Selon une étude consacrée à l’évolution des conditions climatiques dans la région du Sahel et en Afrique de l’Ouest, publiée en décembre 2011 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), il s’est produit une augmentation globale des températures saisonnières moyennes d’environ 1°C de 1970 à 2006. Cette augmentation est allée jusqu’à 1,5°C à 2°C en Mauritanie, dans l’est du Tchad et au nord du Mali. C’est dire combien le changement climatique pose un réel problème de survie dans un environnement devenant de plus en plus chaud.
En Mauritanie les écosystèmes terrestres subissent de manière flagrante les effets adverses des changements climatiques. La désertification et ses corollaires ressentis depuis plusieurs décennies, constituent ainsi les aspects marquants car la disparition de la végétation donne lieu à des mouvements de sables et à des bad-lands, selon la nature du substrat. Du coup c’est l’environnement qui en pâtit et, par effet de boomerang, les populations (rurales et urbaines). C’est dire que les conséquences du changement climatique sont d’ordre écologique, social et économique. La variabilité climatique sur les parcours et les ressources en eau concerne une diminution du potentiel de production, une augmentation de la charge animale, une rigidité de la notion de l’espace vital et une multiplication des agglomérations favorisant la réduction de l’espace pastoral, une baisse de la nappe phréatique ou la disparition de sources d’eau et d’autres points d’eau naturels.
Il est à constater alors que les populations les plus vulnérables et les plus touchées sont celles tributaires des eaux des pluies, notamment l’agriculture sous pluie ou pluviale. Les périodes de disette font apparaître des syndromes de malnutrition et rendent les animaux moins résistants aux agressions et autres facteurs du milieu, en un mot une sécurité alimentaire menacée sans oublier les perturbations potentielles au niveau des océans et la remontée des eaux qui menacent les agglomérations côtières.
Selon un document sur l’Adaptation publié sur le site du ministère de l’Environnement, depuis 1950 la plus grande vulnérabilité aux effets de la sécheresse se trouve chez les bovins dont l’effectif a été réduit d’environ un tiers entre 1969 et 1975. Ce document indique que le manque de fourrage suite à la sécheresse a provoqué une baisse de performance chez le bétail et que s’il n’y a pas d’amélioration, la demande en viande ne pourrait pas être parfaitement satisfaite par l’offre nationale au delà 2015. Le déficit serait alors de l’ordre de 54.000 tonnes. Et toujours selon ce document l’offre globale nationale en lait en 2015 se situerait aux alentours de 519.000 tonnes et ne pourrait alors satisfaire une demande en constante augmentation.
Cheikh Zein Lessem
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novembre 12th, 2012
Le calame
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