créer le poste de mufti national par le président Aziz, sans succès. Enfin, de manière progressive, ould Dedew montre son véritable visage. Il prône des idées étrangères aux traditions religieuses du pays, se montrant favorable à la
représentation des compagnons du Prophète et des califes au cinéma et à la télévision, et affiche ses gouts pour la musique, allant jusqu’à organiser un festival de musique religieuse en 2011. Il devient très populaire chez les jeunes mais très critiqué par les érudits traditionnels. Des oulémas très respectés comme Hamden ould Tah et Ethmane
ould Abou El-Maali l’accusent d’ignorer la religion et de prôner le chaos. Il est vrai que ould Dedew encourage la désobéissance aux autorités dans ses prêches avant de faire marche arrière. Il commence à être accusé de ne pas dire la vérité par ses propres cousins religieux des Messouma, mais aussi par les Lemtouna, les Tajakânt et les Ideyboussat. Son train de vie de nouveau riche (belles voitures et maisons, richesse immobilière) et ses mariages multiples avec des jeunes filles, sont aussi remarqués et critiqués. De toute évidence, ould Dedew préfère les plaisirs de la vie et ne le cache pas. En 2011, ould Dedew comprend que sa seule place dans le monde de l’islamisme
international est la Mauritanie. Il ouvre des orphelinats, des écoles et des postes de santé, mais il se rapproche surtout des puissants et cherche des nouveaux prédicateurs pour son centre d’Arafat. Il devient conseiller en finances islamiques du richissime banquier ould Noueighed, qui avait été accusé de détournement des fonds de la Banque centrale. Mieux encore, il s’est construit une réputation de saint homme et de guérisseur, tout en continuant à voyager pour récolter des fonds au Golfe, et en offrant des conférences sur tous les sujets. En somme, comme le dit ould Sid’Ahmed, il était devenu une star. Or, le jeudi 13 février, le cheikh adulé reçut un coup de poing sur le visage, fait inédit en Mauritanie, mais qui s’explique par le fait qu’il avait cessé de se comporter en homme de religion.
En effet, après le décès d’un homme des Awlâd Dayman, ould Dedew arriva à la mosquée où devait se tenir la prière avant l’enterrement. Mais lorsqu’il tente de diriger la prière, en sa condition d’ouléma célèbre, un ancien ami et collaborateur, qui dirigeait son site web, déclare qu’il faut lui interdire un tel honneur car il est « menteur et
rancunier ». Voyant que sa demande n’était pas écoutée, il sortit de la mosquée, et lorsque son ancien ami en fit de même il le frappa au visage. Suite à cette affaire, les médias ont joué à nouveau un rôle lamentable, mettant de l’huile sur le feu de manière éhontée, comme ils l’avaient déjà fait depuis le début de l’année avec l’affaire du jeune
accusé d’apostasie. L’agresseur fut présenté comme un criminel, et on loua la position de ould Dedew qui refusa de porter plainte et pardonna à son ex ami. Or, le même personnage religieux avait demandé la mise à mort du jeune Ould Mkhaitir pour avoir insulté le Prophète… Cette affaire a provoqué des débats passionnés dans le pays,
cependant depuis les élections les islamistes gardent un profil bas.
