C’est, pour moi, un grand honneur et une grande satisfaction de remercier M. Le Premier Ministre, les ministres, les autres hautes personnalités et les membres du corps diplomatique dont la présence, ici et maintenant parmi nous, rehausse incontestablement cette Conférence conjointement organisée par le National Democratic Institute (NDI) et la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Mauritanie.
Qu’il me soit également permis de remercier nos distingués hôtes auxquels je souhaite un agréable séjour parmi nous. Il s’agit de M. Ahmed Herzenni, Président du Conseil consultatif marocain pour les Droits de l’Homme, de M. Hanif Vally de la « Foundation for Human Rights » en Afrique du Sud et de M. Mark Freeman directeur du « Centre International pour la Justice Transitionnelle » de Bruxelles.
Je voudrai juste rappeler que nous initions, en Mauritanie, une courageuse entreprise visant un véritable renforcement du socle de l’unité nationale par la réparation des blessures du passé récent ou ancien de notre nation et, notamment, les conséquences des événements douloureux mauritano-sénégalais de 1989, de l’inexpliquable et tragique passif humanitaire de 1990 & 1991.Cette initiative se double de l’apparition d’une volonté politique réelle aspirant à éradiquer l’esclavage en commençant par l’introduction, dans notre arsenal législatif et règlementaire, d’instruments réprimant cette monstruosité et d’autres pratiques anachroniques similaires . Il n’y a pas de doute qu’il importait de connaître plus sérieusement des expériences vécues par des pays frères. Nous avons choisi le Maroc et l’Afrique du sud pour la complexité de leurs cas et la réussite du parcours.
Cependant, et comme nous le verrons dans les exposés détaillant ces expériences, de grandes différences nous séparent :
- En Afrique du sud, il s’agissait d’une expérience inique de cloisonnement raciste sur la base de la séparation rigoureuse des races et des sous –races entre des groupements que rien, sauf leur qualité humaine, ne peut lier.
- Au Maroc, Il s’agit d’effacer les séquelles et autres conséquences d’une répression féroce mais sans discrimination de groupes et associations dont le mobile d’indexation était leur obstination de revendication et/ ou d’opposition pour la différence politique, culturelle ou sociale et la démocratisation du système.
- Dans les deux cas le choix de la réparation est un cas souverain de prince, régalien de l’Etat, dont les formes ont été définies et accomplies sans grande concertation préalable, même si dans les cas de renforcement de l’unité nationale par la correction des abus et aberrations des pouvoirs, il existe aussi toujours de grandes ressemblances.
- Nous avons souhaité la venue aussi de M.Mark Freeman, tant la justice transitionnelle, dont il est un spécialiste émérite, est importante pour notre époque car elle assure le souci d’équité, sans soulever des vagues inopportunes et sans raviver inutilement les plaies.
- En Mauritanie certes notre expérience est différente dans sa forme et nos choix de règlement autres. Cependant nous ne pouvons, ni devons, ignorer d’autres expériences, d’autant que, dans le fond, ces expériences sont proches et leur assimilation permet de faire l’économie des erreurs de parcours. Ici le bannissement et le passif humanitaire, présentement en voie de règlement, concernent une seule ethnie ; l’esclavage et le sevrage concernent des castes dont l’existence est transversale ethniquement et dont la stratégie du retour a été définie en un large consensus fruit de libres journées nationales de concertation. Consensus que nous souhaitons voir entourer les projets futurs visant l’éradication des séquelles économiques, culturelles, sociales et mentales de l’esclavage et la panoplie de lois et règlements nécessaires à la correcte et efficience application de la loi le criminalisant.
Aucun sacrifice n’est trop grand pour des objectifs qui garantissent la stabilité du pays, sa sécurité extérieure, sa paix intérieure et son développement pérenne.
Une nouvelle Mauritanie est en gestation. Personne n’en a la paternité, sauf peut être notre lassitude générale et fort légitime devant tant d’espoirs déçus, tant de frustrations aussi et l’incapacité relative et désolante à l’aptitude collective, depuis un certain 28 novembre 1960, à la pratique de la tolérance, à l’acceptation du droit de l’autre à être différent, sans animosité, sans haine, mais même fraternellement en privilégiant l’équité et la raison.
