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Aichetou Mint Ahmedou : Une super intellectuelle à découvrir !

Aichetou Mint Ahmedou : Une super intellectuelle à découvrir !Temps forts - Le milieu intellectuel mauritanien regorge de gros talents enfouis, souterrains, repliés voire répulsifs à une société «culturellement » extrémiste, détournée de son romantisme ancestral, passionnée par le matériel et totalement coupée du spirituel.   Cette situation entretenue avec les temps a contraint nos génies à se replier sur eux-mêmes, à entretenir leur passion en solo ou en cercle restreint et hermétique et au pire des cas à émigrer très loin dans l’espoir de trouver des espaces fertiles à ce savoir débordant, assoiffé d’éclosion et d’interaction pour croitre, pour continuer vers le meilleur. 

C’est cette particularité proprement mauritanienne qui tue le génie et la créativité, qui étrangle nos motivations, qui conduit nos sportifs doués à enfiler leur boubou à la fin du match, nos professionnels de santé à voyager ailleurs pour sentir des égards sincères, impulsifs, admirateurs et reconnaissants des atouts.

C’est le prix qu’il faut payer pour éviter la risée des autres, conduisant à s’enfermer sur soi pour protéger ses innovations, ses découvertes et ses exploits, à ne les extérioriser que partiellement et temporairement à des prochains inoffensifs, ouverts, chez lesquels on ressent une partie de nous moi, pour partager ensemble ce qu’on a de commun, pour s’assurer d’être dans les repères sociaux ainsi que pour se liberer momentanément du fardeau intellectuel.

Dans cette richesse culturelle, la femme mauritanienne montre régulièrement, à travers des intellectuelles de haute gamme, qu’elle est omniprésente, qu’on se trompe à son endroit, en l’assimilant à un objet, à une illettrée improductive, incapable de se hisser à la vie mondaine, pour prouver ses dons et ses facultés de faire mieux que les hommes.

Ces femmes sont certes très rares, croisées dans la culture arabe mais rarement en français, où la toile vient d’en révéler ces derniers jours des chefs d’œuvre proprement locaux de tous les genres littéraires, réalisés par Aichetou Mint Ahmedou.

Comme un explorateur d’objets rares, de vestiges, de gisements ou d’autres espaces du cosmos, un compatriote de haut niveau intellectuel, passionné par la culture, le patrimoine et la littérature, découvrit avec exultation, le sitewww.aichetouma.com, cette bibliothèque vivante qui refuse malgré la richesse considérable et la force d’attraction de ses œuvres, la modestie et la sensualité de son artisan, de s’épanouir et d’éclore au grand bonheur de milliers d’intellectuels mauritaniens nostalgiques de tels champs culturels de laMauritanie innocente, rarement rapportés par des personnes âgées à leur progéniture.

C’est sans doute de là qu’est partie l’interrogation d’El Boukhary, mise en ligne successivement sur Adrar-info puis Cridem « Et si elle communiquait ! », qui a déclenché un cyclone d’enthousiasme plaidant la conjugaison des efforts pour partager ce trésor culturel.

Se présentant succinctement dans un commentaire publié sur Cridem, pour répondre à certaines questions se rapportant à sa personne et touché par les jolis mots témoignés à son immense don intellectuel dont elle minimise la grande portée, Aichetou Mint Ahmedou écrit à la va-vite :

« Je suis un peu un mélange de la première et de la troisième époque, la deuxième m’est totalement étrangère. Je le fais et je voudrais bien le faire savoir. Si mon œuvre est méconnue, ce n’est ni par choix, ni par négligence. Je l’ai fait savoir là où j’ai pu sur internet mais là s’est arrêté mon champ d’action, à cause de ma nature casanière, timide et de mon manque d’assurance en public.

Je suis jalouse des gens qui sont à l’aise devant une caméra, qui ne tremblent pas, qui ne bafouillent pas. Je rêve de devenir comme eux. La seule fois où j’ai accepté de paraître à la TV, c’était à la condition qu’on ne me demande pas de parler :-)

Alors la communication, je l’aimerais bien, mais saurait-elle m’aimer …

J’ai le désir et l’ambition de m’y investir – ne serait-ce que pour faire plaisir à mes fans – mais c’est encore au stade de désir et d’ambition …

A l’origine, j’écrivais pour moi-même, parce que j’aimais ça, parce que ça me rendait heureuse, comme on est heureux de faire ce qu’on aime, pour certains assister à un match, pour d’autres boire jusqu’à l’enivrement, jouer aux cartes, partir à la chasse, que sais-je …

Donc, je n’ai jamais fourni d’effort pour faire connaître ce que j’écrivais, sauf quand je le faisais lire et rarement par des proches et j’étais même gênée de leur demander de me consacrer cette partie de leur temps précieux.

Quand je publiais, je me cachais sous un pseudo. J’ai été Mahjouba, Noura, pourLe Calame et pour La Tribune. Pour ce qui est du roman par exemple, je n’ai jamais songé à lui offrir autre chose que le fond poussiéreux d’un tiroir. Je le sortais de temps en temps et le réécrivais. Je le faisais avec délice et ça suffisait à mon bonheur.

Puis est venue l’idée de la publication, le projet et sa réalisation approximative (je dis approximative, parce que ce n’était pas ce qu’on voulait, mon éditeur et moi) Je voulais qu’il soit lu, sans pour autant que je sorte de l’ombre. (Il y a les gens de la scène et ceux des coulisses et je fais partie des derniers, conformément à ma personnalité)

Sincèrement, je ne pensais pas que le roman intéresserait grand monde. Alors quelle ne fut ma surprise et mon bonheur de voir que ceux qui l’ont lu ont aimé.

D’autre part, j’ai trouvé en facebook l’auditoire idéal. Je me faisais lire, sans paraître, je me faisais connaître sans me faire connaître.

wenni Mauritaniewenni

Md O Md Lemine

Aichetou mint Ahmedou, née à Boutilimitt, études primaires et secondaires à Nouakchott, études scientifiques à Nouakchott, professeur, a écrit articles, nouvelles et poèmes dans des journaux locaux, La TribuneLe Calame et a écrit un roman LA COULEUR DU VENT. 
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