— Le jour d’indépendance nationale et les exécutions d’Inal
Le 28 novembre, on a commémoré la 54e année de l’indépendance mauritanienne qui soulève, comme chaque année depuis 1991, deux mémoires conflictuelles qui ravivent les tensions entre les communautés bidân et noires. En effet, alors que normalement le jour de la fête nationale est célébré partout, les militaires du régime de Ould Sid’Ahmed Taya ont choisi les 27 et le 28 novembre 1991 pour exécuter 28 militaires noirs accusés de complot contre l’État. Comme d’habitude, les médias publics ne tiennent pas compte de cette réalité douloureuse et se bornent à diffuser des chants et des inaugurations officielles. D’autres médias ont rappelé cependant que, encore une fois, aucune référence n’a été faite à l’histoire du pays entre 1978 et 2008, ce qui exprime clairement la volonté du régime de faire tomber dans l’oubli 36 ans de vie républicaine régie par les dictatures militaires de Moustapha ould Mohamed Saleck, de Haidalla, et surtout de ould Sid’Ahmed Taya. Mais aussi le gouvernement de transition du général Ely ould Mohamed Vall, et la présidence de Sidi ould Cheikh Abdellahi qui ne sont pas mentionnés non plus. Tout se passe en effet comme si l’histoire du pays se résumait au gouvernement de Mokhtar ould Daddah (1960-1978), et au régime inauguré par Mohamed ould Abdel Aziz avec son coup d’État de 2008. Or, les associations de défense des droits de la communauté noire se préparait, encore une fois, à porter le deuil tout en regrettant ne pas pouvoir faire le pèlerinage à la prison d’Inal, près de Nouadhibou, où les 28 militaires furent exécutés car le président de l’IRA, Biram ould Abeid, se trouve en prison à Rosso [Cheikh Aïdara, L’Authentic, NoorInfo du 27
novembre]. Les exécutions d’Inal sont occultées par les gouvernements mauritaniens de telle sorte que les jeunes grandissent dans le silence et ne connaissent pas les faits, ou alors ils répètent les justifications inventées de toutes pièces par les officiels des régimes militaires. C’est ce qui ressort du récit de Mamadou Lemine Kane18, qui était invité au Lycée français de Nouakchott en 2013 pour présenter son dernier recueil de poèmes, « Les musulmans d’Inal ». Après la présentation, un jeune élève de 17 ans avait déclaré : « Ils ont eu ce qu’ils méritaient », expliquant ensuite que les militaires noirs avaient été exécutés parce qu’ils « ont voulu faire un coup d’État… Et puis les
Sénégalais nous faisaient la guerre ». Comme le remarque Kane, le jeune reprenait le discours fabriqué par les élites au pouvoir ; un refus de mémoire qui ne peut pas conduire à une réconciliation nationale. Il ne peut pas avoir réconciliation et justice sans vérité, or l’impunité et l’oubli ont été légalisés, comme on le sait, par la Loi d’amnistie
du 14 juin 1993, qui dans son article 1 dispose : « Amnistie pleine et entière est accordée aux membres des forces armées et de sécurité auteurs d’infractions commises entre le 1er janvier 1989 et le 18 avril 1992 et relatives aux événements qui se sont déroulés au sein de ces forces et ayant engendré des actions armées et des actes de violence. »

Résultat de recherche d'images pour "pendus d'Inal 28 novembre  images"Les 28 militaires (il en manque 7 !) noirs exécutés à Inal les 27-28 novembre 1991[NoorInfo]

Mahamadou Sy, rescapé des exécutions, a publié le livre « L’enfer d’Inal », dans lequel il témoigne des faits de violence commis par les bourreaux :
« Entre deux pendaisons, Khattra s’assoit sur un cadavre pour siroter son verre de thé ou au pied d’un pendu en récitant le coran. Il va d’un pendu à l’autre, achevant ceux qui tardent à mourir à coups de barre de fer, s’appliquant à porter les coups dans la région du cou. Pendant ce temps, Souleymane et les autres préparent les prochaines victimes tout en veillant à respecter l’ordre des numéros. (…) Les pendaisons durent plus d’une heure. Après cela, tel des bêtes excitées par l’odeur du sang, le groupe de bourreaux, pris d’une euphorie collective, s’acharne sur les autres prisonniers et tape sur tout ce qui bouge. » [Cité par Kane].
La violence déchaînée par les bourreaux en Mauritanie est semblable à celle observée dans tous les cas de massacres de masse dans le monde [Jacques Sémélin, Purifier et détruire, 1995]. Cela étant posé, il faut encore pouvoir expliquer, à partir de la recherche fondamentale, que ces faits de violence extrême font partie de la condition humaine et ont une rationalité interne, même si cela semble étrange et impensable19. Mais ce qu’il faut retenir de la situation mauritanienne est que les répressions massives contre les Noirs, dont les exécutions des militaires à Inal constituent un cas paradigmatique, ont été organisées au plus haut niveau de l’État, et que ce qu’on appelle
le « dossier humanitaire », qui inclut les massacres de civils, les expulsions massives et les expropriations de terres de la vallée du fleuve, a été ouvert pour la première fois par le président Sidi ould Cheikh Abdellahi en 2007. Il avait proposé un programme en cinq points : le devoir de mémoire, le devoir de vérité, le devoir de justice, le devoir de
réparation et l’exigence de réconciliation ; c’est-à-dire un programme adopté par les commissions de vérité et réconciliation dans le monde, qui suivent le modèle sudafricain. Mais ils ne furent pas adoptés durant les journées de concertation nationale. Dans un premier temps, le président Aziz a voulu faire croire qu’il allait reprendre le
« dossier humanitaire » en main, il a reçu les proches des victimes et a visité la vallée, reconnaissant le tort causé par l’État à la communauté noire, et annonçant la fin définitive du dossier avec la prière de Kaédi et l’institution de la Journée de la réconciliation le 25 mars. Pourtant, en réalité ce n’étaient que des mesures de façade qui n’ont rien résolu rien car la Loi d’amnistie de 1993 n’a pas été révoquée et en conséquence aucun responsable des massacres, des exécutions et des violations des droits humains des communautés noires et mauritaniennes en général n’a été traduit en justice. C’est autour de cette question que s’organisent les dénonciations des associations des victimes de la répression militaire des années 1987-1992(20).
— Les marches pour la défense des droits des Noirs mauritaniens
Au cours de l’année, les communautés noires ont été la cible de discriminations qui ont alimenté le climat de tensions enregistrées autour de la fête nationale, et qui continue jusqu’à présent. En effet, le 25 avril, une centaine d’ex-refugiés mauritaniens rapatriés du Sénégal ont entrepris une longue marche de Bogué (Gorgol), vers Nouakchott. Ils voulaient protester contre les conditions extrêmement précaires d’accueil et d’hébergement de près de 25 000 personnes rapatriées entre le 28 janvier 2008 et le 31 mars 2012. Un rapatriement qui fut effectué dans le cadre de l’accord tripartite signé le 12 novembre 2007 entre les gouvernements de Mauritanie, du Sénégal, et le Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR). Le président de l’Association des rapatriés mauritaniens du Sénégal (AMRS), N’Diaye Ibrahima, a déclaré : « Nous vivons sous des hangars, exposés aux intempéries, sans eau, sans électricité, sans école, sans structure sanitaires. Les autorités n’ont pas tenu leurs nombreuses promesses. » Cette manifestation a reçu le soutien de plusieurs partis politiques et associations civiles [FinancialAfrik, NoorInfo du 4 mai]. La marche pacifique a été violemment dispersée par les forces de l’ordre à Nouakchott21. Le 7 mai, des étudiants noirs résidant à Paris ont fait une marche de protestation en soutien à la marche des ex-déportés et ont voulu prendre l’ambassade d’assaut. Ils ont dénoncé également « l’enrôlement discriminatoire [dans les listes électorales] à l’égard de la communauté negro-mauritanienne » [Afrik, NoorInfo du 7 mai]. Toujours à Paris,
une centaine de manifestants ont répondu à l’appel de l’Organisation des travailleurs mauritaniens de France (OTMF) pour protester contre l’enrôlement discriminatoire et contre le régime du président Aziz en général [Actu Mauritanie, 1er juin].

A suivre …/

Dr Mariella Villasante Cervello Institut de démocratie et droits humains (idehpucp, Lima, Pérou)  [mariellavillasantecervello@gmail.com]

………………………………………………………………………………………………………………………….

15 Voir http://www.noorinfo.com/Profanation-du-Coran-le-revirement-du-president_a12480.html.
16 Voir http://www.noorinfo.com/B-il-a-dit_a12478.html.
17 Voir http://www.noorinfo.com/Ce-que-vous-ne-savez-pas-sur-Ould-Dedew-Les-risques-du-nouveaumetier_
a12270.html, vendredi 21 février [Tribunes, NoorInfo].
18 Voir le texte de Kane : http://www.mozaikrim.com/2014/11/28-novembre-inal-la-face-sanglante-de-lindependance- mauritanienne.html
19 J e travaille depuis quelques années sur cette question de la violence politique extrême à partir d’une perspective comparative entre le cas mauritanien et le cas du Pérou (d’où je suis originaire), qui a subi une guerre civile entre 1980 et 2000.

 

 

Vous pouvez laisser une reponse, ou trackback a partir de votre propre site.

Laisser un commentaire