Tant de liens nous unissent : la foi, les liens de sang dépassant ethnies et races, combats partagés immémoriaux etc. Pourtant tout cela ne suffit pas pour garantir la stabilité, la paix et la cohabitation pacifique.
Sous d’autres cieux des pays bien homogènes ont éclaté en raison de stupides vaines et insignifiantes identités.
Qu’on se rappelle la remarquable unité religieuse raciale et linguistique de la Somalie ;
la remarquable unité religieuse, linguistique et de traditions du Rwanda et du Burundi ;
la remarquable unité linguistique et le long parcours commun de la Bosnie, de la Croatie et de la Serbie.
Enfonçons notre doigt dans le sable, et prions Allah, mais commençons comme il a ordonné « …par changer nous-mêmes… » Rejetons nos haines rentrées, nos animosités, nos réciproque préjugés, etc. Et nous avons, au cours de notre long voisinage, prouvé que nous en sommes capables ; ce qui nous unit étant infiniment plus fort, plus important, que tout ce qui peut nous séparer. Et la promotion, la protection et le respect des Droits de l’Homme dans leur sens global est une condition sinon qua non. Et pour raffermir l’unité nationale, mais aussi pour sauvegarder la paix civile, cette der des ders.
Dans leur acceptation entière, véritable les Droits de l’Homme sont certes la jouissance des libertés fondamentales mais aussi le droit à l’éducation, le droit à la santé, le droit à un travail rémunéré, le droit à la différence culturelle, le droit au libre déplacement etc.
Les éminentes personnalités qui animeront les panels ou exposeront, au cours de conférences, y reviendront plus en détail avec maîtrise, compétence et objectivité.
Entre temps interrogeons d’autres personnalités :
Comme par exemple le français Claude-Jean Bertrand ».) dans les « trois axes de son code synthétique des Média » traite de questions empreintes d’un si bon sens, si proches de notre sujet :
Le premier axe concerne les Valeurs Fondamentales :
-Le respect de la vie ;
- la promotion de la solidarité entre les humains.
Le second a trait aux Prohibitions Fondamentales :
-L’interdiction de mentir;
-L’interdiction de s’approprier le bien d’autrui;
-L’interdiction de faire souffrir inutilement.
Comme l’écrivain américain, d’origine russe Ayn Rand ( 1905-1982) assure :
“…Le but moral qui convienne à un gouvernement est la protection des droits de l’homme. Cela veut dire que le gouvernement doit le protéger de la violence physique, protéger son droit à la vie, à la liberté, à la propriété et à la poursuite de son propre bonheur. Sans droits de propriété, aucun autre droit n’est possible… ”
Et j’aimerai ajouter à cette assertion : »…le droit à la différence culturelle et politique… »
Je citerai enfin Théophraste Renaudot ce vrai premier journaliste qui proclamait haut et fort il y’à quelques siècles : « …qu’il ne céderait à personne en une seule chose : en la recherche de la vérité… », mais ajoutait avec sagesse que sa publication (la fameuse “Gazette“) : « …empêchait plusieurs faux bruits qui servent d’allumettes aux mouvements et discordes intestines. » . Telle, doivent être, à notre avis, le principe et la conduite guidant les femmes et les hommes qui se battent pour faire triompher pour chaque personne la jouissance pleine et entière de ses droits.
Je n’ajouterai rien de plus sauf les remerciements à l’équipe de NDI et en particulier à Madame Jane Hurtig et à notre compatriote Mamadou Ba et aux éminentes personnes ressources :le professeur Cheikh Saad Bouh, maître Mohamed O. Isselmou O. Dahane, M. Koïta Bamariam, le professeur Kane N’diawar, le professeur Mohamed Lemine Ould Kettab, M. Sarr Mamadou, et M. Boubacar Ould Messaoud et notre équipe de rapporteurs, Madame Lo Khadijettou Cheïkh et M. Mohamed Abdellahi Belil et tous ceux qui , dans l’ombre, ont permis à cet atelier de voir le jour.
و أشكركم والسلام عليكم ورحمة الله وبركاته
Mohamed Saïd OULD HAMODY.




août 18th, 2012
Mohamed Said Hamody